La télé-réalité France 2: "la semaine où les femmes sont parties"

Le 8 mars 2011, journée de la femme, France 2 lance en prime-time son premier programme de télé-réalité: "La semaine où les femmes sont parties".

Ca y est c’est fait ! La télévision publique lance son premier programme de télé-réalité. Mais ici, pas de jeunes femmes blondes siliconées ou de maillots échancrés. On est plus proche du documentaire social: une sorte de grande expérience humaine dans le village de Montrésor en Indre-et-Loire.

L'origine du concept

Le concept canadien a d’abord été proposé à TF1 qui l’a refusé. Angela Lorente, responsable de la télé-réalité a confié: "C’est trop macho comme projet. J’ai dit non il y a deux ans, car il donne une image négative de la femme". Comme quoi, TF1 aussi a une morale. Il y a des choses que vraiment on ne peut pas montrer… Un mariage bidon, des bimbos sous la douche, des grossièretés, de l'ignorance, de la bêtise etc., oui! Mais là, on dépasse les bornes.

Certes, l’idée du programme n’est pas en faveur de l’émancipation féminine. Le test consiste à voir comment la gent masculine se débrouille pour gérer le quotidien, les tâches ménagères, la cuisine et l’éducation des enfants sans leurs épouses ou compagnes…

Le décor

Les femmes du village sont envoyées au Maroc pour une semaine de vacances, les hommes eux restent seuls. Véronique Mounier l’ancienne présentatrice de l’amour est dans le près sur M6 est chargée de raconter jour après jour la vie de dix de ces villageois abandonnés. Ce sont sept équipes de tournages qui ont envahi le petit village en janvier dernier.

Quel village? Montrésor en Indre-et-Loire dans la région Centre près de Tours, une petite commune de 363 âmes appelées les Montrésoriens et Montrésoriennes. Pourquoi Montrésor? Parce que sa population serait représentative de la France, en matière de tranches d'âges et de diversité d'activités. Les familles ont participé à l’émission sur la base du volontariat. C’est donc une quarantaine de femmes qui sont parties à Marrakech.

Télé-réalité ou expérience sociale?

La télé-réalité a longtemps été taboue sur le service public. Les anciens présidents, Marc Tessier et Patrick de Carolis s’y sont toujours opposés. Rémy Pfimlin devenu président du groupe s’est montré ouvert à l’arrivée de ce type de programme à condition qu’il ne soit pas vulgaire et qu’il respecte l’individu.

Malgré cette ouverture annoncée, France 2 se défend ici de faire de la télé réalité. Certes, les caméras sont là. Mais la chaîne argumente afin de se différencier d’un Secret Story ou autre Loft : le tournage n’a pas eu lieu 24h sur 24, il n’y aurait eu aucune intervention de la production dans le déroulement de l’histoire. On serait plus sur un format de documentaire, un genre de laboratoire humain en grandeur nature. D’ailleurs, beaucoup d’éléments communs aux émissions de télé-réalité ne sont pas présents: absence de vote du public, pas d’élimination des participants, aucun enfermement etc. Les codes traditionnels ne sont pas réunis.

Télé-réalité ou pas? En tout cas, le prime-time du 8 mars, journée de la femme, semble tout de même un peu déplacé… Et puis, le quotidien d’un petit village, tout ce qu’il y a de plus honorable bien sûr, va-t-il vraiment passionner les téléspectateurs? Enfin, cette aventure collective peut-elle avoir des conséquences psychologiques et familiales sur les Montrésoriens et Montrésoriennes? A suivre…

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