Coco Wang, une illustratrice chinoise en Angleterre

Avec "Coco en Angleterre", l'éditeur Xiao Pan nous plonge dans le quotidien drôle et coloré de Coco Wang, du temps de ses études en Angleterre. Un régal !
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"Coco en Angleterre" est sorti en avril aux éditions Xiao Pan ( voir aussi http://www.suite101.fr/content/xiao-pan--un-editeur-francais-de-bande-dessinee-chinoise-a25819 ). Ce recueil de 18 historiettes retrace les aventures et mésaventures vécues par la jeune Coco lorsqu’à l’âge de 15 ans, elle accepta la proposition de sa mère : partir en Angleterre poursuivre ses études.

Car Coco n’était pas heureuse dans le système éducatif Chinois, bien qu’enfant unique choyée et gâtée, les 12 heures de cours quotidiens lui étaient un calvaire alors qu’elle ne rêvait que de dessin, de peinture, de BD et de spectacle.

Courageuse, aventurière et décidée à saisir sa chance malgré son jeune âge, Coco a donc débarqué en 1999 à York, intégrant d'abord un cours pour parfaire son anglais avant d’entrer dans uu lycée d'Oxford puis dans une authentique école d’arts, la Wimbledon school of arts de Londres. D’expériences surprenantes (un premier cours de dessin de nu avec un homme pour modèle face à une adolescente venue d’un pays qui ne présente aux élèves artistes que des têtes en plâtre) en situations désolantes (dur de vivre seule et expatriée, de faire sa lessive sans catastrophe, ses repas, ses courses sans impair) en passant par de vrais coups de chance appelés par une audace étonnante (être invitée dans l’intimité des coulisses d’une représentation du « Fantôme de l’Opéra »), Coco dépeint sa vie de londonienne d’adoption avec savoir faire et humour, s’aidant de textes directs et de vignettes dans lesquelles elle se caricature bien souvent.

On se plait et on rit beaucoup à la lecture du résumé ainsi fait des évènements marquants de cette époque au cours de laquelle Coco Wang a reçu une formation de qualité, lui offrant par la suite non seulement de travailler avec les plus grands théâtres de Londres pour la réalisation de décors de scène, mais aussi de fonder sa propre entreprise de l’image en Chine et de promouvoir la BD chinoise en Europe. Son action est d’autant plus stimulante qu’elle ne se présente pas comme une gagnante pour qui tout fut aisé et évident. Les doutes, les pleurs, les embarras, le labeur de devoir travailler pour financer une partie de ses études, le soucis de devoir économiser chaque sou sont bien là, sous le visage rond, mignon, affable et drôle qu’elle se donne en quelques coups de crayons, sous des couleurs pastelles et une bonne humeur ambiante.

Une fois encore, Xiao Pan a déniché un petit bijou de la BD chinoise, encore très différent du reste de son catalogue. C’est avec plaisir et confiance que l’on peut lire les aventures de "Coco en Angleterre", détente, rire et l’impression que, d’où que l’on vienne, on passe par les mêmes interrogations et les mêmes tourments aux mêmes instants de la vie, font de cette bande dessinée une rencontre de grande qualité.

Merci au site des éditions Xiao Pan pour les visuels de cet album.

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