Taroudant, une petite Marrakech aux portes du désert

Au sud du Maroc, cette jolie ville entourée de remparts ocre ressemble à sa grande sœur plus célèbre. Un véritable «concentré» du Maroc.
67

Située à mi-chemin entre l'océan, la montagne et les abords du désert, Taroudant est une cité très pittoresque qui résume à elle seule toute l'âme et la tradition marocaine, ou presque. Elle possède un riche patrimoine historique, architectural et culturel.

D'Agadir à Taroudant: changement de mondes

Taroudant (ou Taroudannt) se situe à environ 80 kilomètres d' Agadir (côte Atlantique), sur la route qui mène à Ouarzazate. Cette route pleine de charme traverse d'abord la plaine du Souss, véritable «jardin du Maroc» où s'étendent les cultures de fruits et légumes et notamment les orangeraies. Le paysage devient ensuite plus aride et laisse place aux arganiers, des arbres uniques au monde. L'amandon de leurs fruits sert à la fabrication de la précieuse huile d'argan .

Taroudant est située au point de rencontre de deux climats. L'été, le chergui (un vent brûlant en provenance du désert) s'engouffre parfois jusque dans les ruelles et la température peut alors frôler les 45°C ou davantage. En quelques instants, elle peut retomber de plusieurs degrés sous l'influence de la fraîcheur océanique (proximité de l'Atlantique). Les hivers sont particulièrement doux (autour de 20°C en journée).

Taroudant, une ville très ancienne

Occupée ou attaquée tour à tour par divers peuples et dynasties, Taroudant garde le mystère quant à la période exacte de sa fondation. Celle-ci remonterait à l'an 681, lors de la conquête de l'Islam dans cette contrée. Le gouverneur du Souss s'y serait installé et la ville serait devenue un centre administratif.

L'armée romaine aurait également tenu un poste avancé (du nom de Vala) à Taroudant, puis les tribus berbères s'y seraient sédentarisées entre le IXe et le Xe siècles.

Au XVIe siècle, la ville devint la première capitale des sultans saadiens, avant Marrakech. L’émir Mohamed Cheikh Saadi, originaire d'Arabie, fonda la dynastie des Saadiens qui conquit progressivement le Maroc. C'est lui qui fit ériger des remparts autour de Taroudant.

Avoisinant aujourd'hui les 70000 habitants (les Roudanis), Taroudant connaît une démographie et une superficie croissantes, comme beaucoup de villes du pays.

Un cachet que l'on n'oublie pas

Les abords de la ville offrent, par endroits, une végétation luxuriante. La promenade longeant les remparts est bordée d'arbres ornementaux. Dans les parcs, les palmiers dattiers apportent ombre et fraîcheur, tandis que des cascades de bougainvilliers aux couleurs variées coulent le long des murets (pic de floraison entre mai et septembre).

On entre dans la cité (médina) par l'une des dix portes voutées que comptent les sept kilomètres de remparts aux tons sable. Les habitations sont pour la plupart ocre rose ou ocre rouge, comme à Marrakech. Dans les rues animées planent des odeurs de poissons grillés, d'olives ou de café torréfié en provenance des échoppes. Sur les places principales, des marchands de jus de fruits disparaissent derrière des pyramides d'oranges.

Il n'est pas rare de croiser des femmes drapées d'un haïk bleu , une tenue traditionnelle des Roudanaises. La couleur de cette étoffe aurait été empruntée à celle des «Hommes Bleus», les nomades du désert qui fréquentaient Taroudant du temps des caravanes. La façon de porter cette étoffe, avec une fibule, remonterait quant à elle à la mode antique (les Romains occupèrent le Maroc entre le IIe et le VIe siècles).

Découvrir Taroudant

Les visiteurs qui s'arrêteront à Taroudant apprécieront certainement de trouver la ville moins envahie de touristes que bien d'autres au Maroc et de pouvoir ainsi entrer davantage au cœur de la tradition locale.

Une visite idéale commencera par un tour des remparts (à faire en vélo ou en calèche). Au nord-est de la médina, une halte par la kasbah (ou casbah ) ou les parcs qui la jouxtent parfaira le circuit. Les jardins du Palais Salam (un hôtel aménagé dans l'enceinte de la kasbah) sont un véritable petit Eden, où siroter un thé à la menthe s'impose.

Certains Roudanis racontent que Jacques Chirac serait né à Taroudant. S'il est vrai que l'ancien Président de la République Française passait régulièrement ses congés au Maroc et a plus particulièrement succombé au charme de Taroudant, le lieu officiel de sa naissance est le 5e arrondissement de Paris.

Artisanat et tradition

Taroudant ne se visite pas sans un moment de flâneries sur le souk... les souks, plus précisément, car ils sont plusieurs.

L'entrée du Jnane al-Jaamia (marché municipal) se fait depuis la place An-Nasr. Au cœur de ce souk berbère se succèdent des échoppes colorées (vêtements, travaux de menuiserie, poteries, épices, herboristeries...), dans un dédale de ruelles couvertes.

Le souk artisanal, entre les places Al-Alaouyine et An-Nasr (Assarag et Talmoklate en berbère), est réputé pour ses bijoux berbères en argent, ses tapis et ses sandales en cuir. On y trouve aussi des objets sculptés dans une pierre locale.

Un autre souk - aux animaux et aux fruits et légumes - se tient chaque lundi, à l'extérieur des remparts. Et pour les amateurs de cuir, des articles de qualité sont proposés au souk des tanneurs, situé du côté sud-ouest de Taroudant.

Autour de Taroudant

A une trentaine de kilomètres de Taroudant s'étend une grande palmeraie, irriguée par l'eau de source des montagnes proches (chaîne du Haut-Atlas). L'endroit fut rendu célèbre par le film «Ali Baba et les quarante voleurs», tourné sur place avec Fernandel. Il est surplombé par l'ancienne kasbah du pacha.

La ville de Taroudant étant placée sur le circuit des agadir (des greniers fortifiés datant du XVIe siècle), il ne faut pas quitter la région sans en avoir vu. Il disparaissent progressivement, rongés par le temps...

Liens utiles:

Site officiel de la province de Taroudant

Taroudant sur le site du Sud-Maroc

Sur le même sujet