Un nouveau Musée de la Grande Guerre à Meaux, depuis novembre 2011

La Communauté d'Agglomération du Pays de Meaux offre à la France un nouveau musée, future porte d'entrée des parcours de mémoire sur la guerre de 14-18.

Situé au pied du monument américain commémoratif des batailles de la Marne, le Musée de la Grande Guerre, porté depuis 6 ans par Jean-François Coppé, Président de la Communauté d’Agglomération du Pays de Meaux et les élus locaux, présentel’impressionnante collection de 50 000 objets et documents réunis depuis 1960 par Jean-Pierre Verney, un autodidacte spécialiste de la Première Guerre Mondiale, conseiller historique pour le musée.

3000 m2 sont dédiés à l’exposition permanente sur 7000 m2 au total. Expositions temporaires, ateliers, animations et centre de documentation comprenant plus de 6000 ouvrages, sont accessibles au grand public depuis le 11 novembre 2011, date anniversaire de l’armistice. L’architecte Christophe Lab signe la réalisation architecturale de ce « musée d’Histoire et de Société » de la région parisienne, reconnu « Musée de France » en 2007 par le ministère de la Culture.

Les femmes dans la Grande Guerre

Déjà l’objet d’une exposition au musée Bossuet de Meaux, les femmes de la « Der des Der » sont particulièrement mises à l’honneur dans cet espace muséologique, véritable lieu de mémoire.

Dans un pays rural, peu industrialisé en 1914, les femmes tiennent un rôle capital dans la Grande Guerre: toute l’économie est impactée par un conflit qui doit durer quelques semaines mais se soldera par une guerre de 4 ans.

Les hommes partis au front en masse, les femmes doivent gérer leur absence en palliant les manques, notamment dans l’industrie : 450 000 ouvrières sont appelées et travaillent 10 heures pour un salaire d’environ 6 francs par jour, alors qu’un ouvrier peut gagner jusqu’à 10 francs de l’heure. Couturières, boulangères, agricultrices… tous les corps de métier sont sollicités pour participer à l’effort de guerre.

Des documents d’archives présentent aussi l’histoire des femmes engagées en résistance, cachant des prisonniers évadés, favorisant et organisant des fuites vers l’étranger, payant souvent de leur vie leurs actes de bravoure. Un volet spécial sera consacré à Mata-Hari, fusillée pour espionnage.

700 000 veuves de guerre, 650 000 orphelins… la Grande Guerre, terriblement meurtrière, aura des conséquences tragiques: pour être reconnue veuve de guerre il faut avoir été mariée, il faut aussi que le soldat mort au combat soit reconnu officiellement disparu par un Etat pauvre, qui mettra des années à accorder des pensions. Beaucoup de femmes resteront leur vie entière dans le souvenir de leurs défunts. 200 000 Français ne seront jamais retrouvés.

Des objets civils et militaires par milliers

Après la traversée d’un bois de cèdre, le grand public découvre des images projetées au sol de la guerre de 14-18. L’espace muséologique de 3000 m2 propose de redécouvrir l’histoire du conflit: situation géopolitique avant-guerre, conditionnement scolaire pour faire de l’enfant un bon soldat, mobilisation, première bataille de la Marne, mouvements de troupes, reconstitution des tranchées, vie des Poilus au quotidien, no man’s land…

Dans les salles thématiques, les innovations technologiques, chars, gaz… des images d’archives évoquant la dureté des combats et la vie dans les tranchées. Dans la nef principale, les uniformes complets des batailles de la Marne de 1914 et 1918, des avions Blériot XI et Spad XIII, un taxi de la Marne… partout, des objets à toucher, journaux, photographies, affiches, cartes postales, tableaux…des ambiances sonores et olfactives.

Un film résume les multiples conséquences de la guerre en fin de visite. Des objets archéologiques intégrés dans le sol rappellent l’impact de la Grande Guerre et ses traces dans la vie d’aujourd’hui.

Le musée a été inauguré le 11 novembre 2011, en présence de Nicolas Sarkozy.

www.museedelagrandeguerre.eu

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