Artludik, une galerie parisienne dédiée à la BD et à l'animation

Au coeur de Paris, Artludik expose les créateurs des mondes de l'image, tous ces artistes contemporains qui donnent vie à l'imaginaire.
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La galerie d’art Artludik www.arludik.com/ a pour objectif d’exposer le travail des artistes de la bande dessinée, de l’illustration, du cinéma, des jeux vidéos. C’est donc naturellement que l’on retrouve dans son catalogue des artistes tels que John Howe, visionnaire magistral de la Terre du Milieu ou encore Benjamin, artiste chinois et auteur de bande dessinée.

Ovni parmi les galeristes parisiens.

Ancrée sur l’île Saint Louis, Artludik a été créée en 2004 par Jean-Jacques et Diane Launier et fut la première galerie à réserver l’ensemble de son espace aux œuvres originales conçues pour valoriser, plébisciter et faire connaître, au plus grand nombre, les créateurs d’univers ludiques directement liés à l’industrie contemporaine de l’image.

Venus de tous les coins du globe, qu’ils soient déjà connus ou encore dans l’ombre, nombre d’artistes ont ainsi eu droit à une exposition qui leur fut entièrement consacrée : John Howe, Hayao Miyazaki, Moebius, Taniguchi, H.G Giger (concepteur de la créature de « Alien »), Zack Snyder (« 300 »), Sylvain Chomet (« Les triplettes de Belleville », « L’illusioniste ») et Goef Darrow (« Matrix »).

Des choix audacieux mais séduisants qui ont attiré une belle curiosité urbaine d'amateurs de ces genres, devenus des fidèles, qu'ils aient le plaisir de s'offrir une oeuvre originale ou celui, plus simple, de l'admirer telle une chimère berceuse de leurs rêves.

Benjamin, artiste chinois en vedette.

La dernière exposition qui s’est terminée début mars 2011 était orchestrée autour du travail de Benjamin, auteur de bande dessinée chinoise porté en France sous l’égide des éditions Xiao Pan. C’était la seconde fois qu’il pouvait présenter ainsi ses œuvres graphiques sur grands supports, au même titre que John Howe les années précédentes. Bien entendu, qui dit exposition dit publicité et vente des toiles au public.

La session de 2011 fut un beau succès. On a pu retrouver ce que l’on aime chez Benjamin, des illustrations aux couleurs vibrantes avec une pointe supplémentaire de lumière qui les rend, en comparaison avec ses précédents travaux, plus vivantes. Le style de Benjamin s’étoffe sans se trahir. Les lumières de la ville sont plus nobles, plus gaies et se fondent aux visages qui gardent une emblématique mélancolie, typique de l’artiste.

Benjamin aime montrer la jeunesse chinoise telle qu’il l’a vit lui-même, un rien égarée, en proie aux questions existentielles comme triviales qui ne sont que conséquences naturelles et presque universelles de l’esprit des jeunes de par le monde dans l’époque troublée aux codes détournés qui régissent nos sociétés. Le choc et les choix entre tradition et ouverture au monde et à ses tentations comme à ses déceptions sont dans les histories que contente Benjamin. Et même sans le texte, la force de son travail d’illustrateur délivre déjà une forte présence de ce qui anime chacune de ses histoires.

Un artiste plaisant, qui croque le vie à pleine dents, aime son public, qu’il soit chinois ou français.

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