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COLETTE WEINSTEIN

Publié dans : Les articles Histoire de Colette Weinstein

Restauration de la "Petite Singerie" à Chantilly

Au château de Chantilly, cette pièce vient d'ouvrir ses portes après 17 mois de travaux réalisés grâce au mécénat du groupe Panhard.

Le Domaine de Chantilly est situé au cœur de 7800 hectares de terres, au sein de l’une des plus grandes forêts des environs de Paris.

Aménagé par le Grand Condé dès la fin du XVIIe siècle puis par ses descendants, le rez-de-chaussée abritait les appartements privés du duc et de la duchesse de Bourbon, appartements symétriques qui se rejoignaient au centre par les pièces de garde-robe et de toilette.

Située à ce niveau, la Petite Singerie est une petite pièce au plafond très bas et à la lumière discrète, juste à hauteur des douves. Le boudoir féminin a été peint en 1735, deux ans avant la Grande Singerie qui se situe au premier étage du Château.

Le décor est attribué à Christophe Huet, qui s’était fait une spécialité de ces plaisantes compositions où les singes prennent la place des hommes.

La restauration de la Petite Singerie a duré 17 mois entre novembre 2011 et mars 2013

Cette campagne de restauration a été réalisée grâce au mécénat du groupe Panhard, au soutien du Ministère de la Culture et de la Fondation pour la sauvegarde et le développement du Domaine de Chantilly.

Les scènes décoratives avec les "singesses" (comme on disait alors, qui imitent les actions des dames de qualité à Chantilly) avaient reçu un rechampi de couleur qui occultait le fond original.

Après enlèvement de ce rechampi, les fonds originaux de 1735 de grande qualité ont été mis en valeur. La difficulté résidait dans l’obtention d’un ensemble homogène après restauration entre les lambris du XVIIIe, les dorures du XIXe et le plafond repeint en partie au XIXe.

Rappel historique sur la Petite Singerie

La Petite Singerie constituait au XVIIIe siècle le petit cabinet ou boudoir de la duchesse de Bourbon, située au rez-de-chaussée du Petit Château construit pour le connétable Anne de Montmorency par l’architecte Jean Bullant, au milieu du XVIe siècle.

Son décor allégorique de singes, daté de 1735, est attribué à Christophe Huet, également auteur du décor semblable de la Grande Singerie qu’il réalise deux ans plus tard. Au XIXe siècle, la Petite Singerie, qui doit son nom à son décor, est l’une des pièces composant l’appartement de la duchesse d’Aumale.

Par son décor de lambris blanc et or peints d’arabesques et de chinoiseries, le cabinet de la Petite Singerie est le seul témoignage à cet étage du décor qui avait été réalisé au début du XVIIIe siècle pour les appartements de Louis IV Henri, duc de Bourbon.

Quand l’art décoratif français s’inspire de l’Extrême-Orient

Dès la fin du règne de Louis XIV, la France développe un goût pour l’exotisme, nourri par les retours de voyage des missionnaires et les importations de la Compagnie des Indes.

Porcelaines de Chine et du Japon affluent en masse en Europe, séduisant le monde occidental. A Chantilly, Louis-Henri, duc de Bourbon, prince de Condé (1692-1740), collectionne pour son château, les porcelaines, les indiennes et les meubles en laque de Chine et du Japon.

Voulant éviter les importations coûteuses, il décide de rechercher le secret de la porcelaine de Chine et du Japon. Pour cela, il fait venir à Chantilly un porcelainier nommé Cicaire Cirou, et crée une manufacture de porcelaine tendre à Chantilly entre 1725 et 1735.

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