La nature qu'on cueille: arbres et arbustes du Québec

La forêt québécoise, si inspirante et accueillante, soigne, régale et émerveille par ses arbres et arbustes variés. Une nature généreuse à découvrir !

La nature québécoise est immense et généreuse. Dans tous les recoins du pays, dans les champs, près des cours d'eau, dans les milieux humides en passant par les sous-bois, la forêt s'embellit de ses plus beaux atours: arbres diversifiés, feuilles multicolores, plantes aux vertus médicinales ou comestibles, fruits abondants.

Tels les coureurs des bois, les autochtones avaient jadis apprivoisé cette flore en emportant avec eux les secrets de ces plantes sauvages, ces fleurs, ces fruits qui les nourrissaient, leur servaient de remèdes et, parfois de monnaie d'échanges. Aujourd'hui, cette nature se cueille encore.

Les cueillettes au printemps: l'amélanchier

Grand arbre ornemental qui pousse à l'orée des bois, dans les pentes humides et au bord des lacs, l'amélanchier abrite abondamment des fleurs blanches aux pétales fins, et regorge de petits fruits de couleur rougeâtre à violacée qui se cueillent à la fin du mois de juin.

On le retrouve au Québec, en Abitibi, mais aussi loin que dans le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest; et, au début de la colonie, les autochtones faisaient sécher au soleil ces petits fruits juteux qui rappellent les bleuets par leur forme et leur taille. Les fruits de l'amélanchier, riches en vitamines, en minéraux et en antioxydants, se mangent crus ou cuits. On en prépare de délicieuses confitures, des tartes et des glaces.

La vigne des rivages ou raisin sauvage

Arbuste pouvant atteindre trente mètres, la vigne des rivages ou raisin sauvage pousse dans les bois feuillus, le long des rivières et des lacs. Elle longe les routes dans toutes les régions du Québec. La vigne des raisins se caractérise par ses feuilles en forme de coeur, dentelées et lobées qui se cueillent dès le printemps et qui rehaussent savoureusement les mets de la cuisine méditerranéenne.

Les fruits du raisin sauvage sont petits, acides, juteux, de couleur violet à noir. Les premiers Français débarqués à Montréal en fabriquaient un vin au goût aigre. Les Amérindiens infusaient la feuille de vigne pour se débarrasser de la diarrhée. Utilisée aujourd'hui en herboristerie, elle soulage rhumatisme, fièvre et maux de tête.

Cueillettes d'automne: le pimbina

Le pimbina ou la viorne est une espèce d'arbuste haut de trois à quatre mètres qu'on repère dans les forêts humides, près des marécages grâce à ses fleurs blanches ou jaunâtres, à ses feuilles en trois lobes pointus qui ressemblent à l'érable et sur lesquels pendent des grappes de fruits rouges vif, juteux, charnus, mais amers.

Délicieux en compote et en gelée, les fruits du pimbina se cueillent facilement jusqu'au mois de janvier. Sur la côte Ouest du Canada, les Amérindiens les récoltaient et s'en servaient comme monnaie d'échange entre les tribus.

Le sureau blanc

Arbuste haut de trois ou quatre mètres, orné de fleurs d'ivoire très odorantes, le sureau blanc pousse partout au Québec, du Bas-du-Fleuve jusqu'au nord des Laurentides. Comme il requiert beaucoup d'eau, on le voit près des rivières, des lacs, des clairières, des ravins, sur les sols riches et humides. On peut cueillir vers la mi-août les fleurs et les fruits qui produisent de désaltérantes liqueurs, des vins fruités et de délicieuses confitures.

Puissant antioxydant, les propriétés médicinales du sureau, riche en vitamine A, C, en phosphore et en fer, étaient déjà connus des Romains.

Le sapin baumier

Le sapin baumier, qui mesure parfois jusqu'à vingt mètres, peut vivre 150 ans dans le climat froid et humide dans plusieurs régions du Québec. Emblème du Noël blanc québécois, il a un tronc lisse sur lequel se suspendent de petites aiguilles courtes, mais non piquantes.

La gomme et les aiguilles de sapin sont utilisées en herboristerie, en dentisterie et en pharmaceutique, et les jeunes pousses printanières font un excellent sirop contre la toux. Les Amérindiens infusaient les pousses de sapin pour lutter contre le scorbut, tandis que les marins anglais fabriquaient de la bière d'épinette.

À lire: Anny Schneider, Arbres et arbustes thérapeutiques , Les éditions de l'Homme, 2002.

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