PS : des paroles aux actes pour atteindre l'égalité réelle ?

Après une Convention sur l'égalité réelle en décembre 2011, le Parti socialiste a présenté, le 6 avril 2011, ses engagements en matière d'égalité des sexes.
12

Lors de cette rencontre, des associations ont été invitées à prendre la parole. L’ AVFT qui attend toujours, avec Femmes Solidaires , une réponse à une lettre envoyée à Martine Aubry le 8 mars 2010 , en a profité pour reposer la question qui fâche : quelle est la position du PS sur les élus condamnés pour agressions sexuelles ?

Jacques Mahéas, coupable d’agressions sexuelles et toujours membre du PS

Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’AVFT, a une situation bien précise en tête : Jacques Mahéas définitivement condamné pour agressions sexuelles à l’encontre d’une employée municipale en mars 2010, et pourtant toujours sénateur de Seine-Saint-Denis, maire de Neuilly-sur-Marne, membre du Conseil d’orientation de l’Observatoire national de la délinquance et membre du Parti socialiste.

La victime interpelle les responsables socialistes

Par crainte de croiser son agresseur, la victime avait confié à l'AVFT le soin de lire une lettre dans laquelle elle rappelle les faits :

"J’ai été victime d’agressions sexuelles par un élu de votre parti : Jacques Mahéas, sénateur-maire de Neuilly-sur-Marne, qui était à l’époque mon employeur. J’étais la gardienne de la mairie dans laquelle j’occupais un logement de fonction.

Suite au dépôt de plainte en 2004, avec une collègue elle aussi victime de ses agissements, j’ai subi des pressions et des menaces. Ne me sentant plus en sécurité, j’ai été contrainte de prendre une retraite anticipée et de quitter la région parisienne.

La procédure a duré 5 ans ; à l’issue de celle-ci, la justice a reconnu Jacques Mahéas coupable d’agressions sexuelles à mon encontre."

Elle souligne aussi que si ces violences ont eu de lourdes conséquences sur sa vie, notamment financièrement, son agresseur a poursuivi sa carrière politique sans encombre :

"Aujourd’hui, je vis dans une situation financière précaire : 900 euros de retraite pour élever une enfant de 17 ans qui aimerait suivre ses études, et un dossier de surendettement à la Banque de France.

Jacques Mahéas, l’agresseur, occupe lui toujours ses fonctions de maire et de sénateur et il est toujours membre du Parti Socialiste ! Sa condamnation pour agressions sexuelles n’a eu aucune incidence sur son mode de vie ! "

Face à l'engagement affiché du Parti socialiste en faveur de l'égalité des femmes et des hommes, elle demande aux responsables socialistes :

"Allez-vous défendre les femmes, leur permettre de dénoncer ce type d’agressions quel que soit l’auteur de ces violences ? Et même si c’est l’un des vôtres ? Allez-vous continuer, en ne vous désolidarisant pas publiquement et officiellement de lui, à cautionner ses agissements ?"

Elle leur dit aussi la violence qu'elle ressent face au décalage entre les paroles et les actes :

"J’aurais aimé vous dire à quel point un tel séminaire sur l’égalité des femmes et des hommes, organisé au siège de votre parti, peut me faire à nouveau violence, alors qu’à aucun moment vous ne vous êtes préoccupés de ma situation ni n’avez politiquement sanctionné J. M."

Réponse de Benoît Hamon, porte-parole du PS

Suite à la lecture de cette lettre, pressé par les questions de l’AVFT et un auditoire attentif, Benoît Hamon répond officiellement, au nom de son parti, sur cette affaire qu'il qualifie lui-même de "parfaitement abjecte", en se prononçant pour l’exclusion de Jacques Mahéas du parti socialiste. Il promet aussi de rendre cette décision publique. Il ne lui reste qu’à passer de la parole aux actes pour confirmer l’engagement de son parti en faveur de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Affaire à suivre.

Sources : AVFT - Le Post - Médiapart - témoignage de la victime : PARLER ET FAIRE TOMBER LE MUR DU SILENCE

Sur le même sujet