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COLETTE WEINSTEIN

Publié dans : Les articles Culture de Colette Weinstein

"Eugène Boudin" au Musée Jacquemart-André, à Paris

Jusqu'au 22 juillet 2013, une exposition rétrospective des œuvres de cet initiateur de l'impressionnisme est organisée pour la première fois depuis 1899.

Eugène Boudin (1824-1898) est une des grandes figures artistiques de la deuxième moitié du XIXe siècle.

En initiant la peinture sur le motif, il se détache de l’académisme et va devenir l’un des précurseurs des impressionnistes. Comme eux, il privilégie des thèmes liés à la nature, qui se distinguent par leur beauté translucide.

Certaines œuvres de l’artiste sont présentées pour la première fois en France : le Musée Jacquemart-André ayant bénéficié des prêts accordés notamment par la National Gallery de Washington ou du Museum of Fine Arts de Boston.

"Eugène Boudin", est une exposition labellisée Normandie Impressionniste.

L’exposition offre aux visiteurs la possibilité de suivre, pas à pas, le cheminement d’un artiste à la charnière de deux époques

Comme les impressionnistes, Eugène Boudin privilégie des thèmes liés à la nature, qui se distinguent par leur beauté translucide. Il a une place bien particulière sur la scène artistique de la fin du XIXe siècle.

Son art se caractérise par une recherche obstinée et passionnée des instantanés de la nature et de la lumière, recherche qui le portera toute sa vie.

Pour mieux retracer les promenades et voyages de cet artiste, l’exposition propose un parcours à la fois thématique et géographique, avec plus d’une soixantaine d’œuvres d’Eugène Boudin, dont 34 qui n’ont jamais été présentées en France.

La scénographie lumineuse et raffinée rappelle l’atmosphère élégante des plages normandes que l’artiste aimait tant peindre

Né à Honfleur en 1824, Eugène Boudin commence par peindre sa région natale de Normandie. C’est là, face au ciel changeant de l’estuaire de la Seine, qu’il traduit en peinture les "simples beautés de la nature", influencé dans sa démarche par Corot et les peintres de l’École de Barbizon.

En juillet 1854, il s’installe à la ferme Saint-Siméon, auberge populaire, où il entraîne ses amis, Courbet (1819-1877) et le jeune Monet (1840-1826), qu’il convertit à la peinture au cours de l’été 1858. Il rencontre à Honfleur en 1862 le peintre néerlandais Jongkind (1819-1891) et une grande amitié va naître entre ces deux peintres de marines.

Eugène Boudin qui aime particulièrement séjourner à Trouville assiste au développement rapide de Deauville, station balnéaire lancée par le demi-frère de Napoléon III, le duc de Morny.

À l’heure où se développe la mode des bains de mer, il est ainsi, à partir de 1862, l’un des premiers artistes à représenter des élégantes sur les plages normandes. Au XXe siècle, ces Scènes de plage deviendront indissociables de son nom.

Eugène Boudin, qui travaille essentiellement d’après nature, multiplie les études de ciel, dont il décrit les variations au fil des heures et des saisons (Le Havre vu depuis Honfleur, collection particulière).

Les séries de pastels qu’il réalise séduiront très tôt Charles Baudelaire (1821-1867) qui les découvre dans l’atelier honfleurais du peintre.

À la fin des années 1860, Eugène Boudin délaisse les scènes de plage et, à la demande de l’un de ses marchands, il se tourne vers la peinture de marines, que pratique déjà son ami Jongkind. Pendant une dizaine d’années.

Dans ses tableaux, il donne toujours une place prépondérante au ciel et en restitue les infimes variations par sa touche vibrante et transparente. Eugène Boudin s’impose comme le maître incontesté des représentations de ciels.

Eugène Boudin n’est pas seulement un peintre de paysages : il aime à traiter une grande variété de sujets qu’il découvre au fil de ses voyages et qui lui permettent d’expérimenter de nouvelles approches picturales.

Ainsi, après avoir représenté les élégantes des plages normandes, il s’attache aux figures de la vie quotidienne des bords de mer. De tous les sites du nord de la France, Berck est sans doute l’un de ceux qu’Eugène Boudin préfère.

De chaque lieu qu’il visite, Eugène Boudin peint plusieurs déclinaisons sur nature, qui varient selon les heures du jour, les saisons ou les marées, comme dans les œuvres qu’il consacre à la plage de Deauville.

Son goût pour l’étude de la lumière amène ainsi Eugène Boudin à mettre très tôt en œuvre le principe de la "série". Cette approche novatrice préfigure celle que systématisera par la suite Monet, dont la série des cathédrales de Rouen, peinte entre 1892 et 1894, a été réalisée bien après les études de la collégiale d’Abbeville par Eugène Boudin, qui datent des années 1880.

Très affecté par la mort de sa femme, en 1889, Boudin traverse une période moralement difficile. En 1892, il doit se rendre dans le Midi pour des raisons de santé. Il se laisse séduire par "la clarté des ciels" sur la Côte d’Azur.

En 1897, bien que déjà très affaibli, il entreprend un périple sur les lieux qu’il a aimés, Honfleur et la Bretagne. Il y esquisse plusieurs tableaux, telle cette vue de la pointe du Raz dont la composition inhabituelle est un hommage à la série de peintures exécutées par Monet à Belle-Île, en 1886.

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