Entre Tibet et Mexique, une nouvelle alliance spirituelle new-age

Le pôle spirituel du Tibet s'est transféré récemment au Mexique grâce à l'oeuvre de Regina, une enfant initiée par Tagdra Rimpoche.
14

D'après Koldo Aldai, historien, écrivain et chercheur spirituel, en connexion avec plusieurs courants ésotériques, le Tibet et le Mexique viennent d'échanger leur polarité pour donner naissance à une nouvelle humanité. Notre planète est assimilée par eux à un être vivant qui respire le prâna cosmique , l'essence ou souffle vital qui parcourt ce qui nous entoure et qui nous relie. Cette force ésotérique voyage sur Terre entre les cordillères montagneuses les plus élevées, celle de l'Himalaya et celle des Andes.

Le prâna cosmique quitte le Tibet

Le dernier passage d'une cime à l'autre aurait eu lieu en 1950, lorsque la force spirituelle du Tibet, menacée d'extinction par la révolution culturelle chinoise, fut retirée de Lhassa, au moyen de rituels effectués par des lamas, pour renaître dans les sites sacrés de l'époque préhispanique au Mexique.

Le 21 mars 1950 se célébra pour la dernière fois la cérémonie du Kumba-Mela tibétaine pour clore ce passage d'un pôle à l'autre, cette cérémonie restant vivante en Inde actuellement.

Tagdra Rimpoche trouve un catalyseur d'énergie

Afin d'assurer la résurgence au Mexique de cette énergie cosmique, le lama Tagdra Rimpoché aurait eu la vision d'un catalyseur, baptisé par lui-même "la grande machine sacrée du soleil", qu'il s'agissait d'activer pour permettre la réception et la diffusion de cette force spirituelle sur son autre continent. A la même époque, une synchronicité remarquable guida les pas des parents de Regina, une enfant mexicaine, élue dès sa naissance par le chaman de son village, jusqu'au Tibet.

L'histoire légendaire de Regina

Regina, née le 21 mars 1948 dans la ville de Los Reyes, à l'aube de l'avènement de l'ère du verseau, fut reçue lorsqu'elle avait à peine un an dans un monastère comme une Daikini, c'est-à-dire comme l'émanation d'une déesse tibétaine. D'après Antonio Velasco Piña, auteur du livre consacré à cette histoire*, le grand lama Tagdra Rimpoche, informé que l'enfant avait bien reconnu les objets de sa vie antérieure, sortit de sa retraite monastique pour accomplir l'ultime mission spirituelle du peuple tibétain: activer le site récepteur du prâna cosmique.

La cérémonie d'inauguration à Teotihuacán

De retour au Mexique, 20 ans plus tard, le jour indiqué pour une cérémonie spéciale, Regina entreprit de gravir les marches du catalyseur signalé par la vision du Rimpoche, qu'elle reconnut dans la pyramide de Teotihuacán . L'énergie du lieu venait à bout de ses forces lorsqu'elle perçut la présence de tous les anciens prêtres qui l'accompagnaient en la soutenant jusqu'au sommet. Sur la pyramide l'attendaient des émissaires mayas, olmecas, nahuatls et zapotecas, qui jouaient des instruments sacrés en espérant leur maître de cérémonie. Que ce soit une femme leur causa une grande surprise.

Le martyre et la renaissance

Pour accomplir sa mission de diffusion du nouveau pôle spirituel mexicain, Regina consacra sa vie à des voyages, à des conférences et à des rituels dans divers sites sacrés du pays .Entourée des prêtres qui l'accueillirent lors de l'inauguration de Teotihuacán, sa renommée grandissait lorsqu'elle fut abattue le deux octobre 1968, date fatale de l'ouverture des jeux olympiques au Mexique.

Sacrifice sur la place de Tlatelolco

La brutale répression d'un mouvement d'étudiants, place de Tlatelolco, dans la capitale, causa plus de 400 morts. Regina et les représentants des traditions culturelles du pays succombèrent au coeur du massacre. Son corps s'affaissa sur un autel préhispanique, dans cette place symbolique au carrefour des Trois Cultures , selon la traduction française de son nom nahuatl. Les circonstances de cette mort la firent assimiler au vieux culte des sacrifices pratiqués à Teotihuacán, et l'on considéra que Regina perdit la vie pour permettre la renaissance spirituelle de l'humanité.

La naissance d'un mouvement new-age

Dans les années qui suivirent le sacrifice de Regina, on assista à une floraison sans précédent des groupes new-age tels qu' Operación Planeta, Amor, Luz Nueva 2000, Red Anahuak, Oromu, Grupos de Regina, pour citer les plus connus. Tandis que grandissait cette soif de partage interculturel entre Tibet et Mexique, un groupe d'étudiants en anthropologie, de l'Université de Mexico, avec le professeur Nicolas Nuñez en tête, partit pour une expédition qui aboutit aux portes du monastère Tashi Lhumpo Dharamsala, en Inde du Nord. Personne ne s'imaginait que ces aventuriers, séduits par le lieu, allaient y demeurer plusieurs mois pour s'y initier aux musiques et danses rituelles sacrées.

Les fruits culturels de la nouvelle alliance

Enivrés par la magie tibétaine et initiés à ses danses les plus ancestrales, les jeunes étudiants fusionnèrent mouvements et musiques sacrées de leur terre natale avec ceux de l'Orient, et formèrent ainsi un groupe unique au monde: Citlamina , terme toltèque que l'on peut traduire par "les archers aux flèches étoilées", dont le propos est la bataille pour accéder à un niveau de conscience plus élevé.

Lors d'un voyage du Dalaï-Lama au Mexique en 1989, ce groupe fut reconnu comme représentant authentique pour les deux traditions. En 1991, Citlamina s'embarqua pour l'Espagne, et commença ainsi son expansion vers le reste du monde.

Sources : Mexique, le réveil d’une nation de Koldo Aldali, revue « Año Cero », éditorial américa ibérica n°210.

* Regina, de Antonio Velasco Piña, éditions espagnoles: EDAF, éditions mexicaines originales :"Editorial punto de lectura", México, abril de 2004.

Entrevue de Antonio Velasco Piña au sujet de sa passion pour la vie de Regina, sur YouTube, version originale espagnole.

Pour en savoir plus sur cet auteur, autres oeuvres dans le même domaine de l'ésotérisme mexicain préhispanique.

La version tibétaine de l'histoire de Tagdra Rimpoche, cliquer sur: site officiel de Tagdra Rimpoche.

Sur le même sujet