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C. DUMONT

Publié dans : Les articles Cuisine & Saveurs de C. Dumont

Origine et histoire du croissant, des légendes croustillantes...

Quoi de mieux qu'un bon croissant au beurre, croquant, dégusté chaud, pour enchanter nos matins et nos croissants party? D'où vient le croissant?

Cette viennoiserie que tout le monde connait bien, nous vient d'Autriche. Saviez-vous que le fameux croissant fait l'objet d'un concours annuel, où sont récompensés ouvriers boulangers et artisans boulangers? Profitons de cet évènement pour féliciter les heureux gagnants et connaître les histoires et légendes liées à l'invention du croissant.

Le 13ème concours francilien du meilleur croissant au beurre AOP Charentes-Poitou

Ce concours s’est déroulé à l'Ecole de Paris des Métiers de la Table, du Tourisme et Hôtellerie (EPMTTH). La remise des prix a eu lieu sur le Parvis de Notre Dame de Paris le 10 mai, dans le cadre de la 18ème édition de la fête du pain 2013 (du 13 au 19 mai dans toute la France).

Histoire du croissant et légendes

D'origine Autrichienne, sa petite histoire d’amour est pourtant liée à des souvenirs de batailles.

Cela se passe à l’époque où les Turcs tentaient d’envahir l’Europe. Au XVII siècle, les Turcs tentèrent pour la deuxième fois d’assiéger Vienne, par ruse. Ils creusèrent un souterrain les menant à la ville de Vienne afin de l’envahir en toute discrétion. Ils opéraient la nuit pour éviter que l’on remarque leur entreprise…

Une nuit, un boulanger de Vienne en train de pétrir entendit le bruit des pioches. Du léger bruit provenant de sa cave, il perçut des vibrations, puis des secousses. Il songea qu’elles provenaient du bruit lointain des canons. Mais lorsqu’il mit son oreille contre le sol, il entendit distinctement le bruit de pioches. Il pensa aussitôt que l’ennemi creusaient un souterrain et alerta le général de l’armée. L’armée autrichienne se mit à pied d’œuvre pour contrer l’agresseur et dérouta l’ennemi. L’empereur d’Autriche voulu remercier le boulanger viennois et lui demanda ce qu’il souhaitait comme récompense.

A cela il répondit à son empereur qu’il désirait avoir le privilège, pour lui et ses descendants, de fabriquer des petits pains en forme de croissants, souvenirs de la victoire autrichienne sur les Turcs. L’empereur lui accorda son souhait, ainsi que le droit de porter l’épée.

Voici une des versions de la légende du croissant… Une autre, nous raconte que l’inventeur du croissant était un boulanger viennois nommé Pierre Weidler. Ce maître boulanger eut l’idée de donner la forme du croissant à une nouvelle pâtisserie en souvenir de la délivrance de Vienne. Tout le monde se pressait alors d’aller lui acheter ce que l’on appelait alors les demi-lunes. Les croissants étaient également nommés lunes ou cornets. Cette création eut un effet distinguant la corporation des boulangers de Vienne, car l’empereur leur permit de mettre sur leur drapeau l’aigle double du Royaume.

Les ouvriers boulangers obtinrent alors le droit d’organiser un grand cortège orné de drapeaux chaque mardi de Pâques, dans toutes les villes d’Allemagne disposant de corporations. Les apprentis défilaient ainsi avec leurs drapeaux sous fond de musique turque. Les fils des maitres boulangers étaient coiffés de chapeaux à trois coins ornés de panaches blancs et d’un bouquet fait de fils d’or. Leurs habits caractéristiques consistaient en des justaucorps de couleurs violette, complétés de pardessus blanc. Le cortège s’arrêtait devant chaque boulanger membre de la corporation, saluait au drapeau, puis ses membres buvaient à la santé de maitre Weidler. Trois saluts aux drapeaux étaient fait devant la maison du patron, celle du bourgmestre, sur la place publique et devant les appartements de l’empereur. La fête qui durait plusieurs heures de défilé avec la foule, se terminait à l’auberge pour un festin solennel. Cette fête prit fin en 1800. Durant les processions de la fête Dieu, le drapeau mesurant 3 m2 à la hampe courte était porté par deux hommes, escortés de 20 boulangers maintenus par des bâtons.

L'arrivée du croissant en France selon Jim Chevalier

L’auteur du livre August Zang and the French Croissant (2nd edition), a mené des recherches sur l’histoire du croissant. Jim Chevalier met en exergue la relation entre le croissant et le kipfel viennois. Pour lui, c’est un boulanger viennois nommé August Zang qui serait à l’origine de son introduction en France, à Paris. Cet officier d’artillerie autrichienne fonda une viennoiserie à Paris dans les années 1839/40. Dans les étals de la boulangerie, on trouvait alors le kipfel et le pain de Vienne. Au fil des siècles, il est devenu le croissant emblématique de la France, un symbole de tradition et de culture française.

Le croissant et Marie-Antoinette, reine de France

L’auteur évoque aussi la malheureuse phrase que l’on attribue à Marie-Antoinette « qu’ils mangent de la brioche ». Rien toutefois ne prouve qu’elle ait eu ces mots malheureux, écrits par Jean-Jacques Rousseau, dans son livre VI des confessions.

Pour Jim Chevalier, si le petit pain brioché kipfel (ancêtre du croissant) faisait partie du petit déjeuner usuel de l’enfance de la reine ; ce n’est pas cette reine si élégante et glamour qui introduisit les viennoiseries en France, mais bien August Zang.

A lire:

Recette: croissants au beurre pour petit-déjeuner ou en-cas salé et croissants party

Sources:

Journal le meunier, 1898

Chevalier Jim, August Zang and the French Croissant (2nd edition), ebook, 2009

À propos de l'auteur

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C. DUMONT

Diplômée de l'enseignement supérieur.
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