Les cuisines collectives: 25 ans de partage autour des fourneaux

Cuisiner en groupe des repas sains et variés afin d'accéder à l'autonomie alimentaire. Au Québec, des familles expérimentent les cuisines collectives.

Elles nourrissent près de 37 000 personnes, permettent d'économiser temps, argent et de mettre en œuvre les compétences culinaires des groupes qui y participent: les cuisines collectives, véritable tremplin économique et social, existent au Québec depuis plus de 25 ans.

L'accès à l'autonomie alimentaire

En 1985, deux sœurs décident, une fois par semaine, d'apprêter des repas ensemble. Peu de temps après, une amie se joint à elles pour préparer des repas économiques. Ainsi naissent les cuisines collectives. Deux organismes communautaires, le Carrefour familial Hochelaga et la Marie Debout mettent en branle un système pour que des personnes économiquement défavorisées ou isolées puissent atteindre une certaine autonomie alimentaire: cuisiner ensemble, partager des repas pour s'alimenter convenablement.

Le Regroupement des cuisines collectives du Québec

Le Regroupement des cuisines collectives du Québec qui a vu le jour en 1990, répertorie aujourd'hui 1400 cuisines collectives qui pullulent dans les quatre coins de la province, peut-être qu'il en existe plus, car plusieurs s'improvisent d'elles-mêmes; et leur but est de soutenir la prise en charge dans le domaine alimentaire pour le respect, la justice sociale et l'accès à une alimentation saine, équilibrée et économique pour les familles à faible revenu.

Si les cuisines collectives aident à se nourrir dignement et avantageusement, elles jouent, en outre, un rôle prépondérant de support, de partage et de solidarité afin de briser l'isolement social chez un bon nombre de personnes seules ou des aînés.

Faire de l'éducation alimentaire

La plupart de ces cercles de cuisines font partie et sont encadrés par le Regroupement des cuisines collectives du Québec qui leur fournit de l'équipement, des fourneaux, un endroit pour cuisiner ainsi que des personnes-ressources nécessaires chargées de faire de l'éducation alimentaire ou d'animer des ateliers. Le cholestérol, les fibres alimentaires, le végétarisme, les besoins spécifiques des femmes en vitamines et en minéraux ainsi que des trucs et astuces pour économiser à l'épicerie sont autant de thèmes populaires.

D'autres cuisines collectives fonctionnent de manière informelle et autonome, on cuisine entre amis, ou avec des voisins, au domicile de chaque membre du groupe à tour de rôle.

Comment s'organise une cuisine collective

Quatre à six personnes se réunissent au moins deux fois par mois. À la première rencontre, après avoir épluché trois à quatre recettes qui se congèlent aisément une fois cuites et faciles à transporter, le groupe planifie et se partage les emplettes pour les ingrédients; on privilégie les achats locaux, les fruits et les légumes de saison. Ensuite, ensemble, on procède à la cuisson des recettes pour quatre à six portions dont le coût tourne autour de 2.00 $ CAN la portion.

On concocte soupes et potages, un plat principal (cannellonis à la viande, pâté mexicain, ratatouille de légumes, sauce spaghetti) et un dessert (pain aux bananes, tarte au chocolat et tofu, brownies). Cuisine végétarienne ou végétalienne, plats multiculturels, recettes minceur, purées pour bébés, repas pour personnes diabétiques, chaque cuisine collective expérimente un thème; on développe des goûts inexplorés jusqu'ici et on allie connaissance, plaisir et délices.

Le Regroupement des cuisines collectives du Québec a même instauré une Journée nationale des cuisines collectives, le 26 mars, où des activités offertes au grand public accroissent la mobilisation et la visibilité de ces groupes, surtout en ces temps d'instabilité économique qui sévit même chez certains travailleurs.

Pour en savoir plus sur les cuisines collectives: www.rccq.org

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