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COLETTE WEINSTEIN

Publié dans : Les articles Voyages & Découvertes de Colette Weinstein

Les premiers concours officiels agricoles à Poissy au XIXe siècle

En 2013, La Maison du Charolais présente une exposition qui fait découvrir aux visiteurs l'histoire des concours agricoles de 1843 à nos jours.

A Charolles, au sud de la Bourgogne, l’espace muséographique de la Maison du Charolais propose de faire connaître au public l’histoire des concours bovins de Poissy.

Dès 1770, des éleveurs du charolais parcourent des centaines de kilomètres avec leurs animaux pour les vendre sur le marché bovin de Poissy, alors un des plus important de France, et approvisionner Paris en viande bovine.

A travers des reproductions de gravures et articles de journaux d’époque, le visiteur découvre un univers où améliorer les qualités des animaux était déjà au cœur des préoccupations.

Situation de l’agriculture au XVIIIe et début du XIXe siècle.

Le cheptel bovin français est un amalgame de races diverses reconnues comme étant médiocres. Le système féodal en vigueur jusqu’à la révolution ne laisse aucune liberté aux paysans pour travailler en faveur d’un développement de l’agriculture et notamment l’amélioration du bétail.

Les terres de culture se divisent en trois parties : deux sont réservées pour la culture et une est gardée en jachère. La rotation des parcelles se fait sur la base d’un assolement triennal : chaque terrain se repose tous les 3 ans, et accueille pendant cette période le bétail de tous les habitants qui ont le droit d’y faire pâturer leurs animaux.

La liberté de cultiver, de posséder son propre troupeau sans le confier au pâtre communal, de clore, de créer ou d’étendre des prairies artificielles, de choisir l’outillage à utiliser ne sera obtenue qu’en 1791, suite à la modification du code rural.

Le cas particulier du Charolais-Brionnais.

Bien avant la modification du code rural de 1791, dans la province de Bourgogne, deux baillages, le comté du Charolais et le Brionnais, jouissent d’une gestion des terres totalement différente et beaucoup plus libre.

Bien que de petite taille, les deux baillages du Charolais Brionnais nourrissent proportionnellement plus de bétail que les autres baillages de Bourgogne. Ce bétail est reconnu robuste et supérieur : c’est la race charollaise.

Ainsi, dans ces deux baillages, on engraisse déjà les animaux pour la boucherie. Si bon nombre de bovins sont vendus sur les marchés de Lyon, quelques-uns vont également sur les marchés de Paris et de Poissy.

Arrêté du 31 mars 1843 : création du 1er concours officiel d’animaux gras à Poissy

Sous l’influence des administrations agricoles et de notables regroupés en comices agricoles et sociétés d’agriculture, l’Etat créé le Concours d’animaux gras de Poissy.

Avec il entend favoriser «la propagation des races, qui par la perfection de leurs formes ou leur développement précoce, fournissent plus abondamment à la consommation » (extrait du règlement du concours). Le premier aura lieu le 8 février 1844.

Les races anglaises ont le champ libre. Tout au long de leur histoire, les concours seront un moyen d’évaluer les performances des animaux et, en servant ainsi de modèle à l’ensemble de l’agriculture, permettront l’amélioration des races.

Le marché aux bestiaux de Poissy devient un des marchésobligatoires de bœufs et de moutons le plus connu de France : du moyen âge à 1867, il fournit Paris en viande.

Pourtant par un règlement de 1375, le prévôt de Paris interdit aux bouchers parisiens d’acheter dans les marchés régionaux.

En mars 1803, "l’arrêté du 30 ventôse an XI établit que dans un rayon de dix myriamètres (100km) autour de Paris il ne pourra être vendu ni acheté de bestiaux propres à la boucherie que sur les marchés de Sceaux et de Poissy, à l’exception des marchés aux veaux et aux vaches".

Poissy devient l’un des quatre marchés officiels obligatoires, seuls lieux où peuvent s’approvisionner les bouchers parisiens. Ainsi avec celui de Sceaux le lundi, ils assurent l’approvisionnement de Paris. Il ferme en 1867 avec l’ouverture de celui de la Villette.

En 1881, une page se tourne : l’Etat républicain affiche une nouvelle volonté politique avec la création d’un ministère de l’agriculture qui fixe de nouveaux objectifs

Les concours «doivent désormais servir les intérêts, non pas d’une féodalité agricole de hobereaux et de grands seigneurs, mais ceux d’une démocratie rurale. Ainsi, la vedette des célébrations républicaines de Paris - depuis 1870 le rassemblement annuel a pris le nom de Concours Général Agricole : l’imaginaire républicain récuse le bœuf gras.

L’Etat attribue une nouvelle fonction aux concours. Ils sont désormais le "fer de lance de la sélection des races indigènes". L’exhibition des reproducteurs reçoit les encouragements officiels. Les bovins charolais trouvent très rapidement leur place en haut de l’affiche.

De 1890 à 1914, on assiste au triomphe des animaux charolais (et nivernais) au Concours Général Agricole. Aujourd’hui encore, ils sont toujours très présents au Salon International de l’Agriculture

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