Insomnie: la Gestalt thérapie contre les troubles du sommeil

La gestalt thérapie nous enseigne que l'insomnie peut être due à des situations inachevées: comment les résoudre.
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Le sujet insomniaque est pris au piège dans un cercle vicieux: debout il tombe de sommeil, une fois couché, le sommeil le fuit. Or l'insomnie peut être entendue comme un message prioritaire de l'inconscient qui appelle l'attention du sujet pour résoudre une situation non bouclée, jugée plus urgente par son appareil psychique que la nécessité vitale de dormir.

Qu'est-ce qu'une situation inachevée?

Selon la gestalt thérapie de Fritz Perls , les situations inachevées, les tâches inaccomplies et les non-dits sont autant de sirènes d'alarme et de flash clignotants qui créent un état général d'alerte peu propice au sommeil. La métaphore classique pour expliquer ce qu'est une situation inachevée est celle d'une envie urgente d'uriner dont on fait abstraction pour terminer ce qu'on est en train de faire. Ne pas satisfaire un besoin physiologique constitue une situation inachevée. Dans cet exemple, on peut s'attendre à deux conséquences fâcheuses: bâcler la tâche en cours et s'exposer à des troubles urinaires. Il en est de même pour les troubles du sommeil: s'efforcer de dormir lorsque quelque chose d'important est resté inaccompli met simultanément deux nécessités en échec: résoudre l'urgence et dormir. Il importe donc de débloquer le conflit entre le sommeil et les situations inachevées.

Faire la liste des tâches inaccomplies par ordre d'urgence

La discipline de noter sur un agenda les compromis des jours qui suivent ne suffit pas toujours. En revanche, on se soulagera efficacement de la tension due aux situations inachevées en les notant avant de se coucher. Il s'agit d'écrire une liste des priorités qui nous tracassent dans leur ordre d'importance, selon le niveau d'angoisse et de stress qu'elles génèrent, et non pas de façon chronologique. On en profitera pour annoter des résolutions à prendre face aux problèmes qui nous semblent insolubles, aussi fantaisistes qu'elles soient.

L'invitation au rêve

En s'autorisant ce pas vers l'imaginaire, on induit un état psychique propre aux rêves et on invite en même temps l'inconscient à prendre le relai en déjouant les mécanismes de défense du conscient:

"je n'y arriverai jamais, c'est sans issu."

En effet, la plupart des solutions qui nous échappent sont présentes au plus profond de nous-mêmes et c'est au moyen du rêve qu'elles surgissent le plus souvent. Ces résolutions prises ont le pouvoir de transformer l'angoisse en processus créatif au niveau du psychique qui cédera au sommeil au lieu de lui courir après. Il est essentiel bien sûr de mettre en pratique, même de façon symbolique, quelque chose de ces résolutions au cours des jours qui suivent pour que cette technique continue de marcher. Il s'agit de négocier avec le processus de l'insomnie, en aucun cas de le bafouer.

La libération émotionnelle par l'expression des non-dits

Une pratique typique de la gestalt consiste à utiliser un coussin ou une chaise vide pour s'y représenter assis ce fameux quelqu'un dont on a peur et en même temps lui exprimer quelque chose qu'on n'a pas pu dire dans la vie réelle. Il peut aussi bien s'agir d'un collègue de travail, d'un supérieur hiérarchique que d'un être cher décédé dont on n'a pas eu l'occasion de se séparer avant sa mort. La psychologie nous enseigne que les mots d'amours contenus tourmentent autant que les colères refoulées.

Cette pratique bien sûr est propice à déclencher de fortes émotions qu'il s'agit d'accueillir autant qu'on le peut. On alternera entre jouer son rôle, en s'adressant au présent et à la première personne du singulier à cet interlocuteur représenté dans l'espace par un siège, avec prendre sa place et s'exprimer depuis son point de vue, en s'écoutant dire ce qui surgit spontanément.

Se libérer des conflits intériorisés

L'usage du présent est essentiel car il est impossible d'intervenir sur ce qui est passé et l'inconscient le sait bien, aussi sûrement qu'il sait que c'est pourtant au présent que l'on souffre d'un non-dit passé mais pas digéré. En l'exprimant directement puis en prenant la place du coussin ou de la chaise pour expérimenter le vécu de l'interlocuteur absent, on libère ce qu'on a intériorisé de cette personne et qui est resté jusque-là en suspens. En parlant depuis son point de vue, on est étonné de s'écouter prononcer des paroles que l'on n'a peut-être jamais entendues de sa part mais pourtant quelques fois pressenties. On changera ainsi de rôle jusqu'à éprouver une paix intérieure solide face à cet interlocuteur. Même si on y arrive pas du premier coup, il est sûr qu'à chaque fois qu'on pratiquera ce jeu de rôle, la libération émotionnelle favorisera l'arrivée du sommeil.

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