Un « Emploi d'avenir » Pourquoi pas ?

Le 13 septembre 2012, L'Assemblée Nationale a adopté le projet de loi concernant la création d'emplois d'avenir pour des jeunes pas ou peu qualifiés

Chaque année, environ 120.000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme. Moins du tiers d'entre eux trouvent rapidement un emploi durable. Le taux de chômage de ces jeunes, dans les quatre années suivant la fin de leurs études, dépasse 45 % , précise le projet de loi. « … Il y a un moment où c’est la désespérance totale pour les familles» a indiqué récemment, sur les ondes Michel Sapin.

150 000 emplois sur deux ans

C’est pour combattre ce « fléau » que le Gouvernement a présenté en conseil des ministres, le projet « Création des emplois d’avenir ». Le texte adopté le 13 septembre, sera examiné par le Sénat à la fin du mois de septembre avant d'être définitivement adopté.

Ces emplois d'avenir (contrat de trois ans) s’adressent à des jeunes :

  • ayant entre 16 et 25 ans, qui sont pas ou peu qualifiés,
  • qui viennent de zones urbaines, rurales défavorisées, ou d' outremer,
  • ainsi qu’à des handicapés peu qualifiés de moins de 30 ans en difficulté.

Enseignement : les futurs professeurs boursiers en 2e année de licence concernés.

L'enseignement, public et privé bénéficiera d’emplois d’avenir « professeur » toujours pour une durée de trois ans. Seront concernés les boursiers en 2e année de licence qui se destinent à passer un concours d’enseignant (condition sine qua non) mais leur travail ne pourra pas excéder un mi-temps.

En cumulant leur rémunération et leur bourse, ils disposeront d'un revenu moyen d'environ 900 euros, précise le projet de loi. Quelque 6.000 contrats de ce type pourraient être proposés l'an prochain, et jusqu'à 18.000 en 2015.

Les missions qui leur seront confiées se rapprocheront progressivement du métier d'enseignant. « Au bout de trois ans, les étudiants seront davantage en mesure d'assurer des fonctions pédagogiques, tout en étant accompagnés par un tuteur » , est-il précisé.

Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, soulignant "ne pas vouloir ranimer la guerre scolaire", a déclaré ne voir "aucune difficulté, ni juridique, ni philosophique" à cette ouverture aux établissements privés.

Priorité aux moins qualifiés

Dans ce texte de 25 pages, le gouvernement tente de convaincre que le dispositif constituera un vrai tremplin vers l'emploi. Il pourra prendre la forme d'un CDD ou d'un CDI. La subvention de l'Etat, elle, vaudra pour une durée comprise entre 1 et 3 ans.

  • Le temps de travail ne pourra en aucun cas être inférieur à un mi-temps.
  • Le dispositif s'adressera aux jeunes de 16 à 25 ans « sans qualification ou peu qualifiés".
  • Il concernera en priorité les habitants des zones urbaines sensibles (ZUS).
  • Ils bénéficieront donc à certains jeunes de 16 ou 17 ans, en « rupture avec le monde scolaire et pas encore pris en charge par le service public de l'emploi » .

Les entreprises pourront également y recourir

Contrairement aux innombrables emplois aidés mis en place, ces dernières années, par les différents gouvernements (emplois jeunes, travail d’utilité collective, contrat emplois solidarité, etc ….), les entreprises pourront également y recourir « si le dispositif n'est pas conçu en priorité pour elles, certaines d'entre elles « peuvent apporter une contribution originale et innovante entrant dans le cadre du dispositif » , a indiqué le gouvernement.

Leur taux de subvention, qui sera fixé par décret, sera moindre que celui des associations.

Des « garanties spécifiques » devront être apportées « pour éviter tout effet d'aubaine » , précise le texte, et les secteurs d'activité éligibles seront précisés également par décret.

Pas de formation ?

"Ce sera ouvert à tous mais avec une priorité pour les endroits où il y a le plus de chômage des jeunes", a expliqué le ministre de l'Emploi, Michel Sapin.

La nécessité d'accompagner les emplois d'avenir par une formation et un tutorat a été soulignée par les députés de toutes tendances.

Toutefois, la majorité socialiste s'est opposée à un amendement du Front de gauche fixant à 400 heures par an le temps obligatoire de formation dispensée aux jeunes en emplois d'avenir, de même qu'à un amendement centriste proposant 10 heures par semaine.

Les emplois jeunes, une réussite selon le bilan réalisé par la société Alternative Economie.

Parmi les personnes embauchées en emploi-jeune à la fin 1999 et restées en poste au moins deux ans :

  • 73,6% ont trouvé un emploi immédiatement après leur sortie du dispositif (dont les trois quarts en contrat à durée indéterminée)
  • 62,8% sont restées chez le même employeur, sur un contrat de droit commun, en stage ou sur un poste pérennisé.
  • 10,6% ont été recrutées par un autre employeur dix-huit mois plus tard.
  • 86,1% des jeunes passés par un emploi-jeune étaient en emploi (à 85,5% sur des CDI), alors que 9,9% d'entre eux se retrouvaient au chômage. Un chiffre à comparer au taux global de chômage des 15-29 ans, qui atteignait 17,3% en 2005, selon l'Insee. Petit bémol: les plus diplômés sont aussi ceux qui ont eu le plus de facilité à s'insérer sur le marché du travail à la suite de leur emploi-jeune.
http://www.alternatives-economiques.fr/emplois-jeunes---bilan-positif_fr_art_206_24245.html

Sources : www.gouvernement.fr/.../creation-des- emplois-d-a ..

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