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COLETTE WEINSTEIN

Publié dans : Les articles Culture de Colette Weinstein

"Marie Laurencin" : première exposition dans un musée français.

Jusqu'au 30 juin 2013, le Musée Marmottan Monet rend hommage à Marie Laurencin (1883-1956), une des femmes-peintres parmi les plus célèbres du XXe siècle.

Jo Dassin évoque l’artiste dans sa chanson L’été Indien : "Avec ta robe longue tu ressemblais à une aquarelle de Marie Laurencin"

L’exposition présentée par le Musée Marmottan Monet est un juste hommage – longtemps attendu – à l’une des artistes les plus attachantes et les plus raffinées de la peinture française de la première moitié du XXe siècle.

Sa redécouverte permettra, plus de cinquante ans après sa mort et pour célébrer le cent trentième anniversaire de sa naissance, de redonner sa place, longtemps occupée sur la scène artistique parisienne, à celle dont Matisse disait : "Au moins, en voilà une qui n’est pas qu’une fauvette".

L’exposition est aussi un témoignage éclatant de l’aventure moderniste de l’époque.

Présentation de l’exposition Marie Laurencin au Musée Marmottan Monet

Parmi les quelques quatre-vingt-dix œuvres rassemblées au Musée Marmottan Monet, une large majorité provient du musée que les mécènes japonais, M. Takano et son fils M. Yoshizawa, lui ont consacré depuis une trentaine d’années près de Tokyo.

Nos amis nippons, en raison de leur sensibilité propre et de leur francophilie légendaire, ont été les premiers à acquérir les œuvres les plus abouties du peintre, relevant l’évolution subtile de sa facture et de son chromatisme au fil de cinquante ans de peinture.

Plusieurs musées et collectionneurs français ont permis de compléter ce panorama aussi séduisant qu’emblématique de cette œuvre qui participe pleinement du génie français au XXe siècle.

L’univers de Marie Laurencin

Enfant naturelle, élevée non loin de Montmartre par une mère couturière exigeante et silencieuse, Marie est brièvement formée à l’Académie Humbert où Georges Braque est son condisciple. Marie Laurencin sut séduire tout à la fois comme femme et comme artiste.

A travers son art, elle charma ses contemporains, les peintres, les collectionneurs, les écrivains comme un certain milieu mondain. Son statut de femme-artiste libre, impose un style pictural propre indépendant d’un univers avant-gardiste masculin. Henri-Pierre Roché l’encourage. Avec son mari Otto von Wätjen, elle découvre l’Espagne et Goya.

Bientôt, elle fréquente le Bateau-lavoir et Picasso la présente en 1907 à Wilhelm de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire. Après la Première Guerre mondiale et son exil espagnol, elle s’éloigne du monde des arts pour celui des lettres : à la compagnie des peintres elle préfère maintenant celle des écrivains.

L’œuvre de Marie Laurencin

Ses amitiés lui inspirent en particulier de nombreuses variations comme autant d’autoportraits autour d’un éternel féminin : rondes de jeunes filles aux effigies intemporelles qu’elle pare volontiers de perles ou de fleurs.

L’art de Marie Laurencin culmine alors dans son genre de prédilection, le portrait, et incarne durant les "années folles" le raffinement du goût à la française. Elle devient, à partir de 1923, la portraitiste consacrée de personnalités comme Coco Chanel, la Baronne Gourgaud, Lady Cunard et Madame Paul Guillaume.

Dans sa maturité, Marie Laurencin préfère la compagnie des écrivains à celle des peintres dont elle admire avec trop de modestie l’éclatante réussite. Jusqu’au soir de sa vie, elle continue à réinventer un monde de rêveries dont la fraîcheur élégiaque est la plus poétique des qualités.

Après une brillante carrière de "femme-peintre", Marie Laurencin voit sa renommée s’estomper vers les années 1950

L’artiste prend en charge l’éducation et la responsabilité d’éduquer la fille d’une de ses servantes, qui deviendra en 1954, sa fille adoptive et signera désormais "Suzanne Moreau-Laurencin ". Par testament, elle lui laisse ses biens, et choisit pour ayant droit la fondations Apprentis d’Auteuil

Marie Laurencin meurt d’une crise cardiaque, dans son appartement à Paris, au soir du 8 juin, dans sa soixante-douzième année. Après une cérémonie religieuse à l’église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise, selon son vœu, vêtue de blanc, une rose à la main, les lettres de Guillaume Apollinaire sur son cœur.

Elle avait choisi Micheline Sinclair, fille de Paul Rosenberg, et mère de la jeune Anne Sinclair, comme exécutrice testamentaire.

Source d’information et renseignements pratiques

  • Musée Marmottan Monet
  • 2, rue Louis-Boilly 75016 Paris France
  • Tél. : 01 44 96 50 33
  • www.marmottan.com

À propos de l'auteur

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COLETTE WEINSTEIN

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