Les côtes françaises: les appellations de charme du littoral

Côte d'Opale, côte Fleurie, côte d'Emeraude, côte d'Azur... Les 2000 km du littoral français portent des noms poétiques, caractéristiques de leurs paysages.
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Entre la côte Picarde, la côte d’Amour et la Riviéra, peu de choses en commun. Le littoral français se caractérise par des paysages très diversifiés liés aux différences de climats, des façades maritimes bordées de 4 mers et océan, des plages de galets ou de sable fin, des criques, des falaises, des ports, des rades, des calanques, des marais… Les appellations côtières reflètent ces différences.

La commission nationale de toponymie classifie une trentaine de zones littorales. Les appellations de certaines d’entre elles leur ont été données pour accompagner le développement touristique. Petit répertoire des côtes françaises, du nord au sud.

Les côtes du littoral de la mer du Nord et de la Manche

La côte d’Opale commence à Dunkerque, à la frontière belge, et couvre une centaine de kilomètres à vol d’oiseau, jusqu’à la baie de Somme , refuge des oiseaux entre dunes sauvages et marais, classée parmi les plus belles baies du monde. Les plages les plus en vue: Hardelot et L e Touquet, la station dite des "4 saisons".

Elle cède la place à la côte Picarde, une bande littorale relativement courte de 5 km aux abords de Cayeux-sur-Mer, puis à la côte d’Albâtre qui tire son nom de ses hautes falaises crayeuses: 120 km de murs de calcaire jusqu’à 120 mètres au-dessus du niveau de la mer (Etretat, le Tréport…). Les galets caractéristiques de ces plages proviennent du silex érodé par les flux des marées.

La côte Fleurie s’étale de l’embouchure de la Seine à celle de l’Orne: Deauville, Trouville, Honfleur et Cabourg sont les stations les plus connues et les plus caractéristiques de cette bordure maritime, à l’avant-garde du pays d’Auge et du bocage normand, aux chaumières à colombages typiques, et aux prairies constellées de pommiers en fleurs au printemps.

De Ouistreham à Courseulles, c’est la côte de Nacre, suivie de la côte du Bessin, jusqu’à Grandcamp. Une partie de la côte de Nacre a vécu le débarquement des Alliés lors du D-Day : Juno Beach, le secteur canadien, est à cheval sur Courseulles et Saint-Aubin-sur-Mer ; Sword beach, le secteur britannique, couvre les plages de Saint-Aubin et de Ouistreham.

La zone débutant à La Hague et s’achevant à Avranches, est nommée côte de la Déroute, une côte dangereuse pour les navigateurs inexpérimentés, lieu de passage de courants forts, de la baie du Mont Saint-Michel aux îles anglo-normandes.

Au coeur de la Bretagne, terre de légendes , de Cancale à la pointe de Pléneuf, place à la côte d’Emeraude, ainsi nommée pour les reflets verts profonds de la mer qui caractérisent l’endroit. Du cap Fréhel à la pointe de Pléneuf, c’est la côte de Penthièvre et sa nature sauvage et préservée, paradis des coquilliers à la recherche de la précieuse et délicieuse Saint-Jacques.

De Port-Moguer à l’île de Bréhat, la côte de Goëlo est un concentré du meilleur de la Bretagne: falaises, ports, villages typiques, plages, îles… qui ouvrent sur la côte de Granit rose , de la pointe du Château à la Baie de Lannion. Il s’agit de l’une des 3 côtes de granit rose au monde, les deux autres se situant en Corse… et en Chine! La présence de mica, de feldspath et de quartz lui donne sa couleur caractéristique. A ne pas manquer: le sentier des douaniers et l’archipel des 7 îles, une zone fortement écotouristique peuplée d’oiseaux rares et d’espèces protégées.

La « Ceinture dorée », s’étend de la baie de Lannion à Plouescat, suivie de la côte des Légendes jusqu’à la pointe Saint-Mathieu, entaillée d’estuaires appelés « abers ».

Les côtes du littoral atlantique

Avec la mer d’Iroise, située à la pointe de la Bretagne et de l’Europe continentale, on entre de plain pied dans les paysages les plus sauvages et les plus authentiques de l’ancienne Armorique: îles d’Ouessant et de Molène, pointe du Raz, île de Sein… le royaume des sentiers, des falaises déchiquetées, des vents violents et des points de vue spectaculaires.

Jusqu’au secteur de Douarnenez s’étend la côte de Cornouaille, puis celle des Mégalithes, de Quiberon à Locmariaquer: le royaume de 3000 dolmens et menhirs de plus de 5000 ans, donnant la réplique à de nombreuses îles qui rivalisent en beauté: Groix, Belle-Ile, Houat, Hoëdic, sans oublier la quarantaine d’îlots peuplant le golfe du Morbihan.

De la pointe du Croisic à la station huppée de la Baule, la plus belle baie d’Europe avec ses 10 km de sable fin, voici la côte d’Amour, littoral du département de Loire-Atlantique, puis la côte de Jade, sur 10 km jusqu’à Pornic.

Changement de ton dès l’embouchure de la Gironde: jusqu’à la frontière espagnole, on parle de côte d’Argent, qui se subdivise en côte des Landes sur 225 km, de la pointe de la Négade à Biarritz, et en côte Basque, de Biarritz à la frontière. Le Second Empire qui devait, sous l’impulsion de l’impératrice Eugénie, lancer la mode des bains de mer, a véritablement fait de Biarritz la première station balnéaire de l’histoire de la villégiature littorale.

Les côtes du littoral méditerranéen

De la frontière espagnole à Argelès-sur-Mer, nous voici sur la Grande Bleue, longée par la côte Vermeille jusqu’à Cerbère, puis par la côte d’Améthyste, la côte Camarguaise, la côte Bleue.

C’est à Cassis que naît la côte d’Azur qui comprend traditionnellement 4 parties: de Cassis à Gien, de Gien à Fréjus et la corniche des Maures, de Fréjus au Var avec la corniche de l’Estérel, du Var à la frontière italienne avec les corniches de la Riviera ou Riviera niçoise.

Au total, plus de 2000 km de côtes, près de 200 stations et des centaines de plages… la France offre une variété de paysages unique pour des vacances en bord de mer , sublimée par ses 3 façades maritimes. Des plages très différentes, du tapis de galets au sable fin des dunes, de la vie insulaire aux grandes stations… Un littoral unique, que nous envient nos voisins: rappelons que la France est toujours la première destination touristique mondiale, avec environ 80 millions de visiteurs par an.

Sources : Wikipedia, Commission nationale de toponymie, Conseil national de l’information géographique

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