Petit éloge des grandes villes de Valentine Goby

Valentine Goby, rend hommage à la beauté de la Ville, vue à travers le prisme de son regard enfantin fasciné.
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La fascination de l'auteur pour le monde urbain trouve ses racines dans son enfance éloignée de la Ville et qui la fascinera tel un paradis interdit. Elle nourrira alors une aversion totale pour le végétal, le naturel et met l'esthétique de la Ville au-dessus de tout. Adulte elle traversera bien des villes dans le monde mais bien plus que des villes réelles, la ville est surtout un paysage intérieur où le soi se projette sur l'espace extérieur.

une enfance loin de la Ville

Enfant de santé fragile, asthmatique, l'auteur fut préservée des pollutions de la ville et élevée à l'écart de celle-ci. La ville exercera alors sur elle une attraction au délicieux goût de l'interdit. Pour la fillette la Ville est « un mirage, c’est pourquoi je (elle) la veux(t), (elle)je la désire. La ville est un fantasme. ». Elle vit dans l'attente sa rencontre avec Elle comme on frisonne fébrile dans l'attente de sa future rencontre avec l'être aimé avec toute l'excitation, le risque et l'imaginaire que cela comporte. Plus elle l'attend plus elle la revêt d'atouts supplémentaires.

une aversion pour la nature

La fillette développe un dégoût pour la campagne au sein de laquelle elle vit à mesure qu'elle développe son idéalisation de la Ville. Elle exècre le végétal, elle "étouffe à l’idée du végétal domestique, de tout ce que ce mot, végétal , contient de vide, de lenteur, d’ennui. " alors que "L’asphalte est compacte, ne contient aucun vide.

Au-cun-vide. » nous dit-elle en concluant son livre.

Elle préfère les fleurs citadines imaginées aux fleurs des champs, elles la rassurent, elle sait " que les fleurs ne poussent pas dans la terre, mais dans les nuages, au vingt-deuxième étage d’une tour de verre, au-dessus du métro noir, des grincements de ferraille, des néons verts et roses.".

la ville: un paysage intérieur

Emprunt de poésie et teinté des vestiges de l'enfance, ce sont bien plus des paysages intérieures que des villes réelles, des décors urbains re-visités par les émotions, les ressentis et les rêves de l'auteur. Pour elle d'ailleurs les" lieux seuls n’existent pas, nous sommes les lieux que nous avons traversés".

Depuis l'enfance Paris lui manque presque dans sa chair mais un Paris intérieur fait d'échos lointains et de oniriques.

Souvenirs de voyages à Manhattan, Paris, New-York,Hanoï, Manille, Jérusalem, Rome ou Londres défilent en de courtes pages où l'écrivain a su "ouvrir en premier ses yeux d'enfant".

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