The Bendal Interlude, EP Eponyme (2010)

Une envie de voyage dans les terres arides et trop peu fréquentées du Stoner Metal ? C'est ici que ça se passe, laissez vos oreilles planter le décor.
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The Bendal Interlude est un groupe qui nous vient de Liverpool (Grande Bretagne) et qui s’inscrit entre une vague Southern Rock et une autre plus Stoner Thrash. Le groupe a vu le jour en 2006 et a à son actif trois Démos (sorties en 2006, 2007 et 2008) et un EP dont il sera question ici et qui, on l’espère, ouvrira la porte à un album et à une maison de disque, enfin !

D’entrée de jeu, les britanniques ne lésinent pas sur l’ambiance et c’est clairement annoncé : ce sera lourd, étiré et délicieusement granuleux. On réalise tout de suite que ce ne fut pas un hasard de les voir aux côtés de Church Of Misery sur certaines affiches.

Le Riff comme mot d’ordre

Une ouverture au chant fantomatique, aux rythmes encourageants à l’image d’un départ pour la bataille, du moins pour le combat d’une tranche musicale. March Of The Sickdog est entre l’élan guerrier et le démarrage d’un road trip sur une bonne grosse moto américaine. Ce titre expose également le processus de composition du groupe : des riffs, du chant plus ou moins agressif (suivant les morceaux) et des phases progressives.

Le chant plus brutal arrive justement sur le deuxième morceau, Albumen . Brutalité allant crescendo, le chant guttural faisant son apparition sur Mousetrap , le morceau sûrement le plus teinté Thrash de l’album. Un peu plus de groove sur Lili (Pardon My Oxide) qui est probablement le morceau le plus abordable (mais qui tient quand même une bonne couche de névrose) et le plus clairement construit en terme de couplets/refrains. Pas beaucoup de changement avec Shants qui correspond au reste, suite logique par excellence. Prelude To Doris au contraire surprendra par le calme de son intro et sa mélodie à la Earth ou à la Baroness (version assommée). Hypnotique, tout simplement. Encore l’occasion de faire leurs preuves : l’agressivité n’efface pas la mélodie et n’évite pas non plus quelques passages lumineux.

Le petit plus : l’ambiance plutôt travaillée avec notamment l’insertion de bruits de faune de forêt nocturne (à l’image de la jaquette de l’EP ). On y est, emportés, on voyage.

Contraste musical, à l'image de la chaleur couplée d'une gorgée de bière

D’une manière générale, les musiciens de The Bendal Interlude se sont dirigés vers des compositions plus progressives et aérées par rapport à leurs enregistrements antiérieurs, laissant de la place aux solos de guitare et retravaillant les parties vocales qui s’imposent aujourd’hui comme plus variées (même intrigantes) et offrant ainsi un disque aux multiples visages grandement appréciables. Ils nous montrent ce qu’ils savent faire à travers plusieurs genres du Rock et de sa descendance et, après écoute, on ne peut que leur souhaiter de réaliser prochainement leur premier album. Come on guys ! Ici, on y croit dur comme fer.

La totalité de leurs enregistrements est disponible en téléchargement libre sur leur site officiel . On regrettera juste de ne pas avoir accès aux paroles, ce qui donne toujours plus de possibilités pour étudier une œuvre et procure nombre d’informations sur l’identité d’un groupe.

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