Antéchrista d'Amélie Nothomb

Amélie Nothomb trace le portrait de deux jeunes filles diamétralement opposées avec un style d'écriture à la fois simple et incisif.
15

Amélie Nothomb, écrivaine Belge, née le 13 août 1967, est issue d’une famille aisée dont le père est ambassadeur. De ce fait, elle voyage beaucoup.

Née au Japon, elle garde un attachement à ce Pays et à sa culture qui se ressent dans ses écrits.

Les romans qui ont fait son succès :

  • " Hygiène de l’assassin ", en 1992 (en version manuscrite ICI ),
  • "Stupeur et tremblements", en 1999, qui obtient le grand prix de l’Académie française.

Citation de cette dernière :

" il est bien plus divertissant d’être ennuyeux que d’être intéressant ".

Amélie aime pousser à réagir. Est-elle un peu l’un et l’autre des personnages qu’elle nous décrit dans son livre ? Seule elle-même ou un proche pourrait nous répondre. D’ailleurs tout auteur ne se sent-il pas un peu dans la peau de chacun de ses personnages ? n’y mêle-t-il pas ses angoisses, ses questionnements, ses désirs ?

Ce qui est certain c’est qu’elle effectue une analyse des comportements et de la société de façon très intelligente.

Le roman : Antéchrista

Quand Blanche rencontre Christa à l’université, celle-ci est, comme tous ceux qui l’aperçoivent, sous le charme de cet être rayonnant, souriant, sympathique.

Lorsque en plus cette dernière l’approche, elle, l’anonyme, le fantôme, celle que personne ne remarque jamais, Blanche sent la joie l’envahir à un point inégalé : une amie, enfin, peut-être, elle aurait.

Toutes deux du même âge au milieu de la foule…oui mais Christa elle s’était adaptée. Elle avait déjà des amis. Alors pourquoi cet intérêt soudain pour elle, la moins que rien ?

C’est ce qu’Amélie Nothomb nous narre de façon subtile. D’un côté le caractère timide, réservé, solitaire de Blanche, préférant ses livres et sa chambre, vide de toute appartenance à ce monde adolescent, de l’autre, Christa, branchée, qui sort, qui aime, qui joue, qui séduit.

L’une introvertie, l’autre extravertie, l’une à l’écoute, l’autre bavarde écoutant le son de sa propre voix, l’une analysant chaque parole, chaque acte de façon critique, l’autre critiquant chaque parole, chaque acte de façon systématique et cruelle, l’une se "flagellant mentalement", l’autre se vénérant.

Laquelle des deux aura le dessus sur l’autre ? Christa peut-elle être l’amie de quelqu’un ? Comment ses deux êtres vont-ils réussir à se supporter ? Pourquoi le roman se nomme-t-il Antéchrista et non Christa ?

Autant de choses à découvrir en lisant se roman mais surtout savourer le style de l’auteure. Cette façon bien à elle de faire peser chaque mot comme s’il était du plomb… plomb dont aurait peut-être besoin la cervelle de Christa ?

Avis sur d’autres livres d’Amélie Nothomb

Ni d’Eve ni d’Adam

Stupeur et tremblements

péplum

Acide Sulfurique

Attentat

Sur le même sujet