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COLETTE WEINSTEIN

Publié dans : Les articles Culture de Colette Weinstein

Marc Chagall, au musée du Luxembourg

La Réunion des musées nationaux - Grand Palais organise l'exposition ; "Chagall, entre guerre et paix" du 21 février au 21 juillet 2013.

Réunissant une centaine d’œuvres provenant de musées en France et à l’étranger, l’exposition présentée au musée du Luxembourg met en lumière la singularité avec laquelle Marc Chagall (1887-1985) aborde les représentations de guerre et celles de paix.

L’artiste meurt presque centenaire. Il a traversé le XXe siècle, connu une révolution, deux guerres et l’exil, côtoyé quelques-uns des artistes les plus novateurs, produit une œuvre dans laquelle peuvent se lire son expérience intime de l’Histoire, le souvenir de ses rencontres, de ses voyages et de sa patrie.

L’exposition Chagall s’attache à montrer une collection qui varie en fonction des événements historiques, des situations et des émotions de l’artiste, et demeure intrinsèquement liée à la conscience que celui-ci a de son identité.

Commençant avec la Première Guerre mondiale, le parcours de l’exposition illustre quatre étapes clés de la vie et de l’œuvre de Chagall

Le parallèle entre les images de guerre et les images de paix révèle la complexité d’une œuvre qui ne se réduit jamais à un genre donné, mais intègre les événements, les situations et les émotions de l’artiste.

  • La Russie en temps de guerre
Marc Chagall naît le 7 juillet 1887 à Vitebsk, en Russie, dans une famille juive. Il part en 1907 étudier à Saint-Pétersbourg, en 1909, il rencontre Bella Rosenfeld. Après un séjour de trois ans à Paris, Chagall retrouve Bella qu’il épousera en 1915 et leur fille Ida naît le printemps suivant. Il y est surpris par la déclaration de guerre.

À Vitebsk, qui est une ville-garnison, Chagall assiste aux mouvements des troupes et des populations chassées des lignes de front en 1914-1915. Il évoque à de nombreuses reprises, avec un regard plein de tendresse, le monde de ses racines culturelles et sociales. La plupart des sujets qu’il traite appartiennent à son environnement immédiat et illustrent les rituels de la vie juive.

  • L’entre-deux guerres en France
En 1922, Chagall quitte définitivement la Russie. Après une étape à Berlin, il revient à Paris où il se consacre, à la demande de l’éditeur Ambroise Vollard, à l’illustration de différents livres dont la Bible. Avant d'entreprendre ce projet, il ressent la nécessité de comprendre la terre mythique de ses ancêtres et part pour la Palestine en 1931.

L’expérience est bouleversante, tant sur le plan plastique que sur le plan spirituel. Parallèlement aux œuvres consacrées aux paysages, aux portraits et aux scènes de cirque, il réalise des peintures où figurent des personnages hybrides mi-animaux, mi-humains ainsi que de nombreuses images du couple.

  • L’exil aux États-Unis : les temps menaçants
L’artiste acquiert la nationalité française en 1937. Les autorités nazies saisissent les œuvres de Chagall dans les collections publiques allemandes et trois de ses toiles sont présentées dans l’exposition « Art dégénéré » à Munich. Les événements politiques obligent Chagall à quitter la France et à s’exiler aux États-Unis en 1941.

Installé à New York, il n’ignore pas les actes de Barbarie qui dévastent l’Europe et son pays natal. Guerre, persécutions, exode, villages en flammes hantent alors ses tableaux : désormais, une tonalité sombre envahit sa peinture. Après le décès soudain de Bella en 1944, Chagall cesse de peindre pendant près d’un an. Il s’installe définitivement en France en 1948.

  • L’après-guerre et le retour en France : vers la sérénité
Chagall rentre définitivement en France en 1949 et s’installe à Orgeval, puis à Vence. Il parvient peu à peu à une plus grande sérénité et emprunte aux paysages de la Méditerranée leur lumière sublime. L’artiste se consacre à de grands cycles constitués de peintures ou d’esquisses qui traduisent le travail en série autour d’un thème : la série de Paris et ses monuments ou encore le cycle du Message biblique.

Son usage de la couleur se modifie sensiblement et donne naissance à des tableaux où se mêlent à la fois des tonalités expressives et une étonnante luminosité. Cette dialectique de la guerre et de la paix, prise dans son sens le plus large, permet de mettre en relief des aspects essentiels de l’œuvre de Chagall.

Découverte d’un tableau de Marc Chagall : "La Thora sur le dos" peint en 1933, (visuel de cet article)

Il s’agit d’une encre, gouache, aquarelle sur papier vergé filigrané, dont les dimensions sont de 28,3 x 21 cm Cette œuvre provient du Centre Georges Pompidou, Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle, dation en 1988.

Le tableau représente un petit homme fluet, vêtu de noir, à la manière des juifs pieux, un scribe peut-être, puisqu’il est doté d’une plume, absorbé dans sa tâche. Il semble porter sur son dos, le plus naturellement du monde, un rouleau de Torah démesuré : la Torah l’accompagne dans son cheminement, elle est tout à la fois une source spirituelle, un soutien et une charge.

Dans son manteau, marqué d’une étoile de David, elle apparaît comme un monument, une sorte de tour, allégorie du nom de Dieu, rappelant ce verset des Proverbes de Salomon (chapitre XVIII -10) : "Le nom du Seigneur est une tour fortifiée, le juste s’y réfugie et y est hors d’atteinte".

Programmation culturelle

  • Visites-conférences
  • Ateliers de pratiques artistiques
  • Cycle de débats et de conférences
  • Autres événements au musée
  • Ressources en ligne
  • Audioguides et applications
Pour connaître toute l’activité culturelle proposée par le musée, cliquez : « ICI »

Source d’information et renseignements pratiques

À propos de l'auteur

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