Une invention mexicaine révolutionne la détection d'acide urique

Pouvoir contrôler soi-même à faible coût son taux d'hyperuricémie, c'est la promesse de María M. Castillo, enseignante chercheuse à Sonora, au Mexique.
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L'excès d'acide urique et d'urée dans le sang est responsable de nombreux troubles du métabolisme, dont la détection repose sur un procédé délicat et parfois inaccessible.

Depuis les calculs rénaux, les coliques néphrétiques, les douleurs arthritiques jusqu'à la goutte, les troubles du métabolisme provoqués par l'hyperuricémie sont nombreux et pas toujours aisés à diagnostiquer. Jusqu'à présent, la mise en évidence des deux substances concernées dans le sang reposait sur un procédé compliqué et coûteux, difficilement accessible pour les populations défavorisées comme pour les populations rurales du Mexique et d'ailleurs. Ce procédé classique requiert l'utilisation d'un appareil appelé électrophotomètre qui analyse la quantité de lumière absorbée par le sang pour pouvoir calculer sa composition.

Une nouvelle technologie basée sur l'électro-conductivité, fruit de l'ingéniosité mexicaine

Pour rendre accessible à tous la prévention et le diagnostique des maladies liées à l'hyperuricémie dès l'apparition des premiers symptômes, María Moníca Castillo et son équipe, rattachée au laboratoire d'investigation de l'université nationale autonome du Mexique, l 'UNAM (Universidad Nacional Autonoma de Mexico), ont décidé de profiter des propriétés de certains polymères.

Il existe en effet une classe de polymères électro-conducteurs, désignés par le sigle PEC, qui ont la particularité de diminuer leur capacité de conduction électrique en présence de susbtances organiques telles que le peroxyde d'hydrogène et l'amoniaque, principaux éléments chimiques qui composent l'urée et l'acide urique.

Le développement de ce nouveau système d'analyse repose sur la mise au point, facile à réaliser, de plaquettes de plastique recouvertes de PEC, sur lesquelles on dépose une goutte de sang du patient concerné, et qu'on relie à un multimètre, petit appareil capable de mesurer l'intensité du courant électrique. La différence des valeurs relevées entre la mesure de la plaquette vierge puis recouverte par la goutte de sang permet de calculer, enfonction de la diminution du courant électrique enregistré, la concentration d'acide urique et d'urée dans le sang.

Une économie et une simplicité remarquables

Bien que cette découverte demande du temps pour être commercialisée, son coût pour le particulier s'élèvera à environ 100 pesos mexicains, soit autour de six euros pour la France, c'est-à-dire le prix d'acquisition du multimètre, les plaquettes de PEC devant être mises à la disposition du public dans les centres de santé.

Le grand avantage de ce nouvel appareil de mesure est non seulement son accessibilité financière mais aussi qu'il offre au malade la possibilité de contrôler lui-même avec résultat immédiat son taux d'hyperuricémie; la réduction du temps d'attente de l'analyse facilitera ainsi la prévention et l'administration du traitement médical approprié dans de bien meilleurs délais.

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