Ahimsâ: l'aspect spirituel du végétarisme

Dans la tradition hindoue, Ahimsâ évoque le principe spirituel de non-violence qui célèbre la voie du végétarisme.

On devient végétarien pour des raisons de santé, d'éthique ou écologique, ou alors on emprunte simplement la voie du végétarisme pour des considérations religieuses ou purement spirituelles. Ahimsâ, terme sanskrit qui signifie "respect de la vie", prône le principe de la non-violence, et sur le plan alimentaire, cette éthique de la philosophie indienne incite ses adeptes à choisir une nourriture végétarienne simple et nécessaire pour une meilleure évolution spirituelle. Mais, quels sont les principaux fondements spirituels du végétarisme?

Ahimsâ ou le principe de non-violence

Les religions indiennes (hindoue, bouddhiste, jaïn) ont établit le principe de non-violence, Ahimsâ , qui préconise le respect pour toute vie et considère d'un point de vue moral, social et spirituel que l'être humain ne doit causer de dommage à aucun humain, animal ou même à un être vivant issu du règne végétal.

Cette notion philosophique, Ahimsâ, est l'un des cinq voeux éternels, celui d'enlever aucune vie humaine, qui apparaît pour la première fois dans les Upanisad en 800 av. J.-C., et aussi dans le Raja-Yoga.

Les trois classes d'aliments

Ce substrat spirituel classe les aliments en trois catégories:

  1. Les aliments sattviques ou satogun : Des aliments purs, simples, harmonieux, équilibrés dans lesquels on retrouve les céréales, le lait, le beurre, les fruits, les légumes et légumes-racines qui poussent sous terre et qui procurent les vitamines et les minéraux nécessaires pour la concentration et la méditation. Cette nourriture végétarienne nettoie et purifie le corps, procure une sensation de bien-être, revitalise, renforce le système immunitaire; et les espèces végétales s'avèrent aussi très efficaces dans la préparation de différents produits thérapeutiques tels les suppléments alimentaires, les pommades pour la peau et même certains médicaments.
  2. Les aliments rajasiques : Cette liste comporte les aliments acides, amers et stimulants comme le café, le chocolat, le thé, les oignons, les condiments piquants, mais aussi quelques produits laitiers transformés comme le fromage, la crème. Leurs éléments sont agressifs, enflammés; ils mènent à la jalousie, la colère, la gourmandise et l'illusion.
  3. Les aliments tamasiques : Ce sont des aliments affaiblissants comme la viande, les oeufs, le poisson, l'ail et l'alcool qui altèrent l'esprit, entraînent de l'agressivité, de la peur, rendent léthargique et freinent l'évolution spirituelle.

Les êtres vivants, les cinq éléments et la loi du karma

Selon cette doctrine, l'être humain se situe au sommet de la création, car les cinq éléments qui le composent (la terre, l'eau, le feu, l'air et l'éther) se manifestent pleinement en lui. Viennent ensuite les quadrupèdes et les animaux qui possèdent les quatre éléments, l'éther sommeille donc en eux. Tuer un animal de ce genre équivaut à une sanction similaire que l'on doit subir.

Toutefois, on accorde une valeur moyenne aux oiseaux qui vivent avec trois éléments actifs: l'eau, le feu et l'air. Chez les créatures qui sont dotés seulement de deux éléments -la terre et le feu-, soit les reptiles, les insectes, les chenilles, aucune peine n'est encourue si on les écrase sous nos pieds.

Ce sont finalement les fruits, les légumes et les racines qui n'ont qu'un seul élément, l'eau, et qui occasionnent le moins de souffrance karmique chez l'individu qui les absorbe. C'est pourquoi, selon ce précepte, un régime strictement végétarien est nettement approprié, car il est le gage d'une bonne évolution spirituelle. En méditant, en priant et en multipliant les bonnes actions, on libère du karma que génère l'absorption de ces aliments.

Des croyances qui motivent le végétarisme

Selon les statistiques de 2006 de la State of the Nation Survey, 31% de la population indienne est lacto-végétarienne (Hindu-CNN-IBN). Les croyances religieuses, spirituelles, parfois millénaires en la réincarnation poussent grandement ces gens à adopter ce mode de vie: "Nous avons été et nous serons peut-être un jour des animaux, affirment-ils, c'est pour cela que nous devons éprouver de la compassion envers tout être vivant".

Par ailleurs, les yogis et les végétariens croient que, avant de mourrir, les animaux que l'on mange sous forme de viande, ressentent de la crainte, leurs glandes endocrines secrètent des hormones de peur et de défense qui se logent dans les tissus de l'animal que nous consommons par la suite.

Pour en savoir plus: www.ass-ahimsa.net et le www.vegmundo.com

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