MPD Psycho, le détective schizophrène, seinen par excellence

Un manga policier qui fait froid dans le dos mais élève le niveau du seinen.

"MPD Psycho" est donc une série policière version manga mais digne des polars les plus sanglants sous un trait fin, acéré qui respecte les physionomies nippones, s’attache aux décors et plante une ambiance à couper au couteau !

Un héros dérangé.

Le jeune inspecteur Yosuke Kobayashi est un brillant profiler, il résout bien des enquêtes et fait la fierté de ses collègues. Une enquête particulièrement sordide va le plonger en enfer. Un paquet arrive à son bureau à son intention et contient le corps mutilé de sa petite amie. Pris de rage, Yosuke redouble d’énergie et ne met pas longtemps avant de retrouver la trace du meurtrier. Alors que les deux hommes sont face à face, le tueur provoquant Yosuke, un coup de feu retentit. Lorsque les renforts arrivent sur les lieux, l’assassin git à terre, mort et Yôsuke affirme qu’il se nomme Shinji Nishizono et que la personnalité de Yôsuke a disparu. Yôsuke passe en procès pour meurtre, et rien ne change. Il affirme toujours être quelqu’un d’autre mais donne un troisième nom, Amamiya Kazuhiko. Les juges pensent à un subterfuge et le condamne pour meurtre non sans tenir compte du traumatisme dû à la mort de sa petite amie. Les années passent et Yôsuke ne refait pas surface. C’est Kazuhiko que ses anciens collègues viennent consulter lorsqu’ils n’ont aucune piste. Le talent qui faisait les brillants résultats de Yôsuke est toujours présent. Libéré quelques années en avance, Kazuhiko se voit proposer un job : une ancienne enquêtrice, Machi, lui offre de la rejoindre dans sa toute nouvelle agence de détective privé. Les enquêtes en lien avec la police se succèdent et Kazuhiko commence à entrevoir la raison de ses personnalités multiples.

Un manga de haute volée.

Le graphisme de Sho-u Tajima est très particulier, attaché aux détails (jusque dans la pilosité des cadavres et les vues sur les détails sordides des meurtres à caractère sadiques), respectant le physique asiatique des personnages, posant des décors choisis pour chaque enquête, chaque scène parfois, affirmant une tonalité pesante qui renforce l’histoire tortueuse de Eiji Ohtsuka.

Une imagination diablement dérangeante que celle mise en scène dans « MPD Psycho » dont le titre fait d’emblée référence à ce que les spécialistes nomment le « multiple personnality disorder » ou trouble de la personnalité multiple et dont souffre le personnage principal. Par le biais d’enquêtes et de crimes à la monstruosité grandissante au fil des tomes (14 parus à ce jour en France, chez Pika éditions www.pika.fr/new/node/1163 ), le lecteur approche un dénouement en pointillé, avec des indices offerts au compte gouttes et des apparitions de nouveaux personnages extérieurs et intérieurs au héros. Mais quel est le sens exact de tout ceci ? Que cache le passé mystérieux de ce héros qui se révélera peut-être le pire tueur parmi les tueurs ? Tout autant de questions sont soulevées, explorées et exploitées pour donner à lire un récit digne des meilleurs romans policiers.

Sur le même sujet