Le bœuf, le mal(e) de cette planète

La consommation du bœuf est en pleine expansion. Mauvaise nouvelle pour la planète car ces animaux sont de véritables pollueurs. Explications.

Pourquoi une telle gronde contre les bovins? Ils pètent et rotent et c’est là tout le souci. Ces flatulences sont du méthane et le méthane a un pouvoir réchauffant vingt fois supérieures à celui du CO2. 97% du méthane est produits par les ruminants: les bovins laitiers et les bovins boucherie. Ainsi, les rots de nos amis les bêtes représentent 5% des émissions de gaz à effet de serre de la planète soit deux fois plus que les émissions de CO2 produites par les quatorze raffineries présentent en France. Quant aux déjections, le CH4 et le N2O émis, représentent 3% du total des émissions françaises. Alors oui, les bovins sont responsables du réchauffement climatique. Mais cette situation risque de devenir un problème mondial depuis que les Chinois consomment de plus en plus de lait et de viande de bœuf.

Les pays émergents, nouveaux consommateurs

Les pays du Nord ont toujours été de gros consommateurs de cette viande. Un Américain en consomme plus de 40 kilos par an, un Français 26 kilos par an, ce qui est le double d’un Allemand (13 kilos) et trois fois plus qu’un Chinois. Pourtant les changements de mode de vie dans les pays émergents: urbanisation, intensification de l’agriculture, etc., ont pour conséquence un changement d’alimentation. Alors que la Chine a toujours été (et reste) un grand consommateur de porc, depuis quelques années, on observe une forte augmentation de la consommation de viande bovine (+ 47% entre 2000 et 2007). A ce rythme, la Chine pourrait devenir le plus gros consommateur de viande bovine d’ici à 2015. Le problème est posé: si la demande devient plus forte alors l’élevage sera plus intense et le méthane se rependra davantage aux quatre coins de notre planète. La Chine élève également ses bovins, avec succès (+43% entre 2000 et 2007) puisqu’elle est placée devant l’Union Européenne mais reste bien entendu derrière les États-Unis, plus gros producteur de viande. Trois milliards de bovins et moi et moi et moi… Comment faire en sorte que les ruminants ne transforment pas la planète en usine à gaz?

Tous végétariens?

Faut-il que nous renoncions tous à notre steak dominical? Pas forcément. Il serait en effet possible de réduire le méthane sans éliminer la vache. Le méthane est le produit de la fermentation des aliments dans le premier compartiment digestif de l’animal: le rumen. Or ce rejet est également une perte considérable d’énergie pour le ruminant. On estime entre 2 et 12% l’énergie contenue dans les aliments, perdue sous forme de méthane. Cette énergie est pourtant essentielle à la productivité du bétail.

Enjeux environnementaux, enjeux économiques: le méthane devrait trouver à se réduire. Des études ont montré qu’en incorporant des huiles végétales riches en acides gras polyinsaturés dans l'alimentation de ces animaux, les émissions de méthane chutent de façon significative. Une autre méthode consiste à introduire des épices dans leur alimentation. Des chercheurs de l’Université de Newcastle ont prouvé qu’en ajoutant du cumin et de la coriandre, la production de ce gaz se réduisait jusqu'à 40%. Alors avant de contraindre la population mondiale à devenir végétarien, pensons à épicer les assiettes de nos vaches avant de les mettre dans les nôtres.

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