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COLETTE WEINSTEIN

Publié dans : Les articles Maison & Décoration de Colette Weinstein

Mode et décoration sous le Second Empire

L'exposition "Folie textile" est présentée du 7 juin au 14 octobre 2013 par les Musées et domaine nationaux du Palais de Compiègne.

Dans la décoration comme dans la mode, le textile a connu un remarquable engouement sous le Second Empire (1852-1870), encouragé tant par les fastes de la cour de Napoléon III et Eugénie que par le développement sans précédent de l'industrie.

L'exposition du Palais de Compiègne se propose d'explorer l'originale profusion de ces textiles du Second Empire, et met en regard de façon inédite les correspondances entre textile d'habillement et textile d'ameublement.

Folie textile s’attache à montrer à travers un cheminement didactique les étapes de la chaîne qui conduit du matériau brut à sa transformation et à son utilisation dans la vie quotidienne. La scénographie est conçue comme une série de petites mises en scène entre lesquelles le public déambule.

Le palais impérial de Compiègne

De Clovis à Napoléon III, presque tous les souverains ont séjourné à Compiègne, résidence située aux abords de l'une des plus belles forêts de France.

Les quatre familles royales qui se succédèrent (Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens et Bourbons) y édifièrent des demeures. Louis XIV n’y fit pas moins de 75 séjours.

Mais c’est Napoléon III qui fit du Palais de Compiègne sa résidence de prédilection : à partir de 1856, la Cour y passait régulièrement une partie de l’automne : ce fut le temps des fameuses « Séries de Compiègne » : le Palais accueillait alors trois ou quatre séries successives d’une centaine d’invités, qui y séjournaient une semaine.

La scénographie de l’exposition"Folie textile" est conçue comme une série de petites mises en scène entre lesquelles le public déambule

Comme le raconte si bien Emile Zola dans Au Bonheur des dames, le Second Empire (1852-1870) a connu une sorte de "Folie textile" qui s'exerça dans le domaine de la décoration intérieure comme dans la mode.

L'exposition vise à recréer cette atmosphère foisonnante, où le coton et la laine se mêlaient à la soie, où les arabesques des cachemires côtoyaient les fleurs exotiques, les bambous venus du Japon ou les putti inspirés du XVIIIe siècle

Matières, couleurs, motifs et techniques, tout concourt à faire du textile sous le Second Empire un univers riche et complexe. Alors que le Second Empire voit la création des premiers colorantsartificiels et la diffusion de l'impression sur étoffe, l'exposition s'attache à faire découvrir les couleurs et les motifs à la mode : fleurs, rayures et ornements orientalistes envahissent le textile.

L'ABC du textile : la première partie vise à donner au visiteur des clefs de compréhension

L'éventail des principales matières textiles utilisées sous le Second Empire, la soie, la laine, le coton et le lin, est tout d'abord déployé comme une invitation à la découverte. Elles sont présentées dans toute la diversité de leurs applications, du lé à l'objet fini, tant dans le domaine de l'ameublement (fauteuil, rideau, paravent, etc.) que dans celui du vêtement.

Une section est également consacrée à l'évocation des principales techniques de fabrication, aspect d'autant plus important que le Second Empire marque l'entrée véritable de la France dans la Révolution industrielle.

Le visiteur quitte cette première partie en traversant un grand « mur de motifs » juxtaposant soieries, cotonnades et lainages. Il plonge ainsi au cœur de l'abondance décorative caractéristique de cette période.

Du textile à l'objet : dans cette deuxième partie, les domaines majeurs d'utilisation du textile sont présentés dans deux parcours mis en parallèle

Le tapissier devient le nouveau chef d'orchestre du décor intérieur bourgeois, répondant au goût du temps pour le textile. Son art est évoqué à travers quelques sièges typiques de l'époque, notamment les célèbres "confortables" capitonnés.

L'importance des passementeries, véritables bijoux textiles qui viennent enrichir mobilier et tentures, est également soulignée. Des vitrines pédagogiques évoquent concrètement les modes de fabrication de ces éléments décoratifs.

Évoqués en parallèle, l'univers du textile d'ameublement et celui du textile de mode se rejoignent au centre de cette deuxième partie sur un podium, où se juxtaposent robes ou tenues et rideaux ou lés pour tentures.

Le textile à la cour impériale : cette troisième et dernière partie offre un gros plan sur les applications du textile dans la vie quotidienne à la cour de Napoléon III.

Alors que la deuxième partie révélait le goût de la bourgeoisie et de la haute-société, cette troisième et dernière partie offre un gros plan sur les applications du textile dans la vie quotidienne à la cour de Napoléon III.

Ainsi, l'exposition met-elle en vis-à-vis les riches soieries et les tapisseries de Beauvais qui ornaient les appartements impériaux à Compiègne, à l’Élysée ou encore à Fontainebleau, et les "perses", cotonnades imprimées et glacées, qui meublaient les logements des invités de Napoléon III et de l'Impératrice, à Compiègne notamment.

L'exposition se termine par une salle consacrée à l'impératrice Eugénie. Elle fut renommée en son temps pour son élégance, mais aussi pour sa passion du décor intérieur. La salle est dominée par le lit à colonnes de l'Impératrice au palais de l'Elysée, pièce majeure des collections du palais de Compiègne.

Renseignements pratiques

À propos de l'auteur

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COLETTE WEINSTEIN

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