Olympe de Gouges: une féministe au temps de la Révolution

Marie Olympe de Gouge a lutté toute sa vie pour les droits de la femme, des noirs, et de tous les laissés pour compte de la société en général.
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Olympe de Gouge naît en 1748, à Montauban. Elle est issue d’une famille bourgeoise. Son «père officiel» ne la reconnaît pas à sa naissance (des rumeurs affirment qu'elle serait la fille d‘un autre homme). A dix-huit ans, sa famille la marie contre sa volonté à un traiteur parisien. Après la mort de son mari, en 1765, elle élève seule son fils Pierre, âgé de quelques mois. Elle ne voulût jamais se remarier. C'est à cette époque qu'elle ajoute une particule à son nom: Gouges ou Gouze. Au début des années 1770, elle monte à Paris. Elle entretient une liaison avec un haut fonctionnaire de la marine; et grâce à son appui financier, elle mène une vie bourgeoise.

L’auteur engagé

A Paris, Olympe fréquente les salons. Elle crée sa propre troupe de théâtre et écrit des pièces à vocation politique. Ici, on peut citer L’Esclavages des Noirs , aussi appelée Zamore et Mirza (1785). Dans cette pièce, elle dénonce le sort des esclaves des colonies. Il faudra du temps avant qu’elle ne soit acceptée par le Théâtre français. Olympe est d’ailleurs envoyée à la Bastille pour cela, sa pièce est retirée du répertoire du Théâtre, et celle-ci ne sera jouée qu’en 1789.

La révolutionnaire

En 1788, elle est membre de la Société des Amis des Noirs. La même année, le Journal général de France publie ses deux brochures politiques: sa «Lettre au peuple», dans laquelle elle expose l’idée d’un impôt patriotique; et «Les Remarques patriotiques» qui proposent un programme de réformes sociales. En 1792, elle rejoint le club des Girondins (de sensibilité républicaine, siègeant à l’Assemblée Constituante). Olympe s'oppose à l'exécution de Louis XVI (1793). Elle demande des droits politiques pour les femmes. Elle obtient que celles-ci puissent assister à la commémoration de la prise de la Bastille le 14 juillet 1792. Elle milite aussi pour le droit au divorce, la libre recherche de la paternité, le contrat civil (en remplacement du mariage religieux, qui prend en compte les enfants naturels). Elle théorise le système de protection maternelle et infantile (qui est en vigueur de nos jours), souhaite la création de maternités, d’ateliers nationaux pour les chômeurs, et de foyers pour les mendiants. Son écrit le plus célèbre reste sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), calquée sur celle de 1789.

Une femme qui dérange

Olympe dénonce les atrocités commises par les révolutionnaires du 2 au 6 ou 7 septembre 1792 (ils massacrent les inculpés des prisons parisiennes). D’autre part, elle accuse Robespierre d’aspirer à la dictature, et dénonce la Terreur. Elle est accusée de rédiger des écrits remettant en cause le principe républicain, et elle est inculpée par le tribunal révolutionnaire à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Lors de son jugement, elle est privée d’avocats et condamnée à la peine de mort. Elle déclare alors être enceinte, ce qui se révélera faux. Elle est guillotinée le 2 novembre 1793. Son fils, alors adjudant général, la renie publiquement, par crainte d’être inquiété. Jusqu'au XXe siècle, Olympes est dénigrée, est l’objet de préjugés, par les écrivains et les historiens; qui la considérait entre autre comme une illettrée. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre Mondiale qu’elle est «réhabilitée».

Source:

  • Sophie Mousset, Olympe de Gouges et les droits de la femme , Le Félin, 2003.

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