L'origine des religions serait dans le culte de la porte obscure

La civilisation préhistorique africaine s'édifia sur des piliers communs aux grandes traditions ésotériques et religieuses d'aujourd'hui.
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Le docteur Antonio Arnaíz Villena , professeur en immunologie biomoléculaire pour l’Université Complutense, à Madrid, chercheur à l’hôpital 12 de Octubre de la même ville, président de la Fondation des Etudes Génétiques et Linguistiques, soutient la thèse, avec l’historien Jorge Alonso García , que le vieux culte de la porte obscure des ténèbres, qui remonte aux premières civilisations sahariennes de 10 000 à 6000 ans avant J.C., pourrait bien être à l’origine de toutes les religions connues et pratiquées à ce jour sur Terre.

Un ouvrage interdisciplinaire

Ils ont publié le fruit de leurs recherches dans l’ouvrage Egipcios, bereberes, guanches y vascos , aux éditions Complutense, réédition en l’an 2000, Madrid (non traduit en français à ce jour), livre dans lequel ils analysent les marqueurs génétiques de ces quatre ethnies, égyptiennes , berbères , guanches , (premiers habitants des îles Canaries ) et basques , en parallèle avec l’étude de leur langage ancestral et de leurs cultes.

Quatre ethnies pour une seule origine?

Ils y développent l'hypothèse de l’existence d’une racine commune à ces quatre peuples, qui partagent avec les habitants actuels de l’île de Crète et les algériens, outre les marqueurs génétiques HLA-DR , un patrimoine linguistique et religieux que l’on retrouve dans l’art et la culture saharienne de 10 000 à 6000 ans avant Jésus Christ.

Un seul berceau pour autant de religions?

Ce bassin africain, reconnu comme étant la crèche des premières civilisations humaines, aurait donné le jour à une tradition occulte dont on retrouve les symboles et les pratiques dans le christianisme, l’hindouisme, les traditions africaines, nord-américaines, grecques et romaines.

Corrélation

Pour conclure sur l’existence surprenante de cette antique civilisation, les deux chercheurs espagnols comparèrent plusieurs caractéristiques de chaque tradition, en partant des arts funéraires propres à de nombreux sites archéologiques, qui ont tous en commun des illustrations et des textes au sujet de ce fameux portail, ouvrant sur les ténèbres du domaine de l’après-vie, et dont les inscriptions mortuaires semblent respecter les mêmes codes d’un continent à l’autre.

Des symboles universels

La colombe, qui représente le Saint-Esprit dans la religion catholique , se retrouverait dans le personnage de la Virgen del Rocio , aussi désignée comme la Vierge à la colombe, qui reprendrait trait pour trait les caractéristiques de la déesse mère des sahariens. Cette assimilation d’un symbole chrétien, pilier de la Bible, à une entité primordiale dans cette religion préhistorique, est appuyée par un groupe de scientifiques dont María Jésus Castro , Jorge Martinez Laso et Eduardo Gómez Casado .

En Inde

Le vocabulaire de la langue basque traditionnelle, l’euskara , qui s’emploie pour désigner la déesse-mère, rejoindrait à la racine le mot sanskrit " karma" , dont l’étymologie biscayenne repose sur "kar", qui signifie "feu", et "ma", mère. La mère de feu est bien l’un des visages de cette figure sacrée qui accueille le voyageur de l’autre côté de la mort. On retrouve également, dans les textes sumériens , en référence au cette porte obscure, la figure du dieu hindou Shiva , qui célèbre une danse cosmique lors de la crémation des cadavres, dans le symbole du "shi", "qui tourne à grande vitesse", en euskara, et qui désigne le tourbillon des flammes enveloppant l’esprit et l'âme des morts.

Survivance du langage

Selon Jorge Alonso, il reste actuellement des peuples isolés, eurasiens , basque, maghrébins , caucasiens , pakistanais , et de façon surprenante, amérindiens , navajos et apaches, dont la langue parlée, issue des langues mortes ibérique, étrusques , linéale (premiers codes préhistoriques des mathématiques), hittite , élamite , sumérienne , égyptienne et guanche, aurait son origine dans cette même civilisation.

En commençant à en déchiffrer les premiers codes, les chercheurs espagnols ont découvert que leur déesse originale, primordiale pour cette tradition saharienne, annonce la résurrection ou la réincarnation des défunts, d’où son appellation de "mère des ténèbres": elle leur redonne vie lorsqu’ils franchissent les épreuves de l’au-delà.

C’est s ans nul doute dans le mythe de la déesse Kâli , dont le nom sanskrit signifie "mort", que s’illustre la plus fidèle représentation de cette entité préhistorique fascinante.

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