Ergo Proxy, série animée philosophique

A travers une animation spectaculaire de maîtrise, l'histoire de « Ergo Proxy » pose la question de l'identité et de la signification de l'être.
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Dans la ville froide mais sécurisée de Romdo, les humains vivent à l’abri d’un dôme. Un virus mortel ayant décimé la majorité de la population mondiale, cette cité est le dernier eldorado. La survie ne s’est faite que grâce à une technologie avancée et une collaboration quotidienne entre les hommes et les robots, ces derniers ayant pris la place laissée vacante après le désastre démographique et sanitaire. Bien évidemment, les machines, rendues intelligentes par les hommes, sont reléguées aux basses besognes et tenues par leur dépendance énergétique. Tout ceci serait parfait si le virus responsable de milliers de morts n’avait pas muté pour gagner la conscience synthétique des robots. Nommé Cogito, le malin a des effets étonnants sur les machines, elles leur révèlent une conscience ! Poussés par cette nature nouvelle, les « Proxy » tuent les humains et cherchent à gagner leur liberté. Chargée de leur faire la chasse, l’inspecteur Re-I Mayer va se retrouver face à un « Proxy » très différent, plus intelligent, plus rapide et surtout manquant une belle occasion de la tuer. A force de chercher la petite bête, Re-I va découvrir que la soif de liberté des « Proxy » n’est pas anodine…

Une réalisation de qualité.

Le Studio Wow Wow est coutumier des scénarii surprenants aussi semble t-il logique que son attention ait retenu l’imaginaire de l’auteur Dai Satô, habitué aux histoires de robotique torturée par une âme (« Ghost in the shell : stand alone complex » et de monde futuriste sur fond apocalyptique (« Wolf’s rain »).

Mêlant les diverses techniques d’animation, images 2D, 3D et effets numériques, « Ergo Proxy » explore un concept mis en place par des auteurs tels que Isaac Asimov et des films aussi remarquables que « Blade Runner ». Insufflant une consistance certaine à une histoire complexe, cette série de 23 épisodes est portée par trois protagonistes aux antipodes les uns des autres mais prêts pour un éveil, pour faire face à une réalité tout autre que celle imposée au commun des mortels. La quête de vérité habite ainsi à la fois l’homme et la machine, révèle l’expression de sentiments enfouis et s’astreint à un parcours psychologique identitaire posant la société pour ennemie d’elle-même. L'âme dans la machine, bien que née des mains de l'homme, apparaît plus respectueuse de la vie que son créateur et désireuse de sauver l'humanité d'elle-même.

Une réflexion aboutie au travers d'une oeuvre qui ne laisse pas indifférent et parvient à créer la surprise bien que s'appuyant sur une thématique déjà usitée.

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