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CHRISTINE DUSSAUSSOIS

Publié dans : Les articles Culture de christine dussaussois

La version 2012 des « Hauts de Hurlevent » sur les écrans

Le grand classique littéraire "Les Hauts de Hurlevent" (1847) d' Emilie Brontë, fait l'objet d'une nouvelle adaptation au cinéma, signée Andrea Arnold

Le célèbre classique a déjà été adapté à de nombreuses reprises au cinéma, au moins une dizaine de fois, la première date des années 20 et la dernière en décembre 2012.

Des adaptations pour la plupart décevantes pour ne pas dire ratées.

  • La version 1939 en noir et blanc est sans doute celle qui reste le plus dans les mémoires, filmée par William Wyler avec Laurence Olivier et Merle Oberon. Et même s’il ne représente que 16 chapitres sur les 34 du livre (ainsi, la seconde génération des personnages est éliminée), il n’empêche qu’il a été nommé 8 fois aux Oscars 1940 et a remporté celui de la meilleure photographie noir et blanc ainsi que le «New York Critics Award » du meilleur film de 1939. En 2007, cette version a été sélectionnée par le National Film Registry des Etats Unis pour être préservée, car « culturellement historiquement et esthétiquement signifiant ».
  • En 1992, le film de Peter Kosminsky avec Juliette Binoche et Ralph Fiennes a su émouvoir par le jeu des acteurs, même s’il n'échappe pas à certains écueils : une durée trop courte qui n’a pas permis au réalisateur de raconter tout le roman, se contentant de choisir des scènes sur deux périodes différentes. Cela donne donc un rythme trop rapide et un côté un peu superficiel. Beaucoup de caractères et de relations ne sont qu'effleurés. Cependant, et malgré un choix scénaristique risqué, le film sait restituer l'ambiance du roman. L'atmosphère pesante de Hurlevent, la beauté âpre et sauvage de la lande… Et puis c'est le choix des acteurs qui séduit avant toute chose. Ralph Fiennes campe un Heathcliff sombre et torturé à souhait, passionné, sauvage et brutal, et pourtant émouvant dès qu'il est près de sa bien-aimée. Juliette Binoche est un peu moins sauvage que la Cathy du roman, tout comme Heathcliff est moins cruel dans le film, mais ce qui passe très bien à l'écrit, peut s'avérer caricatural et grotesque à l'écran.
Le chef d’œuvre d’Emily Brontë a aussi inspiré des tas d’adaptations, poèmes, opéras, ballets, mangas, chansons… dont le célèbre « Wuthering heights" de Kate Bush.

L’essence de l’œuvre d’Emily Brontë, dans la version 2012 d’Andrea Arnold

Jusqu’alors cantonnée dans le cinéma à vocation sociale, la réalisatrice Andrea Arnold a conquis le public avec l’extrême finesse de ses deux premiers longs-métrages « Red road » et « Fish Tank » qui a obtenu le prix du Jury 2009 à Cannes.

Avec « Wuthering heights » Andrea Arnold, revient aux grands fondamentaux du romantisme anglais. Splendidement filmé, dans les landes brumeuses et frustes du nord du Yorkshire, le film revient – du moins dans l’esprit – à l’essence de l’œuvre d’Emily Brontë.

En Angleterre au XIXe siècle, Heathcliff, un enfant vagabond est recueilli par M. Earnshaw qui vit seul avec ses deux enfants, Hindley et Cathy, dans une ferme isolée. Heathcliff est bientôt confronté aux violences de Hindley, jaloux de l’attention de son père pour cet étranger. Le jeune garçon devient le protégé de Cathy. A la mort de M. Earnshaw, Cathy est courtisée par le fils de riches voisins, laissant peu à peu Heathcliff à la merci de Hindley. A l’annonce du prochain mariage de Cathy, Heathcliff s’enfuit. L’attachement fraternel qu’il vouait à Cathy se transforme alors en un amour obsessionnel. Il revient quelques années plus tard, la passion plus conquérante et fragile que jamais, avec la détermination d’enlever Cathy à son mari. Brutalement, s’il le faut.

On connaît l’issue : les vertiges de cet amour trop grand transformeront nos amants en êtres dévastés. « Quand tu seras en paix, souffle Heathcliff à Catherine sur son lit de mort, je vivrai en enfer. » Catherine lui répond : « Je ne serai jamais en paix. ».

Aucune musique. Peu de place pour le verbe. La caméra d’Arnold scrute leurs regards, leurs peaux, leur sensualité animale. Se penche moins sur l’aspect historique d’un film en costumes que sur le noyau dur des âmes. De gros plans cherchent les visages et les corps. D’une profonde austérité, « Wuthering heights » qui offre le rôle principal de Heathcliff à deux acteurs noirs jusque-là inconnus (Solomon Glave, pour l’enfance, James Howson, pour l’âge adulte), distille quelque chose de simultanément froid et fiévreux.

Le moins que l’on puisse dire est que l’on ne sort pas indifférent de la salle obscure.

Infos pratiques :

· Réalisatrice : Andréa Arnold

· Acteurs : Nichola Burley, Kaya Scodelario, James Howson.

· Genre : Romance

· Nationalité : Britannique

· Sortie en salle : 5 décembre 2012.

Sources : Internet Google, Wikipédia, Site Cannes 2012, Journal La Croix.

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CHRISTINE DUSSAUSSOIS

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