Thérapie cellulaire: la médecine du futur?

La thérapie cellulaire consiste à traiter un malade via l'injection de cellules saines. Elle pourrait offrir une solution à nombre de pathologies actuelles.
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La thérapie cellulaire est porteuse de nombreux espoirs pour certains malades. Cependant, les acteurs du développement de cette nouvelle branche de la médecine se heurtent actuellement à de nombreux obstacles, enrayant son application.

Principe de la thérapie cellulaire

La thérapie cellulaire est une technique médicale qui repose principalement sur l’emploi de cellules dites souches. Ces cellules indifférenciées, présentes chez tous les être vivants, possèdent deux caractéristiques principales :

  • Leur capacité à se multiplier et se renouveler est pratiquement infinie
  • elles peuvent se différencier en plusieurs types cellulaires spécialisés (une cellule souche peut ainsi se différencier en cellule de peau, sanguine ou bien encore nerveuse) selon les conditions de culture dans lesquelles elles sont placées.

Dans le cadre d’une thérapie, ces cellules souches sont cultivées afin d’obtenir le type cellulaire recherché pour guérir la pathologie. Ce sont les conditions de culture dans lesquelles l’expérimentateur les cultive qui détermine le type cellulaire en lequel elles se différencieront. Les cellules ainsi obtenues sont ensuite directement injectées au patient, au niveau de la région à traiter.

Les cellules souches peuvent avoir différentes origines lors d’une thérapie. Chacune d’entre elles possède des avantages, mais aussi des inconvénients :

  • Les cellules provenant de l’organisme du patient (autologues) permettent de prévenir tout problème de rejet ou de réaction immunitaire à l’issue du traitement. Leur approvisionnement est cependant limité, ces cellules étant généralement difficiles d’accès et peu nombreuses.
  • Les cellules provenant d’un organisme de la même espèce que celle du patient (allogéniques) sont très intéressantes. En effet, leur approvisionnement n’est pas limité, et dans le cas de cellules embryonnaires, le nombre de possibilités de traitement est quasi infini. Cependant, ces cellules peuvent initier des réactions immunitaires une fois injectées chez le patient, et soulèvent des problèmes d’éthique lorsqu’elles sont d’origine embryonnaire.
  • Les cellules provenant d’une autre espèce que celle du patient (xénogéniques) peuvent également être intéressantes. On utilise généralement dans ce cas des cellules porcines, celles-ci étant très semblables aux cellules humaine. Leur utilisation engendre cependant très souvent de fortes réactions immunitaires ainsi que le risque de transmettre de nouveaux virus d’une espèce à une autre.

Applications possibles de la thérapie cellulaire

On peut distinguer trois principaux domaines d’application de la thérapie cellulaire :

  • En immunothérapie, elle est utilisée dans le but de renforcer le système immunitaire du patient. On l’utilise ainsi actuellement dans le traitement de maladies infectieuses, ou bien dans le cadre d’une approche anti-cancer (injection de lymphocytes en vue de détruire les cellules tumorales)
  • En médecine régénératrice, elle permet de régénérer les fonctions d’un tissu endommagé grâce à la transplantation de cellules différenciées in vitro directement dans ce tissu.

  • Enfin, la thérapie cellulaire est utilisée afin de réaliser des greffes de moelle osseuse. On utilise alors des cellules souches hématopoïétiques (à l’origine des globules rouges du sang) couplées à du sang issu de cordon ombilical et de placenta.

Limites actuelles de la thérapie cellulaire

L’application des techniques de thérapie cellulaire en médecine est actuellement confrontée à de nombreux obstacles, qui se mettent en travers de son développement.

La principale limite provient tout d’abord des cellules curatives elles-mêmes: toutes celles citées précédemment possèdent en effet des inconvénients non négligeables.

Par ailleurs, les techniques actuelles de délivrance des cellules curatives dans l’organisme malade laissent elles aussi à désirer : leur injection directe dans le tissu à régénérer n’est pas optimale, les cellules pouvant alors être endommagées, et la mise en contact n’étant pas suffisamment longue pour que leur transfert soit totalement réalisé.

Enfin, les produits thérapeutiques relatifs à cette thérapie sont encore très peu accessible. Le coût d’une intervention est donc très élevé, et la logistique à mettre en place autour de sa réalisation est très lourde.

Développement de nouvelles stratégies de thérapie

L’avenir de la thérapie cellulaire n’est cependant pas compromis.

Outre la mise au point récente de nouvelles techniques d’injection des cellules curatives (telles que l’utilisation de cathéters ou de membranes biologiques, qui offrent un meilleur contrôle de leur délivrance dans l’organisme à traiter), on peut noter de réelles avancées dans la recherche sur les cellules utilisables en thérapie cellulaire durant ces cinq dernières années. Ces progrès ont conduit à la découverte des iPS (induced Pluripotente Stem cells, soit cellules pluripotentes induites en français).

Ces cellules sont obtenues par reprogrammation génétique de cellules adultes pouvant être directement prélevées d’un tissu du patient. Elles possèdent les mêmes propriétés que les cellules souches embryonnaires: elles possèdent la capacité de s’auto-renouveler indéfiniment, et sont facilement différenciables en n’importe quel type cellulaire.

La reprogrammation des cellules se fait de façon relativement simple grâce à l’utilisation de quatre nouveaux gènes, introduits dans la cellule via l’action de rétrovirus (virus qui a la capacité d’introduire son propre ADN dans le génome de la cellule infectée).

La technologie des iPS est très prometteuse pour le développement de la thérapie cellulaire. Leur utilisation éradique le problème éthique entourant les cellules souches embryonnaires, et les premiers essais cliniques se sont révélés positifs.

Il reste cependant de nombreuses étapes avant de pouvoir appliquer cette technologie à la thérapie cellulaire de façon pérenne. En effet, si ces cellules possèdent un énorme potentiel, elles peuvent également être à l’origine de problèmes de dégénérescence cellulaire (cancers) si leur mécanisme de production n’est pas parfaitement maîtrisé.

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