Les anti-anniversaires

Un anniversaire n'est pas toujours synonyme de fête. Pour les réfractaires, voici quelques idées et astuces afin d'aborder sereinement la date fatidique.
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Un anniversaire est censé être vécu comme un joyeux moment de retrouvailles. Pourtant, il ne fait pas que des adeptes: il peut générer des angoisses existentielles ou poser des contraintes d'ordre matériel. Que les excuses soient bonnes ou mauvaises, il existe des solutions.

L'anniversaire, dans l'idéal

Un anniversaire , c'est généralement l'occasion pour la personne concernée de s'entourer de personnes chères et de s'amuser. Pour les convives, c'est un moyen de commémorer et de célébrer sa naissance, une façon de lui exprimer leur affection - un peu plus que d'accoutumée - par diverses attentions.

Marquer ce moment est une bonne raison de réunir du monde à une date précise ou de revoir des personnes que l'on n'a pas rencontrées depuis longtemps. Quant à la perspective de recevoir des cadeaux ou de manger un bon gâteau, elle a de quoi en réjouir plus d'un.

Qu'on soit enfant ou adulte, le fait d'avoir traversé 365 jours supplémentaires nous a fait grandir, nous a apporté des expériences ou enseigné de nouveaux savoirs. Cependant, chaque année, certaines personnes appréhendent l'approche de leur anniversaire et préféreraient se faire oublier.

Phobie du temps qui passe

A chaque fois qu'on souffle les bougies d'anniversaire, la peur de vieillir se rappelle à l'ordre (et celle de la mort, sous-jacente). Dans le jeunisme ambiant que connaît notre société, les raisons de redouter la vieillesse l'emportent sur les arguments en sa faveur.

Les changements physiques sont considérés comme disgracieux et associés à la perte progressive des atouts de séduction, au déclin de la santé. Pourtant, certaines qualités sont censées croître avec l'âge, comme la sagesse ou la maturité.

Le temps qui passe, c'est aussi se retrouver confronté aux réalités de la vie, des objectifs qu'on n'a pas encore atteints, des ambitions ou des rêves qu'on avait et qu'on n'a pas réalisés.

Ces petites phrases assassines

Si pour nombre de personnes, un anniversaire est une occasion supplémentaire de passer du bon temps, il en est d'autres sur qui les remarques cyniques ne glissent pas vraiment.

Il y a toujours un bon copain ou une âme charitable pour vous rassurer avec quelques mots de circonstances:

«Ça fait quel effet d'avoir changé de décennie?»

«Ça te fait quel âge?»

«Déjà! Comme les années passent vite!»

«Alors, tes amours? Toujours personne?»

«Te voilà vieux maintenant!»

... et moult insinuations sur la sénescence qui vous guette.

Voilà comment un jour vénérable se transforme en date redoutée et détestable.

Une corvée

Le sens de l'accueil (et des réjouissances censées en découler) n'est pas donné à tous. Pour certains, les préparatifs et l'organisation représentent un calvaire. La cuisine, la déco, ce n'est pas leur fort.

Il y a ceux qui préfèrent ne pas fêter leur anniversaire et éviter ainsi d'être invités à celui des autres ou d'offrir des cadeaux en retour (les gens mal à l'aise parmi des inconnus, par exemple, ou les fauchés, les radins, ceux qui ont la flemme de faire les magasins).

On les reconnaît à leurs excuses-type:

«Je ne connais personne» (si, au moins une: la personne qui invite).

«Faire des cadeaux, c'est commercial» (ruineux surtout?)

«Pourquoi un jour précis? Les attentions, c'est à n'importe quel moment»

Dans ce cas, il y a moyen de fêter le non-anniversaire , comme le fait le chapelier du conte Alice au Pays des Merveilles (Lewis Caroll, 1832-1898).

Les déceptions passées

Si l'on a vécu de cuisants fiascos lors de précédents anniversaires, on n'a pas l'intention de s'y faire reprendre à deux fois.

Quand on a reçu divers cadeaux ringards ou encombrants, quand on a connu des lendemains de fêtes difficiles pour avoir trop arrosé l'événement ou abusé du gâteau à la crème, on digère mal ce genre de souvenir. Alors se réjouir à l'approche d'un anniversaire devient incongru.

Lorsqu'on a dépensé du temps et de l'énergie à organiser une fête et que deux âmes perdues se sont présentées, on se sent mal disposé à renouveler l'expérience. Idem si la soirée a fini en beuverie pitoyable.

Mais se retrouver seul devant le navet qui passe à la télévision, cela n'a rien de bien excitant non plus...

Quelques solutions

Profiter des bons moments en famille ou entre amis, cela n'a pas de prix. Un anniversaire raté ne signifie pas que les suivants le seront, à condition de s'organiser en conséquence.

Tout d'abord, choisissez bien vos invités. Exit les trouble-fête, les mauvaises têtes et les fauteurs de trouble. Et le premier qui prononcera une phrase désagréable aura un gage!

L'idée des préparatifs vous fatigue d'avance? Vous n'en avez pas les moyens? Proposez à chacun d'apporter une partie du repas. Ou bien rassemblez vos convives dans un bar branché: l'organisation est simplifiée, pas besoin de recevoir. Pensez à réserver tout de même.

Si les cadeaux risquent de ne pas vous plaire, vous aurez moyen de les donner ou de les échanger sur Internet. Divers sites proposent ce service. Ou alors suggérez à vos amis de faire un don à une œuvre caritative , à la place d'un cadeau.

F arouches o pposants

Si vous êtes résolument contre les anniversaires, vous avez encore moyen de rejoindre des groupes anti-anniversaire sur Facebook. Vous y partagerez vos pires souvenirs ou votre aversion pour cette tradition futile.

Au moins, vous aurez peut-être un fou rire en révélant les souhaits les plus mièvres qu'on vous ait écrits, ou les cadeaux inutiles et moches qu'on vous a faits.

Si, décidément, vous vous sentez toujours incompris, que l'idée d'un anniversaire vous hérisse ou vous fait «déjanter», rassurez-vous, vous n'êtes pas seul(e). Il existe au moins un être sur cette Terre qui partage votre sentiment: un chien qui devient fou quand il entend «Happy Birthday» .

ANNIV2

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