La diététique peut-elle améliorer les problèmes hormonaux?

L'alimentation moderne dévitalisée perturbe notre système hormonal et plus particulièrement notre pancréas. Conséquences: surpoids, diabète, hypoglycémie...
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Le fonctionnement de notre organisme dépend d’un équilibre très complexe des différents systèmes: nerveux, endocrinien (hormonal), immunitaire, ainsi que du psychisme. Tous ces systèmes sont reliés entre eux; une action sur l’un aura des effets sur les autres…

Notre cerveau reçoit en permanence des informations du monde extérieur, qui vont engendrer des réponses des différents systèmes.

Le système endocrinien concerne les hormones (du grec ormao , qui signifie «j’excite»), des molécules organiques sécrétées par des glandes endocrines et déversées dans le sang. Ces hormones sont reconnues par des cellules cibles grâce à des récepteurs spécifiques.

Leur rôle est de diriger, de régler et de coordonner l’activité de l’organisme; ce sont des messagers chimiques. Sans hormones, rien ne marcherait…

Quelles sont nos différentes glandes endocrines?

Au niveau de la tête, il y a l'épiphyse – qui sécrète la mélatonine –, l'hypophyse – qui sécrète la TSH, l'ADH et l'ocytocine – et, enfin, l'hypothalamus.

Au niveau de la gorge, il y a la thyroïde – qui sécrète la T3 et la T4 – et la parathyroïde – qui sécrète la parathormone et la calcitonine, responsables du métabolisme du calcium.

Le pancréas fait aussi partie du système endocrinien, car il produit deux hormones responsables de la régulation de la glycémie (taux de sucre dans le sang): l'insuline et le glucagon.

Les surrénales sont deux petites glandes situées au niveau des reins (d'où leur nom) qui sécrètent quatre hormones: le cortisol, l'adrénaline (hormones du stress), ainsi que l'aldostérone et la DHEA.

Viennent ensuite les glandes sexuelles, les ovaires pour les femmes et les testicules pour les hommes. Les ovaires produisent la progestérone et l'œstradiol, tandis que les testicules produisent la testostérone.

Il ne faut pas oublier non plus les hormones sécrétées au niveau du tube digestif: dans ce cas, on parle de système endocrinien diffus, car les cellules qui produisent ces hormones sont disséminées dans la muqueuse digestive, surtout au niveau de l'estomac et du duodénum.

Les sécrétions hormonales sont stimulées soit par une hormone hypophysaire (stimuline) soit par un neuromédiateur ou par un ion ou un métabolite (exemple: l'insuline est libérée selon la teneur en glucose du sang).

Pour pouvoir être synthétisées, les hormones ont besoin de «matières premières» que le corps va trouver dans l'alimentation: dans les protéines pour l'insuline, le glucagon et la parathormone, par exemple, dans les graisses pour les hormones qu'on appelle «hormones stéroïdes». Dans le mot «stéroïde», on entend le mot «stérol»: cela signifie que ces hormones sont synthétisées à partir du cholestérol, le cholestérol étant contenu dans certains aliments ou synthétisé par le foie à partir des graisses alimentaires. Les hormones stéroïdes sont les hormones sexuelles: l'aldostérone, le cortisol, la DHEA, ainsi que la vitamine D3.

On voit déjà ici la grande importance de l'alimentation dans la régulation du système hormonal, d'un point de vue quantitatif, bien sûr, mais aussi d'un point de vue qualitatif, car toutes les protéines ne se valent pas, et toutes les graisses ne se valent pas… sans compter l'état du tube digestif qui, on l'a vu plus haut, produit lui aussi un certain nombre d'hormones qui permettent la sécrétion ou l'inhibition des sucs digestifs.

Or l'alimentation moderne est particulièrement dévitalisée et très pauvre en éléments essentiels nécessaires à une bonne digestion: vitamines, minéraux, oligoéléments, etc. Et qui dit «mauvaise digestion», dit «mauvaise assimilation des aliments», ce qui entraînera des carences. Et qui dit «carence», dit «synthèse hormonale compromise».

Avec l’âge, notre système hormonal vieillit, et certaines hormones ne seront plus synthétisées. D’une façon générale, les femmes sont plus sensibles aux variations hormonales et sont plus sujettes aux problèmes hormonaux que les hommes.

Glycémie et insuline

La glande endocrine qui préoccupe le plus les professionnels de la diététique est bien sûr lepancréasendocrine (le pancréas exocrine fait partie du système digestif), dont la fonction est de réguler le taux de glucose dans le sang (glycémie).

Cette régulation se fait grâce à deux hormones pancréatiques: l’insuline et le glucagon.

Chaque fois que nous consommons des glucides (sucres, qu’ils soient «lents» ou «rapides»), la glycémie s’élève; pour qu'elle revienne ensuite à la normale, le pancréas va produire de l'insuline qui permet l'utilisation du glucose par les cellules.

L’insuline est une hormone dont le rôle est fondamental puisqu’elle permet l’utilisation des différents nutriments par les cellules: le glucose, les acides aminés et les acides gras.

Une alimentation riche en sucres va particulièrement stimuler la production d'insuline.

En alimentation, la tendance actuelle est de diaboliser les graisses en proposant bon nombre de produits allégés en graisse… Une alimentation appauvrie en graisses entraînera inévitablement une surconsommation de sucres, qui se transformeront… en graisses!

Le diabète et l'hypoglycémie

Le diabète de type I est une maladie auto-immune résultant de la destruction progressive des cellules β des îlots de Langerhans du pancréas qui produisent l'insuline. Bien qu’indispensable, la réforme alimentaire ne sera pas suffisante; elle devra être complétée par une insulinothérapie.

Par contre, le diabète de type II peut parfaitement être réglé par une réforme alimentaire, surtout s’il est détecté précocement. Ce type de diabète est une maladie à prédisposition génétique favorisée par des facteurs environnementaux : sédentarité, surpoids, stress, tabac et, bien sûr, l’alimentation moderne raffinée riche en sucres.

Un autre dysfonctionnement du pancréas est l’hypoglycémie. C’est un désordre hormonal à prendre très au sérieux, qu’il ne faut pas confondre avec le petit coup de pompe de 11 h, surtout si le petit-déjeuner a été trop léger… L’hypoglycémie est une forme de prédiabète, elle est aussi appelée «hyposurrénalisme».

L’origine de ce désordre hormonal est bien souvent une mauvaise gestion du stress (dont manque de relaxation et d’activité physique) qui épuise les surrénales, ainsi qu’une alimentation désorganisée pourvue de nombreux sucres, véritables fouets à insuline, et ce, dès le matin. On suspecte aussi une réactivité extrême aux additifs et aux polluants ménagers.

Chez un sujet sain, après la consommation de sucres, les hormones du pancréas et des surrénales se renvoient la balle afin de rétablir un taux de sucre sanguin normal. Chez l’hypoglycémique, les glandes surrénales n’arrivent plus à gérer la situation, et la glycémie fait du yo-yo toute la journée. Le pancréas est trop sollicité dans sa production d’insuline. Or on a vu que l’insuline était une hormone de stockage: une des conséquences de l’hypoglycémie est donc le surpoids et l’obésité…

Ce phénomène est devenu courant outre-Atlantique, il arrive en Europe en touchant surtout les enfants, dont l’alimentation est trop sucrée: petit-déjeuner à base de céréales soufflées et sucrées accompagnées de lait et de jus d’orange ou bien des tartines de pain blanc à la confiture ou pâte à tartiner accompagnées d’un bol de lait chocolaté… Que du sucre, qui va mettre en route la «chaudière», chaudière qu’il faudra alimenter tout au long de la journée: collation (barre chocolatée, jus de fruit, compote…); à midi, des pâtes ou du riz avec un peu de viande, le tout accompagné de pain (beaucoup d’enfants ne consomment d’ailleurs que les féculents, surtout à la cantine), un dessert sucré (compote, yaourt, etc.), collation de 17 h et, au dîner, pourquoi pas encore une assiette de pâtes ou du pain, un bol de lait…

Qui ne connaît ces enfants difficiles, dont les jérémiades ne sont calmées qu’avec une friandise…

Si vous voulez chouchouter votre pancréas, limitez votre consommation en sucres: sucres rapides bien sûr, mais aussi pain, pâtes, riz… Tous les sucres, qu’ils soient «rapides» ou «lents», finiront par fournir du glucose.

La majorité d’entre nous est sédentaire et n’a plus besoin d’autant de sucres que nos ancêtres travaillant aux champs…

Consommons plutôt des fruits et légumes frais et, si possible, bio, riches en vitamines, minéraux, oligoéléments et autres molécules protectrices et antioxydantes: nous en avons grandement besoin pour nous détoxiquer…

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