Prévoir une éruption volcanique

Les scientifiques ne savent pas prévoir avec précision la date des éruptions volcaniques. Mais des indices ou signaux permettent de mieux les anticiper.

Répondons vite à l’affirmation que laisse supposer la lecture de ce titre: les scientifiques ne savent pas prévoir avec précision, la date d’une éruption volcanique.

En revanche les instruments d’observations, de mesures, de calculs et de modélisations permettent aujourd’hui, d’une part, de mesurer l’impact sur les populations et les bâtiments, d’autre part, d’affiner la connaissance des risques naturels qui menacent notre planète.

Tectonique des plaques et failles

La sismologie a fait un bond en avant avec l’étude de la tectonique des plaques.

Les plaques se déplacent les unes par rapport aux autres.

Une faille est un écart entre deux plaques; les failles peuvent s’écarter, se chevaucher et entrer en collision entre elles; ce cas est fréquent dans les chaines de montagnes, par exemple celle des Alpes.

La surface de faille est rugueuse, les contraintes s’accumulent donc au fil des années, et quand elles sont trop nombreuses, finissent par produire des tremblements de terre. Certains ne sont pas ressentis, d’autres entraînent des catastrophes dites naturelles, comme celle qui a touché Haïti en 2009.

Indices de prévention d’une éruption volcanique

  • Une région qui n’a pas cassé depuis longtemps est susceptible de rompre, ce phénomène est appelé «lacune sismique».
  • L’analyse chimique des eaux de sources montre d’importants changements avant un séisme, ces changements peuvent se produire plusieurs mois avant une éruption ou seulement quelques jours.
  • Prédiction en rapport avec les accélérations maximales de signaux qu’une région peut ressentir, au vu de l’étude des séismes passés.
  • D’autres signaux sont précurseurs, par exemple la terre gonfle; mais quand le magma est train d’arriver en surface, une heure avant l’éruption, il est déjà trop tard pour faire évacuer toute une population.

Un modèle numérique de volcan: la Soufrière en Guadeloupe

A l’observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe, une plate forme informatique regroupe les modèles virtuels du volcan la Soufrière sous la forme d’une base de données.

Cette base concentre les informations issues de plusieurs segments de recherches: géophysique, géochimie et hydrologie. L’objectif est à la fois d’étudier la structure du volcan et de modéliser son activité de manière à mieux l’anticiper, la prévoir.

A l’aide des techniques de la tomographie électrique, consistant à couvrir d’émetteurs de courant électrique et de capteurs les flancs du volcan, les chercheurs recueillent des données structurelles ainsi que des indications sur l’activité souterraine.

D’autres mesures viennent enrichir la base de données:

  • La température qui, au fond du gouffre Tarissan , situé au sommet du dôme, est passée de 40°C à 100°C en quinze ans.
  • Les flux de dioxyde de carbone qui sortent des failles.

Les sismologues possèdent désormais une meilleure connaissance des mécanismes physiques et chimiques, mais un degré élevé d’incertitude demeure.

Plus alarmant, certains pays n’ont pas les moyens financiers de surveiller suffisamment attentivement l’activité de leurs volcans.

Pour suivre l’actualité des mouvements terrestres:

Notre-planete.info et, plus pointu : Insu.cnrs.fr (site Web de l’Institut National des Sciences de l’Univers)

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