user_images/258779_fr_img_1578.jpg

CHRISTINE DUSSAUSSOIS

Publié dans : Les articles Religions & Ésotérisme de christine dussaussois

Pratiques Vaudou au Bénin et en Afrique de l'Ouest

Entre danses et transes, au son des tambours qui appellent un dieu ancestral ... c'est l'heure du Vaudou.

La nuit est à peine tombée, dans cette région du Bénin, mais qu’importe, la différence avec le jour est juste l’absence de rayons de soleil… La température, elle, est la même aux environs de 28° mais l’humidité est à son paroxysme et frôle les 100%. Dans quelques instants, la nuit du Vaudou va commencer.

Rappelons la genèse de cette croyance à la fois religieuse, culturelle et philosophique qui provient des peuples du Benin, Togo, Ghana, Nigeria, issus de l’immigration et qui ont importé ce rite en Amérique, aux îles Caraïbes et surtout à Haïti, c’était au moment de la traite des noirs.

La pratique de cette cérémonie était interdite aux colons noirs qui l’effectuaient en secret, elle se caractérisait par des rites « d’incorporation » avec sacrifices d’animaux, pratiques de sorcellerie sur des poupées plantées d’épingles par exemple. Les participants ont par la suite intégré des rites de conception catholique, ils ont ainsi permis de rendre le Vaudou acceptable, c’est le Vaudou Chrétien.

Qu’est-ce-que le Vaudou

Le Vaudou ou Vodun : désigne des ancêtres divinisés et par extension, la culture ou la religion qui les honore.

  • Ces ancêtres divinisés sont bien souvent associés à la nature (animisme).
  • Il y a par exemple le Vodun de l’eau, de la terre.
  • Un Vodun utilise la foudre, l’autre le tonnerre, l’autre encore protège les chemins et les maisons.
Légba par exemple, est représenté par un phallus. Son effigie se rencontre aux croisées des chemins, il est le messager des autres dieux. Mais il est aussi susceptible, violent, rusé, grossier. Il est le gardien des temples, des maisons, des villes et de la terre.

Ces divinités se comptent par centaines et leur hiérarchie varie selon les lieux. Hors des cérémonies, ils sont vénérés par l’attribution d’offrandes.

Une cérémonie habituelle dans les années 2000

Il est 17h lorsque la cérémonie commence. Doucement, dans cette région du Bénin, les rayons du soleil faiblissent, dans quelques instants avec brutalité, la nuit succédera au jour qui durera 12 heures.

La même famille est réunie sur la place du village, non pas pour célébrer une naissance ou un décès, mais simplement pour honorer le « Vodun » auquel ils sont rattachés par leurs origines. Ils sont entourés de prêtres et d’amis proches, l’assistance est tout de même composée de 80% de membres de la même famille. Les patriarches ont droit à des sièges, les autres sont posés un peu au hasard à même le sol. Et les tambours lancinants commencent à couvrir les bruits de la forêt proche, à leur rythme ils parlent au Vodun, qui appelle l’ancêtre divinisé à se manifester.

Les Voduns sont assimilés à des forces en provenance de la nature, des forces qu’il faut se concilier. Si on se les assujettit, la vie finit. L’homme s’intègre aux Dieux évoqués, grâce aux offrandes.

Les musiciens tout comme les participants s’échauffent, alcool et drogues y sont pour quelque chose. Chaque cérémonie est unique mais un lien les unit, celui de la nature la spiritualité qui les élève vers le créateur de l’univers.

Dans la moiteur de la nuit telle une caresse vénéneuse, quelques participants chantonnent des contes retraçant leurs racines… blottis sur le sol, ils savent qu’ils appartiennent à une grande famille en osmose avec l’univers.

quelles sont loin les histoires de sorcellerie, de messes noires Vaudou de la légende !

Selon la tradition africaine, les divinités n’existent que si on les honore régulièrement.

Dans ce petit village de Sakété au Benin , de vieilles femmes chantent en chœur en l’honneur de « Oshumaré » l’arc en ciel, alors que les tambours les accompagnent dans le même phrasé.

Puis vient le moment des offrandes, petits pains de farine, un morceau de « baguette » bien française, quelques poulets, et un cabri. Le sacrifice est alors fait dans un silence glacial, sans souffrance pour l’animal, qui est respecté, et sans effet spectaculaire.

Ce soir il n’y aura pas de personne en transe qui attrapera le cabri à pleine dent en son centre là où la plaie est béante, mais il y aura une jeune initiée se sauvant à quatre pattes imitant le cabri encore vivant et tombant ensuite en catalepsie. Une réaction tout à fait normale, indique le prêtre, cela indique que le sacrifice a été accepté et que le «Vodun » est entré en elle.

Les tambours déclenchent alors une sorte de jouissance dans la foule, et les cris de joie retentissent. La jeune fille est emmenée dans une maison où on lui donne tous les atours du Vodun, représentant les différents dieux, serpent pour l’Arc-en-ciel, tête de bélier pour la Foudre.

Pour être initié, il est primordial de faire partie de la descendance du dieu honoré. L’initiation se passe dans les « couvents » où les novices apprennent à danser au rythme des tambours, à parler la langue du culte, à prier, à connaître toutes les particularités de leur dieu.Choisi lors d’une cérémonie par l’ancêtre lui-même, l’appelé à l’initiation (après une mort symbolique) entre au « couvent » qui s’appelle la maison des morts et va renaître à une nouvelle vie.

Durant des heures les tambours martèlent les sens, la fatigue est dépassée par la ferveur et la nuit renforce la puissance de l’émotion.

Puis la cérémonie terminée, chacun retourne à ses occupations, après un bon repos, mais tous resteront disponibles à l’appel de leur dieu et participeront à toutes les cérémonies. Ils seront alors prêts à se laisser chevaucher par leur dieu, prêts à entrer en transe pour que ce dieu puisse s’exprimer et toujours prêts à maintenir tendu le fil de la vie.

Sources – internet et inspiration du reportage réalisé par Bernard Desjeux

À propos de l'auteur

user_images/258779_fr_img_1578.jpg

CHRISTINE DUSSAUSSOIS

  • 37

    Articles
  • 12

    Séries
  • 0

    Abonnés
  • 0

    Abonnements

Poursuivez la discussion!