user_images/35715_fr_fiancaille.jpg

COLETTE WEINSTEIN

Publié dans : Les articles Histoire de Colette Weinstein

Le ghetto de Varsovie (1940-1943)

70 ans après l'insurrection héroïque menée du 19 avril au 16 mai 1943 par les Juifs persécutés, une émouvante cérémonie du souvenir a eu lieu à Varsovie.

En 1941, dans le quartier juif de Varsovie, érigé au centre de la capitale de la Pologne, sont entassés près de 450 000 personnes.

Le ghetto, d’une superficie d’environ 300 hectares, est entouré d’un mur haut de 3 mètres et long de 18 km. L’occupant allemand y pratiquant une politique de terreur, le 19 avril 1943 la résistance juive tente de s’organiser.

Le 19 avril 2013, devant plusieurs milliers de personnes, une grandiose cérémonie est organisée devant le mémorial aux héros de l'insurrection du ghetto, avec le chef de l'Etat polonais Bronislaw Komorowski, le président du Parlement européen Martin Schulz, le ministre israélien de l'Education Shai Piron et des survivants de la Shoah.

La création du ghetto de Varsovie

C’est dans une Pologne occupée et dans un monde en guerre, que dés l’automne 1939 commencent les persécutions antijuives par le gouvernement général. À partir du 1er décembre, tous les Juifs âgés de plus de douze ans doivent arborer un brassard blanc où figure une étoile de David bleue.

D’autres mesures, prises au cours de l’automne et de l’hiver 1939-1940, visent à isoler et à brimer : couvre-feu, interdiction de changer de domicile, de voyager en chemin de fer, confiscation des postes de radio, interruption fréquente de la distribution du courrier, interdiction de fréquenter les jardins publics, etc.

Le travail obligatoire et les ateliers

Au cours des premiers jours de l’occupation de la Pologne, les Allemands raflent en pleine rue des passants juifs pour les contraindre, sur-le-champ, à travailler pour eux sans rémunération. Ils ne paieront jamais ces travailleurs.

Fin 1939, 28 camps de travail sont installés dans la région marécageuse de Lublin, et 14 dans la zone de la capitale. À l’été 1940, 107 000 Juifs de Varsovie travaillent pour les Allemands comme des quasi esclaves.

La faim dans le ghetto

Le processus d’affamement est programmé par l’autorité allemande pour briser toute résistance. Cette souffrance, quotidienne, concerne plus de la moitié d’une population à laquelle elle ôte toute velléité de révolte en réduisant chacun à un état d’extrême misère, physiologique et psychique.

En 1941, la ration quotidienne est de 2 613 calories pour un Allemand de Varsovie, 699 calories pour un Polonais, et 184 calories pour un Juif. Bientôt apparaissent dans les rues les premiers morts d’inanition.

L’Aktion Reinhardt : "grande déportation" qui débute le 22 juillet 1942 et sème la terreur

Afin de briser toute velléité de résistance, l’occupant pratique dès les premiers jours une politique de terreur : humiliation répétée et violence gratuite. À partir du printemps 1942, les SS entrent chaque nuit dans le ghetto pour y assassiner leurs victimes qu’elles laissent baignant dans une mare de sang.

Une première organisation est chargée de déporter des Juifs depuis les ghettos jusqu'aux lieux de leur assassinat. La seconde est chargée de l'extermination proprement dite, et de la construction de trois camps qui servent uniquement à la mise à mort : Belzec, Sobibor et Treblinka.

Ces camps n'étaient pas des camps de concentration. Aucun déporté qui y arrivait n'était destiné à y demeurer. Tous devaient être assassinés.

L’insurrection du ghetto de Varsovie (19 avril – 16 mai 1943)

Dés l’entrée des Allemands dans le ghetto le 19 avril 1943, l’Organisation juive de combat déclenche l’alerte et les premières unités SS qui pénètrent à l’aube du 19 sont repoussées par les insurgés. La résistance juive ne compte pas plus de 750 combattants, et les Allemands déploient plus de 2 000 hommes lourdement armés, bénéficiant du soutien de l’artillerie, des blindés et de l’aviation.

Himmler donne alors l’ordre de liquider le ghetto. Après de nombreuses déportations, le 16 mai 1943 l’occupant incendie maison après maison, condamnant tous les habitants à périr dans les flammes. Le généra Stroop câble alors à Himmler : "Il n’existe plus de quartier juif à Varsovie".

Les Juifs des ghettos et des camps répondirent aussi à l'oppression nazie par diverses formes de résistance spirituelle.

Le 19 avril 2013 : pour la 70e commémoration de l’insurrection du ghetto, des jonquilles sont offertes aux visiteurs pour symboliser le souvenir, le respect et l’espoir

A Varsovie, des bénévoles ont distribué des jonquilles de papier spécialement conçues pour que le public puisse la porter sur son vêtement, ainsi que l’était l’étoile jaune, obligatoire pour les Juifs vivant en France en cette période.

Fleurissant en avril, mois de soulèvement, des jonquilles jaunes étaient déposées devant le Monument aux héros du ghetto, à chaque anniversaire, par Marek Edelman, le dernier commandant du soulèvement juif, décédé en 2009.

Sources des informations

À propos de l'auteur

user_images/35715_fr_fiancaille.jpg

COLETTE WEINSTEIN

Rédactrice de plus de 750 articles parus sur le site "Suite101.fr", dont
  • 836

    Articles
  • 24

    Séries
  • 1

    Abonnés
  • 0

    Abonnements

Poursuivez la discussion!