Les grandes découvertes des XVe et XVIe siècles

Ces voyages d'exploration maritimes constituent un mouvement sans équivalent dans l'Histoire.
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Durant les années 1450, l’Europe connaît une importante croissance démographique; les dépenses des Etats et des princes augmentent, car les grandes monarchies absolutistes s'affirmant grâce à la mise en place d’une administration et d'un système fiscal modernes, leurs besoins monétaires sont de plus en plus importants. En 1492, l’Espagne achève sa Reconquista sur les musulmans, faisant souffler un esprit de conquête du christianisme.

Au milieu du XVe siècle, les techniques maritimes ont progressé. Parmi elles, la caravelle (mise au point dans les années 1420-1440, et qui est le bateau des grandes découvertes); la boussole; l’astrolabe (qui sert à connaître la position des navires, en latitude); le portulan (carte maritime). Enfin, et ce qui est peut être le plus important, le commerce des épices, venant d’Inde et d’Arabie, est perturbé par la présence des musulmans en Méditerranée. Or, ce sont des produits luxueux à l’époque, leur commerce est très rémunérateur et attise les convoitises. Dans ce domaine, ce sont Venise et Gênes qui détiennent le monopole de leur diffusion en Europe. Ce sont toutes ces raisons qui sont à l’origine des projets de voyage des explorateurs aux XVe et XVIe siècles.

L’Espagne et le Portugal: chefs de fil

Henri le Navigateur (1394-1460) est le premier des grands explorateurs. Son projet est de longer les côtes de l’Afrique et de contourner le continent afin d’atteindre l’Inde. Les souverains portugais l’aident à le concrétiser. En 1487, le cap de Bonne Espérance est franchi.

Christophe Colomb (1451-1506), est un marin génois expérimenté et autodidacte. Il a pour but d’arriver en Inde par la route de l’ouest. Il propose ses service à plusieurs souverains européens, qui refusent. En 1492, les rois catholiques: Ferdinand d’Aragon Isabelle de Castille acceptent. Colomb obtient les titres d’amiral, et de vice-roi des terres qui sont à découvrir. Les souverains se réservent le quinto (un cinquième des produits qui seront importés en Europe). A bord de la célèbre Santa Maria , Colomb atteint les Bahamas le 12 octobre 1492, alors qu’il pense être en Inde, ou au Japon (à l’époque, une partie de l’empire du Grand Khan). Il découvre par la suite Cuba, Saint-Domingue, mais ne trouve ni richesses minières, ni épices. En 1493, il repart et découvre la Guadeloupe, la Jamaïque, et Porto Rico. En 1498-1500, le Venezuela, l’île de la Trinité sont découverts. Enfin, en 1502-1504, lors de son dernier voyage, il découvre la Martinique, et longe les côtes de l’Amérique centrale…

Cependant, c’est Amerigo Vespucci (1454-1512), marin florentin au service du Portugal, qui comprend que les terres découvertes font partie d’un continent nouveau, lorsqu’il longe le Brésil en 1501-1502. C’est pourquoi le continent américain porte son nom. Les Portugais ne souhaitent pas être en reste, et Vasco de Gama (1469/1524), atteint Calicut (la porte des épices) en 1498. Or, les Portugais se retrouvent en concurrence avec les musulmans, qui commercent depuis longtemps déjà dans l’océan Indien. Pedro Alvares Cabral (1467/1520), qui était à l’origine chargé d’aller en Inde pour commercer, se retrouve (pour des raisons inconnues) à longer et explorer le Brésil en 1500.

Quant à Magellan (1480/1521), franchit le détroit qui porte désormais son nom (à la pointe sud de l'Amérique), en 1520. En effet, il est chargé d’arriver aux Indes par l’ouest, et en 1521 il atteint les Philippines. Son voyage prouve que la Terre est ronde.

Le partage du monde

Le Portugal et l’Espagne s’en remettent à l’arbitrage du Pape pour se répartir les terres découvertes. En 1494, par le traité de Tordesillas, Alexandre VI partage l’océan Atlantique en deux parties: à l’ouest de la ligne imaginaire se trouvent les possessions espagnoles, et à l’est les possessions portugaises. Or, en 1529, le Brésil revient finalement au Portugal. Ce dernier entre en contact avec la Chine en 1530. Cependant, l’empire portugais est fragile, il n’est constitué que de quelques comptoirs commerciaux. Tandis que la Nouvelle-Espagne (Amérique centrale et du sud) est source de richesses. En effet, à la suite de Colomb, les conquistadores sont partis à la conquête des empires maya et inca, et ont exploité les mines d’or et d’argent. L’afflux de ces métaux alimentent l’Europe, et est à l’origine du «siècle d’or espagnol» (1492-1648 environ).

L’Europe du Nord exclut du «testament d’Adam»

Les pays du nord de l’Europe, et notamment leurs marchand, nourrissent des appétits de richesses et de souveraineté, au même titre que les pays ibériques. Ils souhaitent arriver en Inde en contournant le continent américain par le nord. Jacques Cartier (1491-1557), envoyé par François Ier, explore le Saint Laurent de 1534 à 1541 (fleuve d‘Amérique du Nord). En 1556 et en 1565, il commande des expéditions respectivement en Floride, puis au Brésil, qui sont des échecs. Les Anglais Raleigh (1552/1618) et Drake (1540-1596), envoyé par la reine Elizabeth Ière, se contentent de capturer des navires espagnols. Enfin, dès 1620, les Portugais sont définitivement chassés d’Inde par les Hollandais.

Les prémices de la mondialisation?

Les grandes découvertes ont permis la conquête du monde par l’Occident, et le désenclavement de l’Europe. Quant aux populations précolombiennes, victimes du choc microbien et de la violence des conquistadores, elles ont vu leurs civilisations s’effondrer. Pour pallier à l’hécatombe des Indiens, les européens sont aller chercher des captifs africains, et les ont fait travailler sur les exploitations et dans les mines.

Source:

  • Michel Cassan, L’Europe au XVIe siècle , Armand Colin, 2008.

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