A découvrir à Bordeaux : "Montparnasse / Saint-Germain-des-Prés"

Du 8 novembre 2012 au 10 février 2013, la Galerie des beaux-arts présente des œuvres d'artistes majeurs de l'abstraction de la période d'après-guerre.

L’exposition Montparnasse/Saint-Germain-des-Prés se propose d’illustrer la période de l’après-guerre au cours de laquelle se développent différentes tendances de l’abstraction.

Elle réunit des œuvres d’artistes majeurs, tels que : Olivier Debré, Jean Le Moal, Alfred Manessier , André Marfaing, Gérard Schneider et Geer Van Velde.

Les œuvres sélectionnées ne se limitent pas à l’immédiat après-guerre ou aux années cinquante ; elles ponctuent le parcours de chacun de ces artistes et montrent leur évolution au cours des années qui ont suivi.

La collection réunit près de cinquante œuvres réparties sur les trois niveaux de la galerie. Ce sont pour l’essentiel des toiles de grands formats.

De l’impressionnisme à la représentation de l’abstraction

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, avec les impressionnistes, le geste, la trace, la couleur deviennent des signes formels visibles sur le tableau. Au début du XXe siècle, ces signes, utilisés pour eux-mêmes, dissociés de la représentation, ont donné naissance à l’abstraction.

Kandinsky franchit le premier ce pas en 1910, en Allemagne, avec une aquarelle abstraite. Après lui, l’abstraction prend deux directions : l’une à dominante géométrique, issue du cubisme, l’autre, plus gestuelle, moins formelle, dans les mouvances de l’expressionnisme et du surréalisme.

Naissance de l’École de Paris

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les deux tendances de l’abstraction se côtoient, notamment à Paris. En effet, depuis le début du XXe siècle, Paris accueille et regroupe des artistes venus du monde entier, qui, par leurs recherches, donnent naissance aux avant-gardes et à ce que l’on appellera l’École de Paris.

Durant le conflit, les artistes installés dans la capitale se dispersent, certains rejoignent les Etats-Unis. La guerre finie, beaucoup reviennent. Les quartiers Montparnasse et Saint-Germain-des-Prés deviennent des lieux d’échanges et de vie artistique intense.

La Ruche, cité d’artistes, située dans le XVe arrondissement de Paris, est créée pour venir en aide à des artistes sans ressources.

La peinture non-figuration, l'un des courants les plus importants de l’ École de Paris

  • Jean Le Moal (1909- 2007)
Dès l’âge de quinze ans, Jean Le Moal s’inscrit à l’école des Beaux-arts de Lyon. Il s’installe à Paris en 1929 et suit des cours dans les Académies libres de Montparnasse ainsi qu’à l’Académie Ranson où enseigne Roger Bissière.

En mai 1941, il participe à la première exposition d’avant-garde sous l’Occupation, Vingt jeunes peintres de tradition française qui marque le début de la Nouvelle Ecole de Paris. Le Moal participe à de nombreux salons et contribue à la fondation du Salon de Mai en 1945. Il est également dessinateur, graveur et lithographe.

  • Alfred Manessier (1911 – 1993)
Manessier passe son enfance dans la Somme avant de s’inscrire d’abord à l’école des Beaux-arts d’Amiens puis à celle de Paris, dans la section architecture. En 1943, il expose au premier Salon de Mai dont il est membre fondateur. La nature est un de ses grands thèmes.

A partir des années cinquante, il conjugue les modes d’expression artistique : vitrail, lithographie, mosaïque, émaux et tapisserie. Six mois après sa Rétrospective au Grand Palais à Paris fin 1992, il meurt le 1er août 1993 des suites d’un accident de voiture.

  • Geer van Velde (1898 – 1977)
Geer, commence à travailler très jeune comme apprenti décorateur. En 1925, il et s’installe à Paris. Après une exposition à Londres en 1938, Geer quitte Paris pour Cagnes-sur-Mer où il fréquente Bonnard.

En 1944, il s’installe à Cachan et y crée des œuvres importantes, en explorant les seules ressources formelles de son atelier. Les formats de ses peintures tendent vers le carré et il conserve une palette claire.

Vers l’abstraction lyrique

  • Olivier Debré (1920 – 1999)
Le fils de Robert Debré est reçu en 1938 au concours d’entrée de l’École des Beaux-Arts. Dés le début de la guerre, il s’implique dans la Résistance. Pendant l’Occupation, ses premières œuvres datées de l’hiver 1941-1942 révèlent une peinture tragique.

La guerre achevée, Debré retraduit en noir et blanc la violence et l’horreur des camps de concentration. En 1949, il réalise ses premiers Signes-personnages qui semblent traduire, sa croyance – ou son doute – en l’humanité. En 1953, il peint ses premiers Signes-paysages .

En septembre 1987, inauguration du rideau de scène et du rideau de fer qu’il réalise pour la Comédie-Française. En 1989 il est choisi pour réaliser le rideau de scène du nouvel opéra de Hong Kong. En 1998, il réalise le rideau de scène pour le nouvel opéra de Shanghai.

Le 1er juin 1999, Olivier Debré décède à Paris, dans sa 79e année.

  • André Marfaing (1925 – 1987)
Marfaing entreprend des études de droit à Toulouse. Après quelques années de vie professionnelle, il commence à peindre en autodidacte, tout en suivant des cours de sculpture et de peinture. En 1949, il s’installe à Paris et se consacre à la peinture.

La galerie Claude Bernard à Paris lui organise en mai 1958 sa première exposition. Progressivement, il n’utilise plus que le noir: Dans une première période il peint à l’huile, privilégiant le contraste du noir et du blanc en introduisant parfois des touches de couleur. Puis à partir de 1971, il adopte l’acrylique.

Marfaing réalise des dessins au lavis ainsi que de nombreuses gravures dont le catalogue raisonné a été établi en 2002.

  • Gérard Schneider (1896-1986)
Gérard Schneider découvre la peinture à l’âge de quatorze ans, à Neuchâtel. Reçu à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris, l’impressionnisme et le surréalisme l’intéressent mais, dès les années 30, il compose ses premières œuvres abstraites.

En 1947, il expose pour la première fois au Salon des Surindépendants. En 1948, il est invité à la Biennale de Venise. Cette même année, il prend la nationalité française et s’installe à Paris.

Les années 1951à 1961 verront la reconnaissance de son œuvre. En 1983, il poursuit son œuvre avec des grandes compositions toutes empreintes d’éclats lumineux et de flamboyance. Gérard Schneider meurt en 1986 à Paris, à l’âge de 90 ans.

Renseignement spratiques

  • Galerie des Beaux-Arts
  • Place du Colonel Raynal
  • 33 000 Bordeaux
  • Tél. : 33 (0)5 56 96 51 60
  • Fax : 33 (0)5 56 10 25 13
  • musbxa@mairie-bordeaux.fr
  • Site internet

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