Visite du cimetière Montmartre, à la rencontre des célébrités

Itinéraire insolite dans le 3e grand cimetière de la capitale. Découvrez les sépultures de ses hôtes illustres: Offenbach, Dalida, Dumas, Degas, Truffaut...
93

3e grande nécropole parisienne avec ses 10 hectares et ses 22 000 sépultures, le cimetière Montmartre, situé avenue Rachel, du nom de la célèbre tragédienne, est le lieu du dernier repos d’un grand nombre de personnalités. Artistes, hommes et femmes de lettres, politiques, militaires, savants… enfants de la Butte ou amoureux du quartier, provinciaux ou étrangers exilés dans la capitale, ils reposent au cœur de cet espace planté de 820 arbres, entre l’agitation du pont Caulaincourt qui mène vers la Butte, et la tranquillité des petites rues adjacentes, dans ce quartier à la frontière de 3 arrondissements parisiens: le 18e, le 17e, et le 9e.

A l'occasion d'une visite de Montmartre, n'hésitez pas à y faire une halte: cet univers insolite, à l'architecture cosmopolite, mérite le détour.

Un cimetière napoléonien

Ouvert le 1er janvier 1825, à l’emplacement des anciennes carrières de gypse qui ont donné leur nom au quartier des "Grandes Carrières", le cimetière Montmartre, autrefois cimetière du Nord, est caractéristique du style architectural de l’époque napoléonienne: on emportait alors son prestige social dans la mort.

De nombreuses tombes et stèles sont de véritables petits monuments, reflets de la carrière et de la position sociale des défunts.

De petites chapelles gothiques, étonnantes reproductions des cathédrales françaises, cohabitent avec une architecture étrange composée d’escaliers, de terrasses et de surplombs, de monuments baroques ou néo-classiques, et un véritable musée de la statuaire, comprenant des œuvres de Rodin, de David d’Angers, de Bartholdi… et même de la danseuse, peintre, actrice, écrivain et sculptrice Ludmila Tcherina, auteure en 1991 de la statue monumentale choisie pour représenter l’Europe unie, dont une version miniature décore la tombe.

A la Révolution, les anciennes carrières devaient servir de fosse commune aux victimes des émeutes. Un premier cimetière d’environ un hectare fut construit en 1798 sur un terrain acheté par la Ville de Paris, afin d’offrir un cimetière décent aux Parisiens de la rive droite.

Agrandi à plusieurs reprises, puis réduit pour la construction de l’hôpital Bretonneau et du square Carpeaux, le cimetière actuel est égal à celui de 1879. Il comprend 33 divisions numérotées en escargot, à l’instar des arrondissements parisiens, mais la numérotation est là inversée: les premières divisions se localisent à la périphérie du cimetière, la toute première se situant à l’entrée avenue Rachel, dans la zone de la Conservation.

500 personnes y sont inhumées chaque année.

Le cimetière Montmartre est aussi un lieu de tournage, ceux-ci se localisant la plupart du temps dans l’avenue Samson (la tombe du célèbre "Grand Samson", le bourreau qui fit tomber 10 000 têtes lors de la Révolution, est toute proche).

C’est aussi rendre hommage aux nombreux acteurs, comédiens et cinéastes, qui y reposent de leur dernier sommeil.

A savoir: de nombreuses tombes spectaculaires ou remarquables sont laissées à l’abandon, faute de crédits de la Ville de Paris pour leur entretien.

Itinéraire de visite des tombes des célébrités inhumées au cimetière Montmartre

Le cimetière propose un itinéraire découverte d’une durée d’environ 2h, à effectuer en individuel, à partir d’une brochure explicative avec localisation des sépultures, pour partir à la rencontre des célébrités et de certaines tombes remarquables.

Dalida, François Truffaut, Francis Lopez, Jean-Claude Brialy, Joseph Kosma, Annie Fratellini, Michel Berger, Dominique Laffin, Jean Le Poulain… de nombreuses personnalités contemporaines sont enterrés au cimetière Montmartre.

Parmi les cinéastes, Claude Autant-Lara (L e diable au corps, La traversée de Paris, La jument verte ), François Truffaut ( Les 400 coups, La mariée était en noir, L’homme qui aimait les femmes …), Henri-Georges Clouzot ( Les diaboliques, L’assassin habite au 21…) sont inhumés aux côtés de très nombreux comédiens: Jacques Charon, Pierre Dux, Jacques Fabri, Mary Marquet, Jean-Claude Brialy…

Le monde musical est fortement représenté au cimetière, avec les tombes de Léo Delibes ( Coppélia ), du chef d’orchestre Charles Lamoureux, de Jacques Offenbach (L a vie Parisienne, La belle Hélène …), d’Hector Berlioz (L a Symphonie fantastique ), du chanteur compositeur Michel Berger, enterré aux côtés de sa fille Pauline précocément disparue, de Joseph Kosma, compositeur de Barbara et des Feuilles mortes , et des musiciennes Nadia et Lili Boulanger, qui ont donné leur nom au conservatoire du 9e arrondissement.

L’univers théâtral et littéraire n’est pas en reste: les sépultures de Georges Feydeau, d’Eugène Labiche et d’Alexandre Dumas fils cohabitent avec celles de Théophile Gautier, d’Ernest Renan, de Heinrich Heine - fréquemment visité par ses compatriotes -, des frères Goncourt, de l’inoubliable interprète de Knock, Louis Jouvet, du poète Alfred de Vigny.

Emile Zola, asphyxié accidentellement à son domicile de la rue de Bruxelles, a été enterré au cimetière Montmartre, avant d’être transféré au Panthéon.

Personnages plus pittoresques, la célèbre danseuse de Cancan La Goulue, immortalisée par Toulouse-Lautrec, Alphonsine Duplessis, la "Dame aux Camélias", et Anatole, inoubliable garde-champêtre de la Butte se trouvent là également.

Mais la tombe la plus visitée et peut-être la plus fleurie reste incontestablement celle de la chanteuse Dalida, Montmartroise d’adoption et de cœur, disparue en 1987, qui possédait une magnifique maison un peu plus haut sur la Butte Montmartre, rue d’Orchampt.

Etre inhumé au cimetière Montmartre

500 personnes sont enterrées chaque année au cimetière Montmartre, qui possède 3 annexes: les petits cimetières Saint-Vincent et du Calvaire, et le cimetière des Batignolles.

Les concessions perpétuelles le demeurent, sous réserve d’être entretenues. A défaut, la direction du cimetière entame une procédure auprès des héritiers: après environ 3 ans sans réponse, le cimetière procède à une reprise de l’emplacement. Les restes contenus dans les sépultures à l’abandon sont transférés à l’ossuaire du Père Lachaise.

Il est donc possible d’être inhumé au pied de la butte Montmartre, mais impossible d’y réserver sa place: depuis 2 ans, cette option a été supprimée. Pour les tarifs, il vous en coûtera de 700 à 11 000 € environ suivant la durée de la concession, hors frais d’obsèques… et personnalisation de la stèle!

A découvrir : Le Père Lachaise, un cimetière 5 étoiles à Paris

Sur le même sujet