user_images/35715_fr_fiancaille.jpg

COLETTE WEINSTEIN

Publié dans : Les articles Histoire de Colette Weinstein

La légendaire valise mexicaine de Robert Capa

Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) présente jusqu'au 30 juin 2013 les négatifs retrouvés de la guerre civile espagnole.

La légendaire valise mexicaine de Robert Capa contenant des négatifs de la guerre d’Espagne est présentée pour la première fois à Paris, au MAHJ, dans une nouvelle scénographie conçue par Patrick Bouchain.

Cette exposition retrace l’histoire des trois boîtes contenant les 4 500 négatifs des reportages de Capa, Taro et Chim pendant la Guerre d’Espagne, disparues à Paris en 1939 et retrouvées dans un appartement à Mexico en 2007, 70 ans après.

Pris pendant toute la guerre d’Espagne, de 1936 à 1939, ces négatifs montrent des soldats républicains espagnols et des civils espagnols dans la vie quotidienne, dans la bataille ou dans des situations domestiques.

L’exposition est rythmée par 32 sections offrant un véritable panorama de la guerre civile Espagnole.

Des documents en très bon état de conservation, relatant un conflit qui a changé le cours de l’histoire européenne

L’annonce officielle en 2008 de la redécouverte de cette valise – constituée en réalité de trois petites boîtes –, dont la trace avait été perdue depuis 1939, a provoqué un engouement considérable dans l’univers du photoreportage et de la recherche historique.

D’un exceptionnel intérêt documentaire, ces films et clichés racontent aussi l’histoire de trois célèbres photographes juifs, totalement investis dans la cause républicaine, qui, au prix de risques considérables, ont jeté les bases de la photographie de guerre actuelle et donné ses lettres de noblesse au photoreportage engagé.

Portraits, scènes de combat, images rappelant les effets terribles de la guerre sur les civils, les négatifs de la valise mexicaine, dévoilent pour la première fois certaines images totalement inédites.

Une nouvelle scénographie pour "La Valise mexicaine"

La configuration des espaces d’exposition temporaire disponibles au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme et le linéaire demandé pour la mise en œuvre de l’exposition ont amené à proposer une scénographie mêlant un accrochage mural et des dispositifs posés au sol.

Capa, Chim et Taro étaient jeunes et pleins d’espoir. L’adaptation de la scénographie, évoquant une foule en mouvement, renforce cette idée.

Dès l’entrée, les boites vertes de la valise donnent le départ d’un parcours joyeux et tourbillonnant, mêlant au ruban de l’histoire. Au dessus, pendues dans l’espace, des banderoles portent tantôt des titres, tantôt des chapitres et tantôt des textes.

La Valise mexicaine, perdue et retrouvée

En 1939, Robert Capa quitte en urgence la France pour les États-Unis, laissant dans son studio parisien, 37, rue Froidevaux, des boîtes contenant des négatifs et des tirages de la Guerre d’Espagne.

Son ami Csiki Weisz, un photographe hongrois lui aussi réfugié à Paris, les emporte à Bordeaux. On perd alors toute trace de ces images. Pendant près de quarante ans, elles sont recherchées en vain. Toutes sortes de rumeurs circulent sur l’existence de ces négatifs disparus.

Ceux-ci sont en possession de Benjamin Tarver, un cinéaste mexicain qui les a hérités de sa tante. En 2007, il livre les images à Trisha Ziff une conservatrice de Mexico. Ziff remet la Valise mexicaine à l’ICP le 19 décembre 2007.

Les photographes

  • Robert Capa (Budapest, 1913 – Thai Binh, Indochine, 1954)
Né André Friedmann, Robert Capa est l’un des plus célèbres photojournalistes du XXe siècle. Il quitte la Hongrie et sa famille, des tailleurs juifs de Budapest, à l’âge de dix-sept ans, pour cause d’activités gauchistes, et se réfugie à Berlin. En 1933, il s’installe à Paris et se fait connaître par ses photographies de la guerre d’Espagne.

  • Gerda Taro (Stuttgart, 1910 – Brunete, Espagne, 1937)
Ce fut l’une des premières femmes photojournalistes reconnues. Née Gerta Pohorylle, élevée à Leipzig dans une famille juive, elle choisit de s’exiler à Paris en 1933, où elle rencontre « André » Friedmann et se lance dans la photographie. Elle consacre sa courte carrière presque exclusivement à la photographie dramatique des lignes de front de la guerre d’Espagne.

  • Chim (Varsovie, 1911 – Suez, 1956)
De son vrai nom Dawid Szymin, grandit dans une famille d’intellectuels et d’éditeurs de livres en hébreu et en yiddish. En 1933, après avoir étudié les arts graphiques à Leipzig, il s’oriente vers la photographie pour gagner sa vie en poursuivant ses études à la Sorbonne. Comme Capa, il couvre la totalité de la guerre d’Espagne.

L’engagement des brigadistes et des intellectuels juifs dans la guerre d’Espagne

Pendant la guerre d'Espagne (1936-1939), 35 000 volontaires ont pris les armes aux côté de la République espagnole. Parmi eux, plus de 7 000 étaient juifs comme l'ont montré David Diamant et Arno Lustiger dans leurs ouvrages sur l'engagement juif dans ce conflit : une proportion énorme, majoritairement communiste mais aussi socialiste ou sioniste de gauche.

Ils venaient de toute l'Europe mais aussi des États-Unis et de Palestine.

À cette époque, le fascisme, l'hitlérisme et l'antisémitisme sévissent en Europe. Pour ces militants, qui souvent ont déjà du fuir leurs pays, le choix de rejoindre les Brigades internationales est clair. La bataille contre le fascisme passe par Madrid, il faut y être.

Source d’information et renseignements pratiques

À propos de l'auteur

user_images/35715_fr_fiancaille.jpg

COLETTE WEINSTEIN

Rédactrice de plus de 750 articles parus sur le site "Suite101.fr", dont
  • 837

    Articles
  • 24

    Séries
  • 1

    Abonnés
  • 0

    Abonnements

Poursuivez la discussion!