Tou Bichvat 2016, le Nouvel An des arbres, dans le judaïsme

Tou Bichvat, fête des fruits, est célébré le 15 du mois de Chevat dans le calendrier hébraïque. Rites et traditions de cette fête de la nature.

En 2016, ou 5776 du calendrier hébraïque, Tou Bichvat également appelée « H’amishah Assar Bi’shvat » se fête le 25 janvier. La fête des arbres ou Tou Bichvat célèbre le jour du jugement divin du monde végétal, et le lien de l’homme avec la nature. Cette fête hivernale annonce les prémices du printemps : la sève qui commence à remonter dans les arbres, le renouveau de la vie.

Le 15 du mois de Chevat, on déguste le plus grand nombre de fruits frais du verger ou secs mentionnés dans les textes et représentant les « sept espèces d’Israël », en prononçant sur chaque famille de fruits une bénédiction datant du XVIe siècle.

C’est également depuis cette époque qu’ont été instituées certaines coutumes : des collectes d’argent par les communautés sépharades, destinées à alimenter un fonds spécial pour permettre aux familles pauvres de consommer des fruits ; des offrandes en fruits ou des aumônes ; un seder (repas) de Tou Bichvat.

Signification de Tou Bichvat

Création de Dieu dans l’une de ses formes les plus harmonieuses, le fruit est un cadeau du Tout-Puissant. Pour honorer le passage de la fin d’une année du monde végétal vers une nouvelle année, on célèbre Dieu en tant que Créateur de chacune des familles de fruits.

Une seconde signification se rapportant à la Genèse, place l’arbre au plan du sacré : il faut préserver tout ce que Dieu a créé, il est donc interdit de couper les arbres. Au-delà de cet aspect sacré, il est fait référence à la similitude entre l’homme et l’arbre, qui produisent l’un et l’autre branches et fruits et possèdent leurs racines : celles de l’arbre en terre, celles de l’homme dans le ciel.

Rites de la consommation des fruits

La consommation de 15 sortes de fruits intervient en préambule au repas de Tou Bichvat. Ils seront consommés dans un ordre précis. : froment, olive, datte, raisin, figue, grenade, cédrat, pomme, noix, amande, caroube et poire, sans avoir été cuisinés. Il faudra déguster au moins un fruit non consommé depuis une année.

Le seder (repas) de Tou Bichvat, institué par les Kabbalistes qui donnèrent à la fête un sens mystique, répartit les fruits à consommer en 3 catégories égales :

  • les fruits qui n’ont ni écorce ni noyau et dont on mange la peau et la pulpe (pomme, poire…)
  • les fruits dont on jette l’écorce dure (amandes et grenades)
  • les fruits à peau fine et noyau dur dont on consomme l’extérieur (dattes,olives)

Traditions de Tou Bichvat

Il est d’usage de poser sur la table une bouteille de vin rouge et une bouteille de vin blanc. Le vin rouge symbolise la floraison et les effets du soleil sur la croissance du fruit. Le vin blanc est lié à l’affaiblissement de l’arbre, à la chute des feuilles, au sommeil.

Les communautés issues de l’Europe orientale privilégient les fruits secs et l’orange : de nombreux plats en sont constitués, salade d’oranges, oranges à l’orientale, artichauts aux oranges, confitures d’oranges et de pamplemousses…

Chez les Juifs d’Europe de l’Est, zone géographique pauvre en fruits, les fruits de l’arbre à pain – probablement des châtaignes- sont privilégiés. On consomme un biscuit à base de pommes et d’amande. Autrefois, on confectionnait un gâteau spécifique : le gâteau de Tou Bichvat, toujours préparé à l'heure actuelle en Israël.

Suivant les communautés, les rites variaient, et pouvaient inclure des spectacles de chants et costumes à la synagogue, la remise d’un sac de fruits à tous les invités de la fête, la confection de petits gâteaux à base de fruits secs.

En Turquie, les membres de la famille bénissaient à tour de rôle certaines familles de fruits : le père les grains de blé pour garantir la nourriture de la famille toute l’année ; la mère les raisins afin d’être féconde ; les garçons les olives pour être résistants ; les filles les grenades et les noix ; les jeunes enfants les pommes et le miel.

En Israël, Tou Bichvat est un jour férié : on plante des arbres dans tout le pays. Ce reboisement est propice au développement de l’agriculture. Dans la diaspora, un don est fait à Israël pour le prix d’un arbre à planter.

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