« Au pays du sang et du miel » Angelina Jolie fait son cinéma.

La belle Angelina, pour son premier film derrière la caméra, veut alerter sur les violences infligées aux civils pendant les guerres.

« La guerre de Bosnie » un conflit des plus meurtriers en Europe, depuis la dernière guerre mondiale, où le viol était affaire courante, utilisé comme arme de guerre, est la thématique difficile choisie par l’actrice, désormais réalisatrice.

A travers ce film à la fois intense et réaliste, sur la guerre de Bosnie, Angelina Jolie, femme très engagée empreinte d’un humanisme sincère, n’hésite pas à traiter un sujet tabou, celui des crimes sexuels à l’encontre des femmes. Aussi a-t-elle confié au journal « Elle » : « Ce film qui n’est pas une nouvelle étape dans ma carrière, est né d’une nécessité, d’une urgence, celle de raconter l’histoire d’un peuple dans la guerre. Comment la guerre change le destin de certains hommes et femmes ? »

Une première émouvante

Mardi 14 février, le film est sorti à Sarajevo, lors d’une première émouvante, devant près de 6000 spectateurs, dont de nombreuses victimes de guerre. Les yeux humides, la réalisatrice a déclaré en préambule « Je sais que ce film va raviver des souvenirs douloureux, j’espère qu’il vous rappellera aussi tout ce à quoi vous avez survécu ! » tout en ajoutant «Ce long métrage est dur, très dur, (en France il est interdit aux moins de 12 ans) mais il ne pouvait en être autrement ».

L’histoire se passe en 1992, dans la Bosnie-Herzégovine, Ajla une jeune peintre musulmane rencontre un policier serbe Danijel dans une boite de nuit, tout en dansant, ils flirtent jusqu’à ce qu’une bombe tombe sur l’établissement. Quelques mois plus tard, des militaires débarquent dans l’immeuble où vit Ajla, la jeune fille est emmenée dans un camp de femmes gardé par des combattants serbes. Parmi lesquels, se trouve Danijel, son flirt d'avant-guerre…

Toutes les horreurs de la guerre montrées de façon brutale

"La guerre n'a rien de romantique ni de sentimental: ce film est réellement violent et brutalement honnête", résume l'actrice principale Zana Marjanovic dans un entretien à quelques médias dont l'AFP. "Quand j'ai passé les auditions, je n'avais aucune idée de qui était derrière ce projet. A la lecture du script, je pensais à des Bosniaques, ou des étrangers ayant vécu en Bosnie", se souvient la jeune femme qui avait 8 ans quand la guerre a éclaté à Sarajevo.

Goran Kostic, qui incarne le jeune soldat tourmenté, est né et a grandi en Bosnie dans une famille de militaires serbes. Il venait de s'installer à Londres quand le conflit a éclaté. "A l'époque, j'ai eu cette option de ne pas choisir", explique-t-il. "Faire ce film, c'était pour moi prendre ma part du conflit", reconnaître que les "Musulmans de Bosnie ont souffert à cause de notre stupidité et faire face à cet héritage", complète l'acteur vu dans des séries comme "Band of Brothers".

Ambassadrice de bonne volonté pour l’ONU

Angelina Jolie est allée à Berlin, mais pas seulement pour le tapis rouge, ambassadrice de bonne volonté pour l'ONU auprès des réfugiés, elle a été reçue début février, par le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle. Elle devait participer peu après la projection, à un débat avec le public au côté de la réalisatrice bosniaque Jasmila Zbanic, Ours d'Or à la Berlinale 2006 pour "Grbavica - The Land of My Dreams".

"Au Pays du Sang et du Miel" est sorti le 22 février en France, puis progressivement il sera diffusé à travers toute l'Europe.

Sources :

journal « La Croix », journal « Elle », Internet.

Sur le même sujet