Glory Boom de Killian Arthur, quand la gloire fait boom !

Il y a des premiers romans très réussis, Arthur Killian nous le prouve. Glory Boom chez Fayard est le roman de ce début d'année qu'il faut se procurer.
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Le pitch de départ est plutôt vendeur : raconter l’absurdité de notre époque à travers un personnage - que l’on pourrait aisément associer à des personnages et des faits réels - errant dans un monde qui brille : une star. Mais une star sans, sans talent, sans génie, sans la moindre réalisation à son actif, sans projet. Une star qui met en scène la vacuité de sa propre vie et qui la laisse se faire photographier. Avril Alken a 27 ans et n’a rien fait pour devenir la coqueluche du Net et des journaux si ce n’est être riche et s’être mis en scène dans un programme télé-réalité à succès. Il ne fait rien et se trouve pourtant souvent sous les flashs. Loin de se contenter de ce bonheur mal bâti, Avril est tracassé : « Il paraît qu´on mesure un homme à la somme de ses actes. Or cela ne peut signifier qu´une seule chose : je n´existe pas. » On suit ce personnage plein d’humour, egocentrique et dépressif à travers ses soirées mondaines qui ne le font plus rêver, ses coucheries avec des femmes stéréotypées qui ne le font plus fantasmer, ses délires de drogué dépressif qui le pousse à bout, sa bande d’amis qui ne lui ressemble plus, ses voyages de Londres à Hollywood, de Las Vegas à Paris…jusqu’au jour où Avril tombe amoureux.

Une fresque pop trash bien maitrisée

L’écriture est vive, les phrases sont courtes et les zeugmes souvent utilisés « Je me suis vidé l’esprit, les poches et les couilles. » (p.115). Le début du roman commence très fort et vous plonge littéralement dans la réalité d’Avril, une réalité factice pour ce personnage qui joue lui-même un personnage. L’ensemble est assez bien maitrisé, le rythme toujours soutenu, on ne s’ennuie pas, on lit avec plaisir les aventures de ce « spéciMan » façonné par notre siècle. Killian Arthur (jeune français) signe un premier roman inspiré des romans trashs et truculents de Bret Easton Ellis: une jeunesse dorée et droguée souvent désabusée. Le jeune romancier de 30 ans pourrait être la source principale d’inspiration de son jeune personnage mais contrairement à Avril si vous tapez le nom de Killian Arthur sur google, vous ne trouverez pas une ligne sur cet auteur. La fiction ne rejoint pas toujours la réalité et entrer dans l’histoire suppose souvent d’en écrire quelques lignes.

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