"The Lady" Aung San Suu Kyi mise à l'écran par Luc Besson

La vie de Aung San Suu Kyi célèbre opposante au régime de son pays, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1991, incarnée au cinéma par Michelle Yeoh

Beaucoup de réalisateurs auraient pu mettre à l’écran la vie de cette femme birmane, ancrée dans une tragique réalité politique et humaine. La fille du général Aung San, héros de l’indépendance birmane, assassiné en 1947, a elle-même un destin hors du commun.

Luc Besson, réalisateur du « Grand Bleu », du « 5ème Elément » ou encore des « Aventures d’Arthur dans le monde des Minimoys » s’est lancé, avec la réalisation de "The lady"* là où on ne l’attendait pas, loin des mises en scènes spectaculaires.

Luc Besson, toujours là où on ne l’attend pas

Aung San Suu Kyi ne céda jamais aux chantages des autorités du pays qui, durant son emprisonnement qui a tout de même duré 15 ans, lui ont toujours refusé la visite de sa famille, et particulièrement celle de son mari qui atteint d’un cancer décéda en 1999.

C’est cette partie de sa vie que le réalisateur a tenu à mettre en lumière, l’histoire d’amour entre Aung San Suu Kyi et son mari .

«… Sans lui, elle n’aurait jamais pu tenir comme elle l’a fait… Nous avons tous une notion égoïste de l’amour « je t’aime, donc tu m’appartiens… ». Cet homme aime jusqu’au bout, c'est-à-dire en ne souhaitant que le bonheur de la personne qui lui est chère» a-t-il confié récemment au quotidien « Le Parisien » auquel il a ajouté «être particulièrement touché par la force de l’opposante, sa tenue morale, sa définition de l’amour, de l’engagement... toutes ces choses basiques qui font de nous un être humain… Là, on a quelqu'un qui fait 50 kg et qui se bat avec la dignité pour seule arme."

Un sacrifice personnel et familial

Aung San Suu Kyi a épousé un universitaire britannique Michael Aris avec qui elle a eu deux enfants. Elle est surtout connue pour son engagement «corps et âme» dans sa lutte pour l’indépendance de son pays depuis 1988, elle avait alors 43 ans.

N’hésitant pas à quitter son confort occidental, Aung San Suu Kyi a participé à la fondation de la Ligue Nationale pour la Démocratie en Birmanie et a remporté (mais en vain) les élections générales organisées sous la pression du peuple en 1990. Quelques années, plus tard elle fut emprisonnée, et cela jusqu’en novembre 2010.

L’actrice Michelle Yeoh, une ressemblance troublante avec la dame birmane.

Et même si Arnaud Schwartz, dans le journal La Croix du 28 novembre 2011, affirme que «A trop tirer sur cette corde émotionnelle, allant parfois jusqu’au mélodrame, Luc Besson prend le risque de renvoyer au second plan la lutte politique contre le régime et pour la liberté, qu’il se contente d’illustrer par des gueules de « méchants » et la reconstitution d’épisodes marquants … ». Il n’empêche que le film porté par la comédienne de 49 ans, Michelle Yeoh dont la ressemblance est troublante avec l’héroïne, relate une belle histoire où l’amour pur est plus fort que la vie.

Une révélation pour Michelle Yeoh

L’actrice malaisienne, a porté elle-même le projet à Luc Besson, cherchant un producteur… finalement il l’a réalisé. Habitée physiquement et mentalement par le personnage, Michelle Yeoh, a effectivement perdu 6 kilos, elle a aussi visionné des reportages consacrés à Aung San Suu Kyi et lu ses livres.

Ne s’arrêtant pas, là, l’actrice a rencontré la leader de la LND, sur les tournages. Elles ont évoqué leurs familles, la Malaisie, la méditation… «C’est une personne très à l’écoute des autres, il émane d’elle une force incroyable. Comprendre pour moi la vérité intérieure de cette pacifiste passionnée et engagée a été une révélation et une illumination… ». A t’elle confié

Naturelle, Michelle Yeoh est tout sauf une diva. "Mon secret, c'est ma famille, qui me permet de garder les pieds sur terre et mes lectures." explique celle qui est la toute nouvelle égérie de la maison Guerlain.

L'actrice malaisienne s'investit également pour des causes humanitaires, comme le programme Road Safety (Sécurité routière) de l'ONU. "1,3 million de personnes meurent chaque année dans le monde. Le but de l’association est de sauver 5 millions de vies les dix prochaines années."

Ressemblance, conviction, conscience humanitaire et politique, Michelle Yeoh était décidément l'actrice prédestinée pour jouer Aung San Suu Kyi.

* "The Lady" était le surnom de de Aung San Suu Kyi. Prononcer son nom en Birmanie était interdit (l'est peut être encore...) alors tout le monde l'appelait "The Lady", La Dame

Sources :

Journal La Croix du 28 novembre 2011 – Arnaud Schwartz,

Journal « Le Parisien »

http://www.20minutes.fr/cinema/833364-michelle-yeoh

http://www.who.int/roadsafety/decade_of_action/fr/index.html

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