Le niveau de la Ligue 1 est-il assez élevé?

La question se pose depuis plusieurs années, sans qu'une réponse puisse réellement être apportée. La L1 fait-elle encore rêver? A-t-elle encore le niveau?
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La performance des clubs français en Coupe d'Europe fait régulièrement débat. En effet, hormis deux finales la même année en 2004 (Marseille en Coupe de l'UEFA et Monaco en Ligue des Champions), les clubs français n'ont que très peu brillé dans les compétitions internationales. Et chaque année, lorsque nos représentants sont éliminés tour après tour, la presse sportive nationale s'interroge sur le niveau de nos clubs et, surtout, cherche les raisons de ces échecs à répétition.

Une faiblesse sportive...

C’est la question qui revient le plus souvent: le championnat de France est-il assez relevé? Permet-il à ses grosses écuries de rencontrer une adversité suffisamment solide pour les habituer aux matches vraiment intenses de Coupe d'Europe? La question mérite d'être posée. Plusieurs pistes de réflexion peuvent être avancées...

L'une d'elles est le renouvellement des clubs de Ligue 1 par le jeu des promotions/relégations. En effet, ces dernières années ont vu beaucoup de clubs évoluant dans des niveaux inférieurs depuis des décennies remonter en Ligue 1. Celle-ci a même récemment accueilli des novices en son sein. Des clubs comme Istres , Grenoble ou encore Arles-Avignon n'ont peut-être pas les épaules pour rivaliser avec les plus grands, et retournent généralement rapidement d'où ils sont venus. Pendant ce temps-là, des clubs comme Strasbourg , Metz ou Nantes sont tombés dans les divisions inférieures, desquelles ils ne parviennent plus à s'extirper. Ces clubs ont eu un passé glorieux et ont eux-mêmes brillé dans les compétitions continentales. Ils offraient alors une autre résistance aux cadors que celle proposée par les petits clubs cités plus haut.

... et économique

Une autre raison que l'on peut évoquer est bien évidemment économique. La présence de ces petites équipes, si elle insuffle un peu de fraîcheur sur la Ligue 1, a également pour effet de générer un engouement moins important des spectateurs. L'affluence moyenne dans les stades était par exemple de 20 089 spectateurs pour la saison 2009-10, contre 23 453 durant la saison 2000-01. Les recettes aux guichets s'en ressentent, ainsi que les recettes audiovisuelles. Par conséquent, ceci contribue à réduire les revenus des clubs, qui ne parviennent pas à rivaliser avec les équipes des quatre autres championnats majeurs sur le marché des transferts.

Mais il ne faut pas considérer ceci comme les seules et uniques raisons des difficultés actuelles du championnat de France. Une multitude d'autres raisons peuvent être avancées, comme l'existence d'une Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG), qui empêche les clubs français de trop s'endetter, ou encore des décisions discutables prises tout en haut de la pyramide, au niveau de la Ligue Professionnelle de Football (LFP) .

Moins de spectacle, plus de suspense Si les affiches sont effectivement moins ronflantes (un Marseille-Arles en 2010 intéresse sûrement moins de monde qu'un PSG-Nantes au milieu des années 90), il n'en reste pas moins que le classement est depuis quelques années assez serré, d'autant plus depuis la fin du règne de Lyon et ses sept titres consécutifs. De plus, n'est-ce pas une bonne chose que de petits clubs aient accès à la notoriété, même si ce n'est parfois que pour une saison? La Coupe de France permet également ceci, mais de manière beaucoup plus éphémère...

Depuis le championnat 2007-08 , aucun champion en titre n'a réussi à conserver sa couronne deux années de suite (Lyon donc, puis Bordeaux et Marseille se sont succédés). Si cela pose une nouvelle fois la question du niveau et de la régularité de nos clubs les plus importants, il n'en reste pas moins que l'intérêt du championnat est entretenu par cette instabilité. Le spectacle n'est que rarement au rendez-vous, comme en témoigne la moyenne de but par match comparée à celle des autres grands championnats (autour de 2.5 en France contre près de 3 en Allemagne ou en Espagne). De même, le nombre de matches nuls à l'étranger est bien moins élevé qu'en France, ce qui montre la volonté des équipes de prendre des risques pour gagner plutôt que de se contenter du partage des points.

Néanmoins, les écarts de points entre les premiers et les derniers ont rarement été aussi faibles (par exemple, au soir de la 22e journée de Ligue 1 en 2010-11, seulement dix points séparent le 14e du 4e), ce qui a pour conséquence qu'une équipe en difficulté peut aisément remonter vers le haut du tableau à la faveur d'une bonne série. Idéal pour capter l'intérêt des spectateurs et supporters...

Difficile donc de se forger une opinion sur cette Ligue 1 peu spectaculaire, mais au suspense intact, ce championnat au niveau discutable, mais permettant à de petits clubs de se faire connaitre...

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