Chuck Palahniuk, Le Festival De La Couille (2006)

Un peu de réalité après la fiction avec l'auteur de Fight Club, portrait de l'homme, des Hommes et d'une vie sans limites dédiée à la liberté et à l'audace.

Chuck Palahniuk, romancier américain un brin philosophe, on le connait surtout pour son œuvre de 1996, Fight Club (bien que l’on connaisse peut être davantage cette œuvre pour son adaptation au cinéma par David Fincher en 1999). Premier roman, premier succès qui sera assuré par sa projection sur grand écran.

Il est cependant possible que malgré les éloges faits à ce film, vous n’ayez pas forcément accroché ou même pas eu envie de le voir. Qu’à cela ne tienne, découvrir l’écriture de Palahniuk en plus de ses idées est une réelle explosion mentale et, ponctuellement, une redécouverte de l'écriture. Car oui, que ce soit dans la forme ou dans le fond, cet auteur est tout simplement unique.

Le Festival De La Couille (et autres histoires vraies) est un recueil de nouvelles ou plus précisément un tressage de tranches de vies, de rencontres extraordinaires, de développement d’idées sur la psychologie humaine.

"Comme nos plus belles aventures sont derrière nous, c'est terriblement agréable de les revivre et de les partager sur le papier."

Ce patchwork d’expériences de l’auteur commence par une orgie-spectacle (de trois pages seulement) qui en refroidira certains mais c’est une ouverture qui trompe sur le reste du contenu : violence, parfois, provocation, toujours (mais sans fioritures, sans ce symptôme du « regardez-moi je touche à l’interdit, je ne suis pas comme vous », la provocation ici est celle dont pourrions tous faire preuve, des relents de volonté de liberté tout simplement), humanité, plus que jamais. Il rassemble des hommes et des femmes aux destins hors du commun par volonté ou par destin.

"Le premier rendez-vous de ma première journée comme escort boy n'avait qu'une jambe."

Dans Amy il explique que la force littéraire d'Amy Hempel (l’une de ses références et influences) repose sur le fait qu’elle décrit les personnages, les protagonistes avec une neutralité qui ne nous dirige pas dans un jugement calculé. Elle retranscrit leurs comportements, à nous de choisir notre point de vue. Et ça, Chuck Palahniuk le met très bien en place ici et on se retrouve à être émerveillés par de vrais allumés, à être outrés par des paroles d’autres (notamment Marilyn Manson) mais malgré cela, la neutralité permet d’ouvrir des portes au dialogue, à la compréhension de ce qui nous est étranger et il ne peut y avoir plus constructif. L’âme journalistique que cette technique crée un sentiment d’actualité malgré les sept années passées depuis la sortie du livre, nous met dans l’instant et l'intemporalité d'une oeuvre, on adore ça.

"C'est marrant, mais on a une certaine image de soi-même et toute transformation est difficile à accepter. Dur de dire si j'avais l'air mieux ou moins bien."

Finalement, on aura beau essayer de décrire Chuck Palahniuk, ce sont ses livres qui en parlent le mieux et les éditeurs ont bien raison quand il nous disent qu' " un livre de Palahniuk ne se résume pas, c'est déjanté, subversif et incroyablement lucide . "

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