Un chaman mexicain nous transmet la tradition toltèque

Miguel Ángel Ruiz, dernier descendant de la lignée chamanique toltèque et naguale des Guerriers de l'Aigle, transmet au public sa tradition.
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Miguel Ángel Ruiz, communément appelé Don Miguel Ruiz, par respect pour son autorité de chaman et de docteur chirurgien, est né au Mexique en 1952, dans un village d'indigènes dont le nom s'est perdu dans la légende. Dernier né des trois fils d'une mère guérisseuse, et en même temps dernier descendant de la lignée d'un grand-père chaman de type nagual, il fut choisi pour transmettre les enseignements toltèques que sa famille conservait depuis des siècles.

Les naguals étaient, à l'intérieur du groupe général des sorciers chamans, les plus réputés pour dominer le pouvoir d'incorporer le corps et l'âme d'un animal de leur choix, recevant ainsi la maîtrise de toutes les facultés de l'animal choisi.

Il s'acquitta fort bien de sa mission au cours de sa carrière d'écrivain, de docteur enseignant et de conférencier . Son premier livre " Les quatre accords toltèques" , paru en France aux éditions Jouvence en 1999, dépassa quatre millions d'exemplaires vendus dans le monde, ce qui transforma ce chaman mexicain sorti du désert en l'une des figures emblématiques du courant ésotérique de la New-Age.

La transmission mystique de la sagesse toltèque

D'après Don Miguel Ruiz, les toltèques étaient reconnus, il y a mille ans de cela, comme des hommes et des femmes dotés de la "Connaissance". On peut faire ici un parallèle avec les mystères antiques en Occident dont les détenteurs, liés au secret et engagés au silence, étaient dénommés "mystiques". La race ou nation toltèque dont nous parlent les historiens n'est pas appréhendée en tant que telle par Don Miguel. Il nous dépeint les toltèques essentiellement comme des scientifiques et des artistes, qui formèrent un cercle privé pour étudier et conserver le savoir spirituel de leurs ancêtres.

L'avènement des grands maîtres, les chamans naguals

Au fil du temps, tandis que leur renommée s'étendait dans tout le sud du Mexique, les toltèques s'organisèrent pour former une communauté de maîtres chamans et d'étudiants à Teotihuacán, dans la ville des pyramides aux périphéries de Mexico District Fédéral, aujourd'hui capitale du Mexique. Teotihuacán devint alors reconnue comme la ville où l'homme se transforme en Dieu. Au cours de ses interviews réalisées par Oprah Winfrey, pour une chaîne de télévision américaine qui consacra plusieurs émissions à Don Ruiz, le chaman nagual signala ce site à maintes reprises comme un lieu toujours imprégné d'une très forte énergie spirituelle.

L'essence du culte chamanique toltèque

Les toltèques enseignent que la force vitale qui travaille à l'intérieur de chacun est une force créatrice née du grand art sacré des dieux. Chaque être en est l'instrument. Chaque création de Dieu, désignée comme l'artiste suprême, se métamorphose en un sujet qui devient à son tour artiste créateur de l'univers qui l'entoure. Tout n'est qu'un grand rêve, une illusion, que chacun développe au gré de son imaginaire.

Cependant, le sujet créateur tend à se séparer de son essence vitale innée, à cause des conditionnements, des jugements et des mensonges qui s'impriment en lui depuis l'enfance. L'état de béatitude définit l'artiste connecté à la force vitale de la création, l'image la plus parlante étant celle de la joie innée des enfants en bas-âge. La tourmente et la souffrance poursuivent le sujet égaré qui crée malgré lui un univers de douleurs à son encontre.

Tradition toltèque et allégorie biblique

Le culte chamanique toltèque oppose l'art à la "connaissance mentale". L'art est vivant, pourvu de conscience propre, il est création éternelle et continue de la vie. La connaissance mentale est la somme de mensonges et d'illusions qui s'emparent peu à peu d'un nouveau-né au contact des fausses croyances qui dominent son entourage. Don Miguel Ruiz compare cette connaissance au mythe biblique du paradis perdu, expliquant que l'allégorie de l'arbre et du fruit défendu symbolise chez les toltèques l'arbre empoisonné d'illusions ou de mauvais rêves, opposé à l'abre de vie.

Un culte de la vérité

En se nourrissant de l'arbre de la connaissance, c'est-à-dire des croyances qui l'entourent, l'humain se sépare de son essence vitale, et commence à souffrir. La connaissance ou voix intérieure dont il est ici question se définissent par la somme des jugements et des comparaisons que l'être cultive à son propre égard, et qui le frustrent perpétuellement. Cette connaissance est illusoire puisqu'elle repose sur ce que l'on devrait être, ce que l'on aurait dû réussir, ce que l'on n'aurait pas dû dire ni faire, ce dont on devrait être capable, la liste est sans fin. Dans tous les cas il s'agit d'une donnée imaginaire opposée à la vérité et à la réalité des faits. Cette voix intérieure est assimilée à celle du serpent de la Bible. De ses mensonges naissent le dilemme, le doute, la culpabilité, la souffrance, puis la transgression et la perte de l'état de grâce innée au genre humain.

L'enseignement chamanique nagual ou toltèque consiste donc à faire taire -ou à tuer- le serpent de l'arbre des illusions pour retourner à un état de grâce et de création permanente.

Don Miguel Ruiz a transmis à son fils, Miguel Ruiz Junior, l'héritage de ses ancêtres.

Ils sont aujourd'hui les derniers descendants des naguals du lignage des Guerriers de l'Aigle.

Sources : oeuvre intégrale de Miguel Ángel Ruiz, dont on trouvera le détail grâce au lien suivant:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Miguel_Ruiz

Autres liens:

http://www.miguelruiz.com/

http://en.wikipedia.org/wiki/Miguel_%C3%81ngel_Ruiz

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