Un aller simple de Didier Cauwelaert

Aziz, né en France, "recueilli" par des Tsiganes, arrêté avec son faux passeport marocain doit être reconduit au Maroc.
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Quand la destinée nous entraîne malgré nous, que les évènements s’enchaînent sans que nous n’y puissions rien : telle est l’histoire d’Aziz, né en France, "recueilli" par des Tsiganes, arrêté avec son faux passeport marocain pour être reconduit au Maroc.

Didier Cauwelaert nous offre un roman dans lequel s’enchaînent les évènements pour Aziz, enlevé "par erreur" par les Tsiganes lorsqu’il était enfant alors qu’il se trouvait dans une Ami 6 que ces derniers souhaitaient "utiliser".

Le roman de Didier Cauwelaert, un aller simple , a été publié et a obtenu le prix Goncourt en 1994. Il a ensuite été adapté au cinéma en 2001.

D’autres romans de Didier Cauwelaert : le journal intime d'un arbre, l’éducation d’une fée, les témoins de la mariée, double identité, la maison des lumières, la fin du monde tombe un jeudi, la nuit dernière au XVème siècle, l'enfant qui venait d'un livre, le père adopté …

Aziz : "le fils des Tsiganes" ou "le gadjo" ?

Aziz Kemal, c’est le prénom qui lui est donné sur ses faux papiers marocains. Son métier ? il travaille dans les autoradios. Son quartier : Vallon-fleuri à Marseille.

Romantique, Aziz tombe amoureux de Lila, déjà promise à Rajko, à laquelle il réussit néanmoins à se fiancer après le décès du prétendant.

Mais le frère de Lila ne laissera pas sa sœur se marier avec un "gadjo". La police débarque et Aziz est conduit au commissariat.

Plus de Lila, plus de Tziganes. Lui, le fils de personne, adopté, rejeté, se sent vide.

Heureusement il connait Pignol, un camarade d’école, enfin le peu de temps où il a pu y aller, sans devoir la quitter à regret.

Pignol, il l’aime bien Aziz et il trouve que c’est vache ce qui lui arrive. Il sait qu’Aziz au fond est un bon gars, que s’il vole c’est parce qu’il y est contraint.

Aziz : "le Marocain rapatrié"

Mais Aziz fait désormais parti d’un programme de rapatriement et va être reconduit dans son Pays "d’origine". Une deuxième vie va commencer. Aziz tente de savoir à quoi peut bien ressembler ce Pays d’origine. A l’école il aimait beaucoup l’histoire géo, il était doué.

Il va se révéler également doué pour raconter des histoires face à son attaché humanitaire, apparemment froid, distant, crispé, qu’il découvrira finalement chaleureux, amical, triste et mal aimé.

Il finira presque par se dire que lui, Aziz, a de la chance dans son parcours par rapport à Jean-Pierre Schneider, qui, certes, doit bien gagner sa vie, certes, est bien habillé et est respecté, mais a l’air si mal au plus profond de lui.

Aziz : "le psychologue romancier"

Aziz est fin psychologue. Il sait soigner les âmes blessées. Il prend sous son aile son attaché humanitaire et inverse les rôles. Il se doit de l’aider.

Le petit gars de Marseille s’invente un point de chute, un lieu de naissance : Irghiz.

Ca sonne bien Irghiz, dans l’Atlas.

Il imagine. Il raconte.

Son ami attaché se met à rêver et ensemble ils vont être enchaînés à ce rêve et construire une amitié insolite mais pourtant bien réelle, vivre une forte complicité, entre regards, inventions , émotions.


Autre avis livre de Didier Cauwelaert :

- " l'éducation d'une fée ".

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