70e anniversaire de la rafle du Vél' d'Hiv

A Paris, le 16 juillet 1942 à 4 heures du matin débute la plus grande arrestation massive des Juifs réalisée en France durant la Seconde Guerre mondiale.
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En 1942 , l’occupant nazi décide de rafler, en zone nord comme en zone sud, les hommes jusqu’à 60 ans, les femmes jusqu’à 55 ans et les enfants de 2 à 16 ans. Ces opérations, programmées par les nazis, sont menées avec la complicité de Vichy.

Laval propose à l’occupant le 4 juillet 1942, lors de la déportation de familles juives de zone non occupée, d’évacuer également les enfants au-dessous de 16 ans. Dans l’attente d’une décision, en zone nord, les parents sont séparés de leurs enfants et déportés, 3 300 enfants restent dans les camps du Loiret. Le 12 août, Eichmann opte pour la déportation de ces enfants.

La Rafle du Vél' d'Hiv'

Cette opération est réalisée par la police française et se déroule sur deux jours, les 16 et 17 juillet 1942 : 12 884 personnes juives dont 4 051 enfants de 2 à 16 ans sont arrêtées à Paris et en banlieue puis conduits dans le stade du Vélodrome d’Hiver, en abrégé "Vél' d'Hiv'".

En fait, seule la police française et quelques officiers nazis seront dans les rues, les soldats allemands ont presque disparu de la circulation durant deux jours. Ils laissent faire leurs amis policiers français. Ceux-ci, dès l'aube, frappent à la porte des appartements où on leur a dit d'arrêter les Juifs. Ils les conduisent ensuite vers des autobus pour les conduire au Vélodrome d'hiver.

Ce lieu était comme son nom l'indique une piste pour des courses de vélos, dans un stade couvert. C'est là, dans les gradins, que furent emmenés les Juifs arrêtés. Le lieu fut choisi parce qu'il pouvait contenir un grand nombre de personnes.

Une opération qui résulte d'une décision du régime de Vichy

La rafle a été préparée de longue date. Depuis la Conférence de Wannsee , en janvier 1942, Eichmann organise les convois de déportation dans toute l'Europe. Il sollicite les représentants nazis dans les territoires occupés pour exécuter des rafles et organiser des convois vers Auschwitz.

Les familles, soit les deux-tiers des personnes arrêtées, sont regroupées dans des conditions déplorables au Vélodrome d'Hiver avant d'être transférées dans les camps du Loiret à Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Les adultes et les plus âgés des enfants sont déportés au cours des semaines suivantes.

La place des Martyrs-Juifs-du-Vélodrome-d'Hiver (15e arr. à Paris)

Cette place est située au carrefour du quai de Grenelle, du quai Branly et du boulevard de Grenelle, à proximité de l'ancien Vélodrome d'Hiver (détruit en 1959). Ce carrefour a reçu son nom par l'arrêté municipal du 20 juin 1986, Jacques Chirac étant maire de Paris, en souvenir de la rafle.

Cette place comporte un monument commémoratif, inauguré le 17 juillet 1994. Il est dû au sculpteur Walter Spitzer et à l'architecte Mario Azagury et représente des civils innocents : enfants, femme enceinte, personnes âgées, toutes symbolisant les victimes de la rafle. Le socle de la statue est incurvé, rappelant la piste du Vélodrome d'Hiver.

À l’occasion des 70 ans de la rafle du Vélodrome d’Hiver, le Mémorial de la Shoah propose trois rencontres

Elles s’inscrivent dans le cadre de la saison mémorielle autour de l’année 1942, décisive dans la déportation et l’assassinat des Juifs de France et d’Europe.

  • Dimanche 15 juillet 2012 14 h 30 : "Les Rafles de Juifs de l’été 1942" (France, documentaire, 7 min, supplément de la fiction Un village français, Ils y étaient… d’Emmanuel Breton, 2011) suivie de "Le Sort des enfants juif"(France, documentaire, 8 min, ibidem ).
  • Mardi 17 juillet 2012 19 h : "Départ du convoi n°6".

Renseignements pratiques

  • Mémorial de la Shoah
  • Lieu : auditorium Edmond J. Safra
  • 17, rue Geoffroy-l’Asnier 75004 Paris
  • Tél. : 01 42 77 44 72 / Fax : 01 53 01 17 44
  • http://www.memorialdelashoah.org/
  • http://1942.memorialdelashoah.org/
  • Tarif : entrée libre.

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