Origine, traditions, coutumes & dictons de la Sainte-Catherine

La fête de Sainte-Catherine est destinée aux filles, tandis que la Saint-Nicolas est considérée à la fois la fête des garçons et des enfants en Lorraine.
20 Nov
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Le 25 novembre de chaque année, on célèbre la sainte Catherine, une fête dédiée aux jeunes filles restant à marier. Populaire dans la France entière, elle l'était encore plus en région champenoise. Catherine d'Alexandrie est la patronne des filles célibataires, entre autres nombreuses corporations. Le jour des Catherinettes, les filles encore célibataires se coiffent d'un chapeau fabriqué spécialement pour l'occasion et font la fête entre elles. Le chapeau est souvent extravagant et représentatif de celle qui le porte.

Origine & histoire du culte de sainte Catherine

Issue d'une famille royale d'Alexandrie (Egypte), cette jeune femme était une savante en sciences humaines. Elle combinait à la fois érudition, vertu, sainteté et grande foi chrétienne. Sainte Catherine d'Alexandrie fut décapitée en 307, pour avoir refusé d'épouser l'empereur romain Maximien, ennemi sans pitié des chrétiens.

On dit qu'avant la révolution, une église de Saint-Jean située au bourg de Verlus en Marne possédait les reliques de la sainte. L'abbé Dumax situe les reliques à Rouen, elles auraient été déposées par le moine Siméon revenant du Sinaï. Dans les écrits anciens, on apprend que sainte Catherine fut une des voix qu'entendit Jeanne d'Arc la pucelle. Ce sont en effet, saint Michel, sainte Elisabeth et sainte Catherine qui lui auraient annoncé, dans son exaltation religieuse, la volonté de Dieu. Dans la région de Metz, la vierge Barbe (4 décembre) est parfois assimilée à la vierge Catherine du 25 novembre.

Les coutumes insolites des régions à la Sainte-Catherine

En champagne, le 25 novembre, les petites filles se rendaient de porte en porte dans le village. L'une d'elle était élue reine ou Catherinette. Elle était habillée de blanc et portait une quenouillette agrémentée d'une pomme vermeille. Ce costume symbolisait le personnage de la sainte. Son rôle consistait à entonner une chanson, reprise en coeur par les autres petites filles. En échange, elles recevaient des offrandes pour leur dîner de la Sainte-Catherine.

A l'occasion de la Sainte-Catherine, il était de coutume dans certaines régions que les parents offrent un vêtement ou un autre objet très utile.

Les enfants n'ayant pas fait leur première communion, fabriquaient des petits bouquets de chrysanthèmes, pour ensuite les offrir aux jeunes filles. C'était une façon de leur souhaiter une bonne fête et de recevoir en récompense un petit sou.

Superstitions & légendes liées à la Sainte-Catherine

Les jeunes filles désiraient avant tout éviter de "coiffer Sainte-Catherine". Aussi dans la région d'Ormes, les jeunes filles venaient prier, dans la nuit du 31 décembre au 1er de l'an, au coup de minuit, sainte Turlurette. La statuette était située sur la façade d'une maison du village. Elles invoquaient la sainte, en répétant trois fois: "Sainte Turlurette, mariez-moi, je suis prête! ".

A vingt cinq ans, les filles célibataires devaient piquer vingt-cinq épingles dans la coiffe de la sainte. Les années suivantes, elles piquaient une autre épingle, ainsi de suite, jusqu'à la trentième. A l'époque, les filles de trente ans étaient considérées trop vieilles pour se marier. Alors pour se donner toutes les chances de se marier, elles conservaient la trentième épingle pour déclarer: "voyez mon coeur est encore jeune ; je n'ai pas encore piqué toutes mes épingles à la coiffe de sainte Catherine".

Formules magiques & augures de la coccinelle aux Catherinettes

Dans de nombreuses régions de France et de Wallonie, les jeunes filles considèrent le vol de la coccinelle comme un augure. En Provence, l'insecte étaient nommée Catharinetto, ainsi les jeunes filles récitaient en relâchant la coccinelle dans son vol "Catharinetto, gido-mi mounte passarai - Quand mi maridarai?" Autrement dit: "Catherinette, dis-moi où je passerai -Quand je me marierai?" L'augure était favorable si la coccinelle se dirigeait vers un jeune homme, ce qui signifiait alors qu'un mariage très prochain aurait lieu. Si par malheur, la coccinelle (bête à bon Dieu) se dirigeait vers une église ou une chapelle, on disait alors à la jeune fille "tu te feras religieuse".

Cette relation entre la coccinelle et la destinée des jeunes filles relative au mariage se retrouve en Côte-d'Or, en Moselle, en Auvergne, en Poitou, en Cévennes, en Wallonie. Chaque région avait alors ses formules magiques pour interroger la coccinelle sur un mariage possible et sur son lieu. Les jeunes filles de Vendée récitaient ce couplet: "'vole, vole, Ma petite Nicole, De quel coûté me marierai-z-y?".

Dans la région d'Aix en Provence, la consultation de la catherinette consistait à placer dans la main la "bête à bon Dieu", puis à fermer un instant sa main. La jeune fille ayant au préalable affecté à l'un de ses cinq doigts son prétendant. Si lorsque la Catherinette rouvrait la main, la coccinelle se plaçait sur le doigt du prétendu, alors le mariage était certain.

Dictons & proverbes de la Sainte-Catherine (faune et agricole)

  • Si l'on marche sur la queue d'un chat, on reste sept ans vieille fille et l'on coiffe la Sainte-Catherine.
  • Les laitues d'hiver, pour réussir, doivent être piquées le jour de la Sainte-Catherine.
  • Semer les petits pois le jour de la Sainte-Catherine, avant midi ; sinon, le soir, les souris et les chouettes arracheraient la semence de terre.
  • Il faut semer les petits pois à la Sainte-Catherine afin qu'ils ne gèlent pas.
  • S'il ne gèle pas le jour de la Sainte-Catherine, les légumes ne gèleront pas de tout l'hiver.
  • Eviter de faire les semailles de blé le jour de la Sainte-Catherine, il gèlerait.

Des idées de décoration pour chapeaux de Catherinette

La tradition des Catherinettes perdure encore en Belgique, Canada et en France, encore de nos jours. Vous pouvez trouver une source d'inspiration pour créer votre propre chapeau pour la Sainte-Catherine en opérant cette recherche. Le bonnet des couturières Catherinette était de trois couleurs, blanc comme la pure sainte Catherine, vert et jaune.

Source:

Abbé V. Dumax, Sainte Catherine, patronne des jeunes filles, R. Haton (Paris), 1883

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